Grève et manifestation pour plus de moyens dans les écoles de Seine-Saint-Denis

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Des centaines de parents d’élèves et de profs de Seine-Saint-Denis en grève ont défilé jeudi à Paris pour obtenir plus de moyens pour l’Éducation nationale dans ce département défavorisé, pas convaincus par les promesses annoncées la veille par le gouvernement.

Parmi les manifestants réunis près du ministère de l’Economie, de nombreux syndicalistes mais également des parents d’élèves coiffés d’un bonnet d’âne, signe de ralliement des parents en colère de ce département de la banlieue nord de Paris.

Ils ont été reçus dans l’après-midi chez le Défenseur des droits aux côtés de la mairie de Saint-Denis. Ils veulent notamment le saisir pour une supposée « discrimination » liée au lieu de résidence, estimant les enfants du 93 moins bien lotis que les autres élèves de France.

Le plan exceptionnel annoncé la veille par la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem pour la Seine-Saint-Denis « ne règle rien », affirme Cyril, père de deux enfants de 7 et 8 ans scolarisés à Saint-Denis. Sa fille, en CE1, n’a eu pour instituteur « qu’une succession de remplaçants depuis la rentrée », se plaint-il.

Après 13 ans d’enseignement en Seine-Saint-Denis, un département qui compte beaucoup de professeurs débutants impatients de le quitter, Adis Veskovic a quant à lui « l’impression d’être un dinosaure ».

« On manque de moyens, et le turn-over des professeurs s’est vraiment accéléré ces trois dernières années. La non-attractivité de la Seine-Saint-Denis est la base de tous les problèmes », analyse-t-il.

Depuis la rentrée scolaire, entre recrutement de profs en urgence dans le vivier de chômeurs du département et importants retards dans le paiement des salaires des vacataires, la colère est latente parmi les enseignants de Seine-Saint-Denis.

Elle culminait jeudi avec un mouvement de grève, suivi par un instituteur sur deux dans le premier degré, selon Rachel Schneider, du Snuipp-FSU 93. 80% des instituteurs étaient en grève à Saint-Denis, où 40 écoles sur 63 étaient fermées, selon la mairie, et l’on comptait même 87% de grévistes à La Courneuve.

Le mouvement était par ailleurs « bien suivi » dans les collèges et « moyennement » dans les lycées, avec une participation moyenne de 30% dans le second degré, a ajouté Mathieu Logothetis, du Snes 93.

Contactés par l’AFP, ni le rectorat de Créteil ni le ministère de l’Éducation nationale n’étaient en mesure de communiquer le taux de grévistes.

La veille, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé des mesures exceptionnelles pour ce département où l’école cumule les maux, de la désaffection des professeurs au manque de moyens pour enseigner en passant par les difficultés sociales et scolaires plus aiguës qu’ailleurs.

Son plan triennal prévoit 500 nouveaux postes dans le primaire d’ici à 2017, et un concours spécifique pour recruter des candidats recalés dans d’autres académies. La formation des centaines de contractuels, recrutés parfois en urgence face à la pénurie de profs, doit aussi être améliorée.

Insuffisant pour Rachel Schneider : « Ce qu’on veut c’est plus de postes, un effort budgétaire (…) Il faudrait 1.000 postes tout de suite pour pouvoir ouvrir des classes, pas 500 en trois ans ».

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