Le musée de l’Ordre de la Libération cherche 4 millions d’euros

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Le musée de l’Ordre de la Libération, temple mémoriel de la Résistance à Paris, a lancé un appel aux dons pour trouver 4 millions d’euros destinés au financement d’un vaste projet de rénovation.

« On veut mobiliser les citoyens en rappelant que les Compagnons comme les médaillés de la Libération, de gauche ou de droite, hétéros ou homos, noirs ou blancs, étaient là », au rendez-vous de la lutte contre le nazisme, explique le secrétaire général de l’Ordre, Yvan Thiebaut.

L’Ordre, institué en novembre 1940 par le général de Gaulle, alors en exil à Londres, pour saluer un engagement exceptionnel au côté de la France libre, compte 1.038 Compagnons, français mais aussi belges, suisses, italiens ou ressortissants de l’Empire colonial, dont 18 sont encore en vie. S’y ajoutent 65.000 médaillés, honorés pour des actes de bravoure.

Les travaux, qui prévoient un assainissement complet du bâtiment, construit dans la partie ouest de l’Hôtel des Invalides et datant du XVIIIe siècle, ainsi qu’une nouvelle muséographie s’élèvent à environ 13 millions d’euros, dont 9 millions pris en charge par l’Etat, a précisé Yvan Thiebaut. Il manque donc encore 4 millions d’euros pour boucler le projet.

« Le musée a été conçu à l’origine de manière très sentimentale par les acteurs eux-mêmes, à partir d’objets. Il avait une grande force d’émotion qu’on essaie de conserver tout en se mettant aux normes et en y ajoutant un effort pédagogique », explique le conservateur, Vladimir Trouplin.

Selon le projet, la surface dédiée au musée sera augmentée de 1.000 à 1.700 m2. Il sera doté d’outils multimédias ainsi que d’un « parcours enfant » destiné à perpétuer la mémoire de ces hommes de l’ombre auprès des plus jeunes. Tous les petits Parisiens de CM2 devraient ainsi à l’avenir visiter les lieux.

Le musée compte d’importantes collections liées aux acteurs de la Résistance, célèbres ou anonymes, tel l’unique uniforme de général de brigade encore existant de Charles de Gaulle – les autres ont été brûlés par son épouse après sa mort – ou un poste de radio sur lequel les habitants de l’île de Sein entendirent l’Appel du 18 juin 1940. Beaucoup prirent la mer peu après pour rejoindre la France libre à Londres.

« Ces hommes ont fait un choix à contre-courant, avec une extrême précocité d’engagement. Le musée permet de toucher leur histoire, les valeurs qui les ont poussés à prendre tous ces risques » , souligne Vladimir Trouplin.

Le plus jeune des Compagnons, Mathurin Henrio, fut abattu par les Allemands à l’âge de 14 ans pour avoir aidé des maquisards.

Le musée, fermé depuis janvier 2012 pour travaux, doit être inauguré dans son nouvel habillage le 18 juin 2015, pour le 75e anniversaire de l’Appel. Le projet est consultable sur le site www.ordredelaliberation.fr.

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