Grève et manifestation pour plus de moyens dans les écoles de Seine-Saint-Denis

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Manif, grève, écoles fermées par dizaines et même saisie du Défenseur des droits : parents d’élèves et profs de Seine-Saint-Denis se sont fait entendre jeudi, excédés par le manque de moyens dans ce département défavorisé et pas convaincus par les promesses du gouvernement.

L’appel à la grève, lancé par plusieurs syndicats après des semaines de contestation dans le 93, et au lendemain d’un plan triennal exceptionnel annoncé par la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, a été suivi par 30% des enseignants de ce département de la banlieue nord de Paris, selon le ministère.

Un enseignant sur deux était en grève dans le premier degré selon le syndicat Snuipp FSU 93, avec des pointes à 80% à Saint-Denis, où 40 écoles étaient fermées, et même 87% de grévistes à la Courneuve.

Dans le second degré, le Snes a recensé 30% de grévistes, principalement dans les collèges.

Depuis la rentrée scolaire, la colère est latente chez les acteurs de l’école en Seine-Saint-Denis, lassés tant par les recrutements de profs en urgence dans le vivier de chômeurs du département, que par les importants retards dans le paiement des salaires des vacataires.

Elle a culminé jeudi après-midi à Paris, avec une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant le ministère de l’Économie, dont des syndicalistes et des parents d’élèves coiffés d’un bonnet d’âne, signe de ralliement des parents en colère de ce département de la banlieue nord de Paris.

Le plan exceptionnel annoncé la veille par la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem pour la Seine-Saint-Denis « ne règle rien », affirme Cyril, père de deux enfants de 7 et 8 ans scolarisés à Saint-Denis. Sa fille, en CE1, n’a eu pour instituteur « qu’une succession de remplaçants depuis la rentrée », se plaint-il.

Après 13 ans d’enseignement en Seine-Saint-Denis, un département qui compte beaucoup de professeurs débutants impatients de le quitter, Adis Veskovic a quant à lui « l’impression d’être un dinosaure ».

« On manque de moyens, et le turn-over des professeurs s’est vraiment accéléré ces trois dernières années. La non-attractivité de la Seine-Saint-Denis est la base de tous les problèmes », analyse-t-il.

Les « bonnets d’âne » et la mairie de Saint-Denis ont également décidé de saisir le Défenseur des droits d’une supposée « discrimination » liée au lieu de résidence, estimant les enfants du 93 moins bien lotis que les autres élèves de France. L’école y cumule les maux, de la désaffection des professeurs au manque de moyens pour enseigner en passant par les difficultés sociales et scolaires plus aiguës qu’ailleurs.

Le maire communiste de Saint-Denis a notamment fait valoir dans un courrier à Jacques Toubon que 500 élèves de sa ville n’avaient pas eu de professeur le jour de la rentrée, un cas unique en France.

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem avait tenté de désamorcer la contestation mercredi avec un plan exceptionnel sur trois ans. Parmi d’autres mesures, dont certaines saluées par les syndicats, il prévoit 500 nouveaux postes dans le primaire d’ici à 2017, et un concours spécifique pour recruter des candidats recalés dans d’autres académies.

La formation des centaines de contractuels, recrutés parfois en urgence face à la pénurie de profs, doit aussi être améliorée.

Une avancée, mais insuffisante pour Rachel Schneider, du Snuipp-FSU : « Ce qu’on veut c’est plus de postes, un effort budgétaire (…) Il faudrait 1.000 postes tout de suite pour pouvoir ouvrir des classes, pas 500 en trois ans ».

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