Les profs « ne sont pas d’abord attirés par l’argent, sinon ils ne feraient pas enseignants »

Sur le plateau d'On n'est pas couché, Najat Vallaud Belkacem a évoqué la rémunération des profs des écoles, qu'elle souhaite augmenter "dès que les finances publiques le permettront".

Najat Vallaud-Belkacem (photo Benjamin Géminel)

Najat Vallaud-Belkacem (photo Benjamin Géminel)

Enseignement de l’égalité filles-garçons, crise du recrutement des enseignants, revalorisation de l’indemnité des profs des écoles… La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem est revenue ce samedi dans On n’est pas couché sur les principaux débats de l’actualité éducative.

Plan pour l’égalité filles-garçons

La ministre a d’abord évoqué, après une question d’Audrey Pulvar, le déploiement dans les écoles de son plan d’égalité filles-garçons. « L’égalité entre les filles et les garçons est une valeur fondamentale, et tout ce qu’on n’apprend pas aux enfants à cet âge là, on le paye quelques années plus tard, en inégalités professionnelles, […] en autocensure des femmes sur le marché du travail, […]en violences faites aux femmes », a-t-elle estimé.

La ministre a indiqué que le plan pour l’égalité filles-garçons, « dont le détail sera présenté au mois de novembre » et « qui passera pour partie par de la formation des enseignants eux-mêmes », découlera des ABCD de l’égalité. Après une remarque de la chroniqueuse Léa Salamé, pour qui le gouvernement avait « enterré » le dispositif, la ministre a expliqué qu' »ABCD de l’égalité » était le nom d’une expérimentation qui a « bien marché ». « Désormais le plan égalité filles-garçons (qui n’a plus besoin de porter un nom d’expérimentation […] puisque désormais il sera introduit dans toutes les écoles), sera partout », a-t-elle poursuivi.

Crise du recrutement

Admettant qu’il y avait « un problème de recrutement dans certaines académies », en particulier en éducation prioritaire, Najat Vallaud-Belkacem est revenue sur la difficulté de pourvoir tous les postes dans ces académies moins attractives que les autres. « La difficulté de l’Education nationale, c’est qu’on a beau créer des postes, parfois on ne trouve pas les candidats », a-t-elle déploré. « Du coup on nous reproche d’avoir fait appel à des contractuels pour les mettre devant des salles de classe, mais il vaut mieux avoir des gens, malgré tout formés, devant les salles de classe que de n’avoir personne ! »

Et pour augmenter l’attractivité dans ces académies en difficulté, NVB a d’abord rappelé que le ministère allait « augmenter l’indemnité liée au fait d’être en éducation prioritaire« , dans le cadre de la réforme. « On va la doubler », a-t-elle affirmé, avant de se reprendre, « on l’augmente de 50 % ».

Mais « il n’y a pas que l’indemnité« , a souligné la ministre. « Les enseignants, ce n’est pas d’abord l’argent qui les attire, sinon ils ne feraient pas enseignants, entre nous », a-t-elle souri, évoquant la formation supplémentaire et la décharge horaire réservées aux enseignants d’éducation prioritaire.

Rémunération des professeurs des écoles

Concernant justement le salaire des enseignants, la ministre a reconnu que les professeurs des écoles en France étaient « sous-payés« . « Le gouvernement auquel j’appartiens fait des efforts pour les augmenter », a-t-elle indiqué, rappelant l’indemnité de 400 € accordée aux enseignants du primaire. « Ce n’est pas grand-chose mais c’est toujours mieux que rien ! », a-t-elle souligné. « Ces 400 €, dès que nous aurons l’occasion de les augmenter un peu plus nous le ferons », a-t-elle promis, ne se montrant pas défavorable à un alignement des salaires des enseignants du primaire avec ceux des professeurs du secondaire. « Je pense que ça exige tout autant de professionnalisme, de compétences, d’apprendre à des enfants de 6 ans que d’apprendre à des enfants de 15 ans ».

Répondant à une question du chroniqueur Aymeric Caron, qui lui demandait pourquoi elle ne le faisait pas, la ministre a expliqué ne pas pratiquer « la multiplication des petits pains », mais a répété que, « dès lors que les finances publiques nous le permettront, l’idée c’est d’augmenter l’effort » fait pour le premier degré.

 

11 commentaires sur "Les profs « ne sont pas d’abord attirés par l’argent, sinon ils ne feraient pas enseignants »"

  1. Voltaire2208  30 octobre 2014 à 20 h 10 min

    « Les profs ne sont pas d’abord attirés par l’argent, sinon ils ne feraient pas profs » …. Vraiment? Sans rire? Voilà sûrement de quoi expliquer si ce n’est justifier, pourquoi il n’est pas nécessaire d’ augmenter notre rémunération ( point d’indice bloqué depuis plusieurs années). Admirable explication ou cynisme organisé? Si l’éducation coûte trop cher, essayons donc l’ignorance…. Ceci dit, vu le niveau de recrutement des futurs enseignants dans certaines matières , lié à une trop faible rémunération, complètement dissuasive, la tentation de l’ignorance me semble en bonne voie!
    M. 33 ans d’ancienneté dans le premier degré …Signaler un abus

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  2. Jane Eyre  31 octobre 2014 à 12 h 43 min

    Je partage pleinement l’avis de Voltaire2208! on pourrait presque en rire si la situation n’était pas aussi catastrophique! Mme La Ministre parle de formation: peut-elle adresser un ordre de mission aux enseignants sitôt que ce message sera lu? nous se recevons aucune formation et le matériel que nous utilisons pour les élèves nous les achetons nous-mêmes! les contractuels sont dans une situation de précarité réelle et sont « jetés » sur le terrain. du jour au lendemain! cela fait baisser le taux du chômage et ce, quelque soit le gouvernement!Signaler un abus

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  3. Jane Eyre  31 octobre 2014 à 12 h 54 min

    Les collèges en zone d’éducation prioritaire sont de véritables enfers sur terre dans certaines régions. Les enseignants y sont malmenés(crachats, bris de véhicules, insultes…). Les parents ne savent pas gérer leurs enfants et certains principaux ou proviseurs ferment les yeux et laissent les enseignants seuls face aux enfants. Qui souhaiterait aller enseigner dans de tels établissements? les enfants sont en souffrance au sein de leur foyer et personne ne bouge! alors, ils se défoulent là où ils le peuvent! faire un cours est parfois mission impossible tellement le degré de violence est fort au sein du groupe classe!Signaler un abus

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  4. Jean Duport  1 novembre 2014 à 16 h 46 min

    De toutes façons, il y restera toujours assez de gens qui feront ce métier parce qu’ils ne peuvent rien faire d’autre…Signaler un abus

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    • Lou  5 novembre 2014 à 20 h 45 min

      Pitié ne cédez pas à la tentation du cliché facile, penchez vous sur les chiffres, les textes, le CRPE et vous verrez que ceux qui ne peuvent rien faire d’autre feront quand même autre chose. PE, c’est loin d’être une bonne planque.Signaler un abus

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  5. François Brille  1 novembre 2014 à 19 h 10 min

    A métier de second choix, salaire de second choix…

    La plupart des enseignants sont juste des diplômés pas très brillants ou chanceux et/ou plus ou moins bien dans leur peau qui n’ont rien pu trouver d’autre…Signaler un abus

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    • Isabelle  3 novembre 2014 à 18 h 28 min

      Et vous leur laissez vos enfants ?

      Moi, je choisis l’enseignement primaire par goût de la pédagogie,
      après des années de consultantes avec des cadres supérieur-es …
      Et justement, je vais plutôt bien par rapport à la moyenne de mes concitoyen-nes
      et du travail, j’en ai autant que j’en veux dans mon domaine.

      Pourquoi en France, on ne peut que soit se considérer comme victime, soit dénigrer ???Signaler un abus

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    • Pascal Oudot  6 novembre 2014 à 21 h 05 min

      Merci pour votre « la plupart »… Je fus un élève brillant: ne peut-il vous venir à l’esprit qu’on puisse faire ce métier par goût de l’enseignement? Quant à ce qualificatif de « second choix » pour la mission que j’exerce avec plaisir depuis trente-cinq ans au service de vos enfants, il me parait trop provocateur pour être honnête. Je ne m’attendais pas à lire sur ce site un commentaire aussi désobligeant et aussi outrecuidant.Signaler un abus

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