Education prioritaire : le rectorat de Paris concentre ses moyens dans le Nord-Est

Face à la mobilisation des parents d’élèves et des enseignants, le rectorat de Paris a revu sa carte de l’éducation prioritaire, avec des moyens concentrés au nord de Paris.

salle dexamen, concours © Drivepix - Fotolia

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La colère des enseignants et des parents d’élèves parisiens a poussé le rectorat à revoir sa copie. Craignant de voir leurs établissements sortir de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, qui reste encore à valider, des écoles d’au moins 8 arrondissements étaient entrées en grève, jeudi 20 novembre. Face à cette mobilisation, François Weil, recteur de l’académie de Paris, a présenté ce week-end la deuxième version du projet de refonte de l’éducation prioritaire dans la capitale.

Des écoles défavorisées qui ne dépendent pas d’un collège en ZEP ont été prises en compte. Au final, à Paris, 75% des établissements classés en zone d’éducation prioritaire (ZEP) devraient se situer dans le Nord-Est de la ville. Sur les 29 REP (réseaux d’éducation prioritaires) devant remplacer les 32 ZEP actuelles, 23 seront situés dans les 18e, 19e et 20e arrondissements.

Objectif : « davantage d’équité »

Selon François Weil, les moyens de l’éducation prioritaire seront ainsi concentrés “là où il y a le plus de besoin”. Au Parisien, il explique : “la carte précédente, qui datait en partie des années 1980, ne correspondait plus à la réalité des territoires de Paris. L’objectif de cette nouvelle carte, c’est davantage d’équité.”

Active dès la rentrée scolaire 2015, la nouvelle carte nationale contiendra 1082 réseaux, dont 732 REP (réseaux d’éducation prioritaire), et 350 “réseaux d’éducation prioritaire renforcés”, ou REP+. Comme l’éducation prioritaire comptera toujours un millier de réseaux, certains établissements entreront en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et d’autres en sortiront, choix effectué par chaque académie suivant un indicateur social.

La nouvelle carte du rectorat de Paris prévoit de faire sortir 42 écoles et 10 collèges du dispositif, certains de ces collèges relevant des catégories 1 et 2, “les plus aisées”, selon François Weil.

Pour accompagner les établissements exclus de l’éducation prioritaire, des conventions sont prévues, leur permettant de bénéficier d’un régime indemnitaire. Ainsi, ces écoles garderont-elles les moyens de ZEP pendant trois ans.

La FCPE satisfaite

La Ville de Paris s’est déclarée « satisfaite » des améliorations apportées : « cette seconde carte est beaucoup plus juste. On aurait souhaité intégrer un collège en plus, mais le bilan est globalement positif », affirme Alexandra Cordebard, adjointe chargée des affaires scolaires, au Parisien.

Sur le site web de la municipalité, Anne Hidalgo, maire de Paris, constate : « bien que la nouvelle carte compte 29 collèges, soit 3 de moins que la précédente, je salue le fait que 4 d’entre eux soient classés en REP+ bénéficiant de moyens spécialement renforcés, contre un seul précédemment. Je note aussi que 4 autres collèges, situés dans des quartiers difficiles de Paris et nécessitant une attention particulière bénéficieront de mesures spécifiques de soutien ». Et d’ajouter : « alors que la proposition initiale aboutissait à des incohérences, je salue l’évolution de la méthode utilisée, qui a permis de mieux prendre en compte les réalités sociales, scolaires et sociologiques des établissements et des quartiers dans lesquels ils sont implantés. »

De son côté, la FCPE 75 se félicite : “il a fallu crier très fort, mais la nouvelle carte est satisfaisante”, indique Hervé-Jean Le Niger, son président, au Parisien. Cette proposition du rectorat sera soumise le 11 décembre au Comité technique académique (consultatif), puis la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, prendra mi-décembre la décision finale pour la carte nationale.

1 commentaire sur "Education prioritaire : le rectorat de Paris concentre ses moyens dans le Nord-Est"

  1. Petone  27 novembre 2014 à 9 h 39 min

    Précisions.

    Grève du 20 novembre des enseignants à l’appel de :
    . CGT Educ’Action ;
    . FNEC-FP FO ;
    . SNUIPP- FSU ;
    . SUD Education.

    Avec l’unité il est possible d’élargir le recul obtenu le 20 novembre et d’obtenir le maintien des moyens partout !Signaler un abus

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