Le gouvernement mobilise 50 millions d’euros par an contre le décrochage scolaire

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé un budget de 50 millions d’euros par an pour lutter contre le décrochage des élèves qui sortent du système scolaire chaque année.

salle de classe © Christophe Fouquin - Fotolia

salle de classe © Christophe Fouquin – Fotolia

Tous les ans, 140 000 élèves de 16 à 25 ans quittent le système de formation initiale, sans avoir obtenu de diplôme professionnel ni le baccalauréat. Face à ce constat, le gouvernement a mis en place un plan de lutte interministériel contre le décrochage scolaire, débloquant dans ce cadre 50 millions d’euros par an.

“Il faut traiter à la fois la prévention du décrochage (qui a toujours plus d’effet que la réparation), le raccrochage et la remédiation”, indique la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, au Parisien.

Un redoublement exceptionnel

A partir de la rentrée 2015, en accord avec les parents, le redoublement deviendra exceptionnel. “Il sera limité aux seules situations qui le justifient – rupture prolongée de la scolarité pour maladie par exemple, ou encore choix délibéré de refaire l’année pour obtenir l’affectation demandée”, remarque la ministre de l’Education nationale.

Pour prévenir tout redoublement, le plan prévoit une formation des enseignants à la “détection précoce des difficultés scolaires” et le repérage des “signes annonciateurs”. “La prévention fera partie intégrante de la mission des professeurs. Des référents décrochage seront présents dans chaque établissement, et le suivi des absences sera amélioré”, explique la ministre.

Les parents devraient eux aussi être davantage impliqués. “Nous allons les associer au parcours scolaire et à l’orientation de leur enfant, notamment avec des formations à une meilleure connaissance de l’institution scolaire pour ceux qui en éprouvent le besoin”, remarque Najat Vallaud-Belkacem.

Un parcours et un accompagnement personnalisés

Concernant le “raccrochage”, en cas de “rupture ponctuelle de la scolarité”, le gouvernement propose qu’un lien soit maintenu, systématiquement, “avec au moins un enseignant, pour préparer le retour en classe”, ainsi qu’une ”prise en charge adaptée et personnalisée par des équipes constitués non seulement de professionnels de l’éducation, médico-sociaux, mais aussi d’associations”.

Quant aux 15-18 ans “dont le risque de décrochage est avéré”, ces derniers pourront bénéficier d’un parcours de stagiaire de la formation initiale personnalisé. “Pris en charge par un tuteur, toujours sous statut scolaire, ils pourront faire un stage de découverte en entreprise, un service civique, le temps de mûrir un projet et de trouver une solution de formation adaptée”, explique la ministre.

Les élèves ayant échoué à leurs examens pourront en outre bénéficier d’une formation adaptée, leur permettant de ne repasser que les matières non validées. “Il faut cette souplesse pour qu’un maximum de jeunes obtiennent un diplôme, le meilleur atout pour la vie professionnelle”, ajoute Najat Vallaud-Belkacem.

Un droit à la formation des 16-25 ans renforcé

Dans le cadre de son plan de lutte,  le droit à la formation des 16-25 ans devrait être renforcé. Les jeunes décrocheurs se verront ainsi proposer un retour sous statut scolaire, deux ans après leur sortie du système éducatif.

“On ne peut plus perdre de vue un jeune sans solution. Celui qui a quitté les bancs de l’école à 16 ans ou avant et qui à 20 ans le regrette, pourra demander à être repris en charge », explique Najat Vallaud-Belkacem au Parisien. Un rendez-vous dans les 15 jours lui sera proposé, avec un conseiller du service public d’orientation régional, “qui construira avec lui une solution de retour, soit sous statut scolaire, soit comme stagiaire de la formation professionnelle, soit en alternance”.

Enfin, le gouvernement lancera prochainement une étude pour évaluer la pertinence de faire passer l’obligation de scolarité de 16 à 18 ans.

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