Et si vous choisissiez la gentillesse ?

Le 13 novembre, c’est la journée mondiale de la gentillesse. Mais au fait, sait-on ce qu’est vraiment cette qualité ?

 Digital man - Network concept © Dreaming Andy - Fotolia

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Qu’est ce que la gentillesse ? C’est la question qui se pose, ce 13 novembre, date de la journée internationale dédiée aux gentils. Née à Singapour et dans les pays anglo-saxons en 2000, sous le nom de “World Kindness Day”, elle a été lancée en France en 2009, par Psychologie Magazine, qui met chaque année à disposition des professeurs des kits d’activités pédagogiques sur le sujet. Cette journée permet à chacun de se remettre en question, afin d’être un peu plus altruiste et soucieux de son prochain. Dans les entreprises, dans les écoles, des événements sont ainsi organisés pour apprendre aux enfants le “vivre ensemble”, et aux salariés les bienfaits de “la bienveillance au travail”.

“C’est une notion ambigue. A l’origine, elle vient du mot latin “gentilis”, qui signifie “le patricien”, c’est-à-dire ce noble issu des 100 familles qui fondèrent Rome”, explique Emmanuel Jaffelin, professeur de philosophie au Lycée Lakanal de Sceaux, auteur de l’essai Éloge de la gentillesse. “Etre gentil, c’est faire preuve d’empathie, de compassion, être à l’écoute de quelqu’un et lui rendre service. Cela peut être un geste anodin, comme aider une vieille dame à porter son cabas, par exemple”, indique-t-il.

Gentil n’est pas gentillet

Le philosophe situe cette vertu entre “le respect”, une “empathie froide”, et “la sollicitude”, une « empathie brûlante », c’est-à-dire “le fait de vouloir le bonheur des autres malgré eux”, comme illustré dans le film de Jean-Pierre Jeunet, “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain”. Ainsi, en étant gentil, “l’on ne se considère pas comme un secouriste, mais comme quelqu’un rendant un service et se souciant des autres.”

Encore bien souvent, cette façon d’agir est perçue comme une faiblesse. “L’on a fini par considérer le gentil comme une sorte de pâte molle, malléable, jusqu’à le confondre avec quelqu’un de gentillet, c’est-à-dire naïf, crédule, mièvre”, note Emmanuel Jaffelin.

En France, cette méfiance serait due à la Révolution Française, “quand nous avons pendu les ‘gentilhommes’ à la lanterne, et enterré l’idée que la naissance était source de vertu”, ajoute-t-il. Elle serait aussi due à une société moderne “très individualiste, consumériste et marchande. Cette société étant aujourd’hui en crise, cela explique que la gentillesse revient aujourd’hui en force, notamment à travers cette journée mondiale !”, lance Emmanuel Jaffelin.

Prendre un risque pour tisser des liens

Aujourd’hui, l’empathie commence à être considérée comme une force. “Les gens ont envie de relations plus horizontales, basées sur l’affect, moins artificielles. Ils vont vers l’économie participative, les énergies renouvelables, l’économie sociale et solidaire… C’est un changement de paradigme, dont fait partie la gentillesse”, remarque Emmanuel Jaffelin. Faire preuve d’empathie nous permet de nous ouvrir aux autres, de construire une relation avec autrui, d’abandonner un peu notre coquille. “C’est finalement prendre le risque de cesser de vivre uniquement à travers son égo, pour se découvrir un peu plus humain”, explique le professeur de philosophie.

Qu’avons-nous a gagner à être gentil, par exemple en entreprise ? Franck Martin, spécialiste du management des équipes et auteur du “Pouvoir des gentils”, explique au Monde : “on peut prendre en main un projet en respectant les avis, les visions différentes, qui pourraient parfois s’exprimer de manière conflictuelle.” Ainsi, note-t-il, “la gentillesse fait fleurir la confiance, la bonne humeur. Elle permet de mieux vivre, de mieux travailler ensemble.” Le principe est bien entendu le même à l’école et ailleurs.

Nous avons tout à gagner à nous débarrasser de notre égo, pour tisser des relations humaines. Plutôt que d’attendre quelque chose de l’autre, nous nous découvrons nous-même en allant à sa rencontre – ce qui va dans l’ordre des choses, puisque l’homme est un animal sociable”, conclut Emmanuel Jaffelin. Plutôt que d’être gentils le temps d’une journée, pourquoi ne pas l’être tout le temps ! Chiche ?

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