Etre gentil à l’école, ça ne s’apprend pas !

Comment pousser les enfants à aller vers autrui ? Les méthodes qui marchent.

Fotolia_68318604_Subscription_XXLMême si tout se passe bien dans la majorité des écoles, les incivilités, les conflits et la brutalité sont le lot de nombre d’établissements. Comment parler aux enfants, aux “pré-ados” et aux ados de la gentillesse, et les pousser à aller vers l’autre, de façon désintéressée ?

Pour Nicole Catheline, pédopsychiatre, “il faut déjà définir ce qu’est la gentillesse : l’idée, c’est d’être à la fois prévenant, attentif à l’autre, solidaire, d’accepter la différence, de vivre ensemble, et de prendre soin de l’autre”. Voici les méthodes qui marchent.

Montrer l’exemple

Pour “apprendre” la gentillesse aux jeunes écoliers, “soyons gentils nous-mêmes. Les enfants prennent modèle sur les adultes, ils observent leurs parents, tout comme leurs professeurs. S’ils les voient agir d’une certaine façon, ils feront la même chose”, lance la pédopsychiatre. Pas question, donc, de se chamailler entre professeurs, du moins en leur présence !

A la maison, comme à l’école, il appartient aux adultes, parents et professeurs, de montrer l’exemple. Il leur appartient aussi d’expliquer « pourquoi ils agissent de façon altruiste avec autrui, par exemple en détaillant pourquoi aider la vieille dame à traverser la rue est une bonne chose », indique Nicole Catheline.

Monter des conseils de vie

Dans le cadre de la semaine de la gentillesse, qui s’est achevée le 16 novembre, beaucoup de professeurs ont suivi les conseils de Psychologie Magazine, et organisé des jeux de rôle, des exercices ou des débats sur ce thème.

Mais il est tout aussi important d’instaurer dans sa classe un climat de confiance, et de parler des différences. A l’image de ces enseignants qui mettent en place des conseils de vie de classe, où les élèves peuvent évoquer ce qui fonctionne ou non dans l’école, et proposer des solutions. “Pour favoriser la gentillesse, il faut commencer par laisser les enfants parler des choses qui leur déplaisent. Leur dire simplement ‘soyez gentils avec vos petits camarades’, cela ne sert pas à grand chose !”, estime Nicole Catheline.

Pour la pédopsychiatre, “ces moments de parole permettent aux enfants de s’exprimer, et d’accepter les différences de l’autre. C’est grâce à ces expériences, répétées, que l’enfant pourra faire attention à l’autre, et devenir gentil”.

Les temps de parole, mis en place depuis la campagne contre le harcèlement à l’école de 2013, et qui se développent dans les établissements, “permettent déjà, au bout du compte, de réduire la victimisation, mais aussi de favoriser la gentillesse à l’école”, constate Nicole Catheline.

Gentil, mais pas trop

Mais pourquoi être gentil à l’école ? “La gentillesse permet à l’enfant d’être à l’aise dans un groupe, de faire de nouvelles expériences, de se poser des questions, afin d’élargir ses connaissances, sa manière d’être et ses compétences”, indique la pédopsychiatre.

Attention, cependant, à ce que l’élève ne devienne “trop” gentil, jusqu’à s’effacer, conclut-elle : “cela pourrait indiquer un manque de confiance en soi problématique. Si cela arrive, l’enseignant doit être là pour aider l’enfant.”

Au final, l’enseignant a donc tout intérêt à développer les temps de parole, d’écoute, d’accompagnement, plutôt que de simplement lancer un « soyez gentils » global. Pour que les élèves construisent de bonnes relations avec les autres, tout en s’affirmant, et ne deviennent ni des hérissons, ni des paillassons.

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