Nouvelle carte de l’éducation prioritaire : les parents d’élèves mobilisés à Paris

A Paris, des écoles d’au moins 8 arrondissements entrent en grève pour "maintenir la pression" sur le rectorat, craignant de sortir de la nouvelle carte de l'éducation prioritaire.

Classe relais

Classe relais © Drivepix – Fotolia.com

L’étiquette “ZEP”, portée par certains établissements scolaires, a longtemps fait fuir les parents. Mais aujourd’hui, ceux-ci se mobilisent, aux côtés des enseignants et des élus, pour ne pas la perdre. A Paris, mais aussi à Dijon, Toulouse, Strasbourg ou Bordeaux, plusieurs lycées et collèges risquent ainsi de sortir de la zone d’éducation prioritaire.

En décembre, le ministère de l’éducation nationale annoncera la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, dans le cadre de la réforme engagée en janvier dernier. Active dès la rentrée scolaire 2015, elle contiendra 1082 réseaux, dont 732 REP (réseaux d’éducation prioritaire), et 350 “réseaux d’éducation prioritaire renforcés”, ou REP+. Ces “super REP” concernent les établissements les plus en difficulté (taux de boursiers élevé, forte hétérogénéité sociale, revenu faible des parents d’élèves). La carte de l’éducation prioritaire actuelle en compte 102.

Un nombre de REP inchangé

Le nombre de réseaux d’éducation prioritaire prévus, 1082, restant relativement inchangé par rapport au dispositif actuel (1086, dont 301 en Eclair et 785 en réseaux de réussite scolaire), malgré l’augmentation du nombre de REP+, les parents d’élèves et les enseignants craignent que de nouveaux établissements rentrent en REP, et que d’autres soient rayées de la carte. Par exemple, à Paris, où le nombre de réseaux prioritaires passera de 32 à 29.

La mobilisation des parents et enseignants parisiens ne s’est pas faite attendre. Mercredi 19 novembre, dans les 10e, 13e et 18e arrondissements, plus de dix écoles ont été occupées, selon Bernard Dubois, de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE 75), qui appelle à un rassemblement, samedi 22 novembre, à 14h, place de la Sorbonne.

Sortir de ZEP : des conséquences négatives

« Ne plus être en ZEP entrainerait la disparition immédiate du verrou limitant les effectifs; les classes pourraient alors dépasser 25 élèves. L’encadrement, les surveillants, les heures allouées pour les enseignements et les dispositifs d’aides aux élèves les plus en difficulté, les projets…tout serait remis en cause et donnerait lieu à des marchandages annuels dont l’issue renverrait immanquablement les quémandeurs à leur nouveau statut d’ostracisé », écrit Emile Lanoe, enseignant en ZEP dans la Seine-Saint-Denis, sur son blog Mediapart. « Mais surtout, la mixité sociale de ces établissements serait inévitablement remise en cause. Tous les parents acceptant de jouer le jeu de la carte scolaire tant qu’il est contrebalancé par des compensations notables risqueraient tout simplement de ne plus l’accepter à l’avenir », s’inquiète-t-il encore.

« Perdre maintenant les moyens ZEP/REP, c’est détruire irrémédiablement le travail de fond réalisé par les équipes éducatives depuis des années, rompre la fragile mixité socio-culturelle de nos écoles, perdre le contact avec les familles éloignées de l’école et condamner les élèves les plus fragiles à l’échec scolaire », affirment des parents ayant occupé mercredi les écoles parisiennes Belliard et Vauvegnargues, dans le 18e arrondissement, interrogés pas France 3.

Pression maintenue

Le rectorat de Paris, chargé de déterminer (comme tous les rectorats) le nombre d’établissements retenus pour son académie, tente de rassurer et de calmer les esprits : si “plusieurs estimations” circulent sur le nombre d’écoles pouvant être déclassées, “les chiffres ne sont pas arrêtés, et les discussions sont en cours”. L’académie fera un point d’étape avec les syndicats, ce jeudi.

Jérôme Lambert, du Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles-Fédération syndicale unitaire (SNUipp-FSU 75), premier syndicat du primaire, constate que depuis le début du débat, “des avancées non négligeables” auraient été réalisées. Ainsi, les écoles déclassées seraient passées de 41 à 24. Selon le rectorat, ce sont les écoles défavorisées ne faisant pas partie du secteur d’un collège REP qui constituent un des “points de discussion”.

Mais pas question de réduire la pression : le SNUipp-FSU 75 a organisé un rassemblement, ce jeudi, devant le rectorat, et a déposé un préavis de grève, utilisé de manière tournante par certaines écoles entre la rentrée des vacances de la Toussaint et celles de Noël. Ce jeudi, à Paris, des écoles d’au moins 8 arrondissements étaient en grève. En Seine-Saint-Denis, des dizaines d’établissements scolaires étaient également fermés.

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