Accusée de plagiat, la directrice exécutive de l’école de journalisme de Sciences Po mise en congé provisoire

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La directrice exécutive de l’école de journalisme de Sciences Po, Agnès Chauveau, accusée de plagiat par le site Arrêt sur Images, a été mise en congé provisoire en attendant une enquête sur l’affaire, a annoncé le directeur de l’école, Bruno Patino dans un mail interne.

« Vous avez peut-être pris connaissance des articles de presse qui accusent Agnès Chauveau de plagiat dans le cadre de ses chroniques publiées sur le site Huffington Post. Le plagiat est une affaire sérieuse en matière de journalisme », explique M. Patino dans ce mail adressé lundi aux étudiants et aux enseignants.

« L’école, qui enseigne la déontologie, ne peut prendre ce genre de chose à la légère. C’est pourquoi, après en avoir parlé avec Agnès, je vais demander une évaluation indépendante des faits reprochés à notre directrice exécutive (…). Dans l’intervalle, Agnès sera en congé de ses fonctions », conclut-il.

Le site « Arrêt sur Images » a fait passer le filtre d’un logiciel anti-plagiat sur plusieurs chroniques de Mme Chauveau sur le Huffington Post, qui a détecté, copies d’écran à l’appui, des passages copiés d’autres articles, sans en citer la source.

Certains paragraphes ou phrases proviennent ainsi d’articles d’Arrêt sur Images, de RFI, de Mediapart ou du Monde. « Sur près de la moitié de ses 20 chroniques au moins une phrase (et le plus souvent deux ou trois) a été reprise telle quelle d’une source antérieure », accuse Arrêt sur Images.

Ces chroniques sur le Huffington Post reprennent quelques jours plus tard les scripts des chroniques d’Agnès Chauveau sur France Culture, station où elle est productrice.

Interrogée par Arrêt sur images, Mme Chauveau a répondu : « J’oublie de citer certains papiers mais ce n’est jamais volontaire et je rectifierai chaque fois que ça pose problème ». Elle a aussi expliqué qu’elle n’avait « pas le temps de citer à l’antenne toutes (ses) sources ».

Les étudiants de l’Ecole de journalisme de Sciences Po doivent tous signer une charte déontologique qui stipule, entre autres, que « tout étudiant ne commet aucun plagiat, ne fait pas passer la pensée d’autrui pour la sienne, et cite explicitement les confrères dont il reproduit un texte ou même un fragment de texte de quelques mots ».

L’école fait d’ailleurs passer au crible d’un logiciel détecteur de plagiat les mémoires de ses étudiants.

L’Ecole de journalisme de Sciences Po a été créée il y a dix ans par cette institution qui comprend notamment l’Institut d’études politiques de Paris, prestigieuse grande école qui continue de former de nombreux responsables de l’Etat. Son école de journalisme cadres a déjà formé 400 étudiants.

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