Les profs ont-ils leurs chouchous ?

Les enseignants auraient-ils des préférences parmi leurs élèves ? Et qui sont ces chouchous ? Réponses au travers de témoignages des principaux intéressés.

Schulkind an der Tafel © Coloures-pic - Fotolia.com

Schulkind an der Tafel © Coloures-pic – Fotolia.com

« Toi, t’es le chouchou du prof ! » Combien de fois a-t-on entendu dans les cours de récréations des enfants se chamailler sur les prétendues préférences de leurs professeurs. Ces querelles d’écoliers sont-elles vraiment fondées ? Les chouchous occupent peu de place dans les conversations entre enseignants. L’aveu de leur existence poserait des problèmes de conscience. « Je préfère parler d’affinités plutôt que de chouchoutages », nuance d’emblée Nathalie, enseignante d’EPS dans un collège à Lyon. Emmanuelle, professeur des écoles en CE2 dans une école française à Londres, se souvient des difficultés rencontrées lors de ses débuts : «j’avais peur de manquer d’objectivité dans mes relations avec mes élèves. Puis, au fil des années, j’ai mûri. J’ai notamment pris conscience que l’on peut très bien avoir plus ou moins d’affinités selon les enfants, comme c’est le cas avec les adultes. »

L’écoute active pour avoir la cote

Chouchous ou pas, certains profils sont plus enclins que d’autres à s’attirer la sympathie des professeurs : « Les bons élèves sont très souvent appréciés des enseignants car ce sont ceux qui très rapidement mettent en avant la qualité de votre enseignement », concède Nathalie, « mais il y a aussi les élèves en difficulté, comme les enfants dyslexiques, qui sont extraordinaires par leur volonté de réussir. En réalité, je me rends compte que j’apprécie l’élève qui a une écoute active ». Pour Nathalie, si chouchou il y avait : «Ce serait un élève enthousiaste, agréable et ayant un rapport bien construit avec les élèves qui évoluent en face de lui».

Au cours de ses 19 ans de carrière dans l’enseignement maternel et primaire, Catherine, enseignante en petite section dans deux écoles maternelles de Ballancourt–sur-Essonne, admet que ses élèves garçons lui ont laissé un souvenir plus marquant que les petites filles : « au début de ma carrière, j’aurais pourtant parié exactement le contraire », souligne-t-elle.

Néanmoins, les enseignants jurent la main sur le cœur qu’ils maintiennent une vraie objectivité  : « il faut considérer tous les enfants d’une même classe avec le même regard », poursuit Catherine, «il m’est naturellement arrivé de réprimander des enfants avec qui j’avais plus d’affinités qu’avec d’autres : s’ils transgressent une règle, il est normal de leur expliquer la raison pour laquelle on les réprimande. Ce processus va les aider à grandir. » La neutralité vaut dans toute circonstance, aussi bien pour la correction des copies que dans le comportement adopté en classe : « Je m’efforce d’interroger tous les enfants d’une même classe et pas seulement ceux pour qui j’éprouve plus de sympathie», assure Emmanuelle. Pour Nathalie, le principe de neutralité se fait naturellement : « je considère que ma mission est d’être à l’écoute de tous. »

 

Stéphanie Salti

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Captcha *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Recherche dans les archives

Vous