Rythmes scolaires : un surcoût de 2 millions d’euros pour les grandes villes

Sur 22 grandes villes interrogées par l’Association des maires des grandes villes de France, la moitié s'estiment mécontentes face à la réforme des rythmes scolaires.

Cartables d'élèves. © Prod. Numérik - FotoliaLa réforme des rythmes scolaires continue à diviser. Selon une enquête menée par l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) sur 22 villes adhérentes, la moyenne du surcoût de la réforme se situe entre 2 et 3 millions d’euros par an.

Cette somme reste, après le versement des aides de l’Etat et les prestations de la CAF (Caisse d’allocations familiales), à la charge des villes.

Un reste à charge important pour la commune

Toujours selon l’enquête de l’AMGVF, près de 60 % des maires interrogés sont “insatisfaits” des procédures de gestion des aides financières de la CAF ou du fonds d’amorçage.

Les 22 grandes villes regrettent qu’un reste à charge important “doive être supporté par la commune, les aides ne représentant dans certains cas que 30% de la dépense supplémentaire”, et que “le fond d’amorçage ne soit pas pérennisé.”

Si cette aide de l’Etat ne devient pas durable, prévient l’AMGVF au quotidien Les Echos, toutes les activités périscolaires risquent de devenir payantes. L’association s’annonce déterminée à introduire cette question dans les discussions promises par le gouvernement, sur une dotation globale de fonctionnement pour 2015.

Au delà des questions budgétaires, les villes dénoncent des procédures de gestion des aides trop complexes. “S’il semble que le fonds d’amorçage soit assez simple dans son fonctionnement, ils sont plusieurs à dénoncer le dispositif d’attribution des aides par les CAF, qui implique parfois la mise en place d’un nouvel outil informatique dans les écoles (au prix d’un surcoût supplémentaire) et oblige à des formations spécifiques des agents”, indique l’AMGVF dans son étude.

Un taux d’encadrement imposé « inatteignable »

En ce qui concerne la mise en place des taux d’encadrement assouplis, dans le cadre des activités périscolaires, “les maires s’en réjouissent, même si pour certains d’entre eux, le taux d’encadrement imposé pour bénéficier de l’aide de la CAF n’est pas atteignable, car le personnel disponible n’est pas suffisant”, peut-on lire dans l’enquête.

Les villes constatent en outre que cette mesure “ne suffit pas à compenser les autres dépenses”, et craignent par ailleurs que ces taux assouplis “aillent dans le sens d’une moindre qualité des animations et soulèvent la question de la sécurité des enfants”.

Et de lister des contraintes telles que le nombre insuffisant d’animateurs diplômés, “le manque de locaux” ou “le mécontentement des familles, confrontées aux modifications de leur quotidien”.

Cette enquête vient contredire les propos de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui affirmait en octobre 2014, que “toutes les communes passées aux nouveaux rythmes dès 2013 nous disent la satisfaction des enfants, des parents, des personnels, et même des collectivités locales”.

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