Pyrénées-Atlantiques: 5.000 manifestants pour la défense des écoles en basque

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Environ 5.000 personnes, venues de part et d’autre de la fontière espagnole, ont manifesté samedi à Ciboure (Pyrénées-Atlantiques), pour la défense des écoles en langue basque, à travers le cas d’une classe de maternelle, objet d’un bras-de-fer entre municipalité et défenseurs de la langue.

Les manifestants, au moins 6.000 selon les organisateurs, 4.500 selon la préfecture, ont arpenté le front de mer sur près de 4 km, pour empêcher l’expulsion de cette classe de Ciboure, dans un préfabriqué sur une parcelle communale, et dont le bail a pris fin en juillet.

La classe de 13 enfants de 2 à 4 ans est devenue ces dernières semaines emblématique du bras-de-fer, maintes fois rejoué, entre ikastolas et municipalités, autour de subventions, ou de mises à disposition de terrains communaux.

Celles-ci sont en théorie interdites, puisque les ikastolas (ecoles immersives en basque, au nombre de 31 au Pays basque) sont des établissements d’enseignement privé sous contrat soumises aux dispositions de la loi Falloux sur la laïcité. Une circulaire préfectorale en mai a réaffirmé cette interdiction, mais a ouvert une porte et fixé un cadre, en laissant liberté aux maires d’accorder ou non aide ou terrain, par exemple via une Autorisation d’occupation temporaire.

La marche de Ciboure, à l’appel de Seaska, la Fédération des ikastolas, a réclamé des « moyens et des mesures » pour mener à bien le « service public » qu’elle dit offrir, par son enseignement immersif, pour la sauvegarde de la langue basque.

« Ikastolak ez untik ! » (Pas touche aux ikastolas !), lisait-on sur l’une des principales banderoles du cortège, a constaté une journaliste de l’AFP.

L’affaire de Ciboure a pris un tour émotionnel la semaine dernière lorsque le maire Guy Poulou (UMP) a fait couper l’eau, l’électricité et le chauffage de la classe. L’initiative faisait suite à une décision du tribunal administratif en septembre, ordonnant à Seaska de libérer les lieux sous sept jours.

Le maire s’estime « dans son bon droit », et a déploré que « les enfants soient pris en otages dans cette affaire devenue politique ». Il a indiqué à l’AFP qu’il « n’enverra pas la force publique » pour déloger la classe.

Les négociations entre mairie et Seaska pour un relogement ont échoué à ce jour, avec plusieurs propositions rejetées de part et d’autre depuis juillet.

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