Les parents d’élèves favorables à une diminution du poids des notes (sondage)

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Près de trois parents sur quatre (73%) sont favorables à une diminution du poids des notes dans l’appréciation scolaire, selon un sondage OpinionWay publié mardi par l’association de parents d’élèves du privé Apel.

La réforme de l’évaluation des élèves, sujet sensible, est un chantier du gouvernement. Une conférence nationale présentera ses recommandations mi-décembre.

Près de neuf parents sur dix (87%) dont les enfants sont scolarisés en ZEP souhaitent une baisse de l’importance des notes, souligne le sondage, réalisé en octobre en ligne et sur le terrain à partir d’un échantillon de 596 parents d’élèves, issu d’un échantillon de 2.025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Plus de la moitié (56%) se sentent démunis face à une mauvaise note, qu’ils n’arrivent pas toujours à décrypter, et déclarent ne pas savoir quels points du programme devraient être retravaillés. Cette proportion monte à 74% au collège, 73% en ZEP et 63% dans le privé.

Environ 90% des parents se disent « inquiets » face à une mauvaise note (98% en ZEP). Ils sont aussi environ trois sur quatre à juger qu’elle « fragilise l’estime de soi » ou « décourage les élèves ».

« Il y a certainement beaucoup de choses à faire sur les notes, sur la façon d’évaluer dans notre pays », au vu de l’échec scolaire et du décrochage, a estimé devant la presse la présidente de l’Apel, Caroline Saliou.

« On a un système » d’évaluation, « qui a pu être performant au 19e siècle » mais « qui n’est plus performant au 21e siècle », quand « le projet national est que tous les enfants » aient acquis le socle commun en fin de troisième, a estimé le sociologue Pierre Merle.

D’autant que la note « n’est pas une mesure précise », un même correcteur sera influencé selon qu’il a noté précédemment une bonne ou une mauvaise copie.

La note « n’est pas un handicap » pour les bons élèves, mais elle « décourage les élèves faibles », qui « deviennent moins capables d’apprendre parce qu’ils se sentent incompétents », a-t-il souligné. Ainsi, un élève pourra avoir du mal à reproduire une figure géométrique en maths, mais y arrivera facilement en arts plastiques.

« C’est le conseil qui fait avancer, pas la note », a-t-il dit, citant les pays scandinaves qui utilisent plutôt « l’évaluation formative » (les conseils) que « l’évaluation sommative » (les notes).

Certains enfants « réussissent du premier coup », d’autres « ont besoin de tâtonner », a estimé la sénatrice PS Françoise Cartron, pour qui « la note sanctionne beaucoup trop tôt ».

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a affirmé samedi que l’évaluation ne reposait « sur aucun fondement scientifique ». Elle avait souhaité en octobre que la nouvelle évaluation « encourage » les élèves « à apprendre et à progresser ». Le débat ne doit pas être « caricaturé », avait-elle dit, rejetant par avance tout « procès d’intention en laxisme ».

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