Que change le label « REP+ » ?

Le collège Clémenceau à Paris est l’un des 102 Réseaux d’éducation prioritaire renforcés, qui préfigurent la refondation de l’éducation prioritaire en 2015. Zoom sur les retombées du label REP+.

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Collège © Drivepix – fotolia.com

Situé dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (18e), le collège Georges Clémenceau est l’un des 102 REP+ (Réseaux prioritaires renforcés), « préfiguratifs » de la refondation de l’éducation prioritaire. La nouvelle éducation prioritaire se traduira par 350 REP+ et 732 REP à la rentrée 2015 . Dans l’académie de Paris, le collège Clémenceau est le seul établissement à être classé en « super ZEP » en 2014.

La labellisation REP+ permet à l’établissement de concentrer davantage de moyens, humains et financiers, afin de favoriser la réussite de tous les élèves. Le choix de ce collège n’a pas été laissé au hasard, au vu des nombreuses difficultés qu’il rencontre : 70% de CSP (catégories socioprofessionnelles) défavorisées, 65% d’élèves boursiers et plus de 30% d’élèves qui arrivent en 6e avec au moins un an de retard sachant que la moyenne parisienne est de 11% (16,5% pour l’éducation prioritaire).

Plus de temps pour le travail collectif

Pascal Delhom, principal du collège, explique que la labellisation présente plusieurs avantages non négligeables : « Financièrement d’abord, les enseignants verront, à partir de la rentrée 2015, le montant de leur indemnité annuelle multiplié par 2 en REP+, contre 1,5 en REP. » Mais « le vrai plus » du REP+ repose, selon lui, sur la 4e des six priorités des réseaux d’éducation prioritaire : favoriser le travail collectif de l’équipe éducative. « Nous avons besoin, encore plus qu’ailleurs, de mener un travail en équipe. Il y a toujours eu des initiatives, mais elles reposaient jusqu’à présent sur du bénévolat, souvent pendant l’heure du déjeuner. Nous avons désormais les moyens d’organiser une vraie réflexion collective, avec un calendrier et des thématiques fixées à l’avance ! »

Grâce au système de pondération REP+, 1h d’enseignement équivaut à 1,1 heure. L’objectif ? Dégager du temps pour que les enseignants se retrouvent, pour proposer des solutions collectives toujours dans l’optique de faire progresser les élèves, et qu’ils consacrent plus de temps aux parents. « Cela rajoute 52 heures à notre dotation horaire globale (DHG) pour une semaine de fonctionnement normal », précise Pascal Delhom. Très concrètement, le créneau 15h30-17h00 a été banalisé chaque mardi. Il n’y a donc pas de cours et « cela nous permet de prévoir des temps de travail inter degrés primaire collège, puisqu’à Paris, avec la réforme des rythmes scolaires, les enseignants du 1er degré terminent plus tôt », précise le principal du collège Clémenceau.

Des formations ad hoc

Autre point positif du label : la formation et l’accompagnement, plus poussés, des personnels. « En éducation prioritaire, il faut être encore plus outillé qu’ailleurs. Nous avons donc mis en place des formations, dont la première débute ce 4 novembre, en choisissant nous-mêmes le contenu, avec l’aide de professeurs formateurs académiques (PFA). Et pendant deux ans, nous avons effectué de nombreuses visites croisées entre les enseignants du premier et du second degré pour améliorer globalement l’enseignement en zone prioritaire. »

Le taux d’encadrement des élèves ? « Nous avons toujours eu des moyens, cela ne change pas », reconnaît Pascal Delhom. « Nous disposons déjà d’une infirmière scolaire à temps plein, ainsi que d’un assistant chargé de prévention et de sécurité (APS) et d’un assistant social à 2/3 de son temps. Peut-être que cela évoluera et qu’on finira par l’avoir à temps complet, mais nous n’avons pas à nous plaindre. » Grâce au dispositif « Plus de maîtres que de classes », le réseau Clémenceau bénéficie notamment de quatre enseignants supplémentaires dans le premier degré.

Selon Pascal Delhom, le label REP+ inscrit son établissement dans la continuité. Le collège Clémenceau, auparavant classé ECLAIR (écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) et RAR (réseau ambition réussite), ne part pas de rien. « Nous avions déjà mis en place des classes sans note et une évaluation par compétences. Cela concerne aujourd’hui l’ensemble des 6e et des 5e et également toutes les écoles du réseau. » La création d’un conseil de la vie du collège (CVC), il y a trois ans, pour écouter et rendre davantage acteurs les élèves ; la médiation par les pairs ; ou encore l’organisation de cafés des parents… Autant d’initiatives qui font de ce collège un établissement pionnier de la refondation de l’éducation prioritaire.

 

Charles Centofanti

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