Petit Prof : « j’arrêterai de tweeter quand ça ne m’amusera plus »

Petit Prof partage sur Twitter les perles de ses élèves, de leurs parents et de ses collègues enseignants, et c'est un franc succès : plus de 16.000 personnes suivent déjà son compte ! Interview exclusive.

Petit prof Twitter no routinePetit_Prof compte plus de 16.000 abonnés sur Twitter : cette prof de français dans un collège classé ZEP de Paris partage depuis deux ans des morceaux savoureux de son quotidien sur le réseau social, et se moque gentiment de ses élèves, de ses collègues ou encore des parents d’élèves.

Son identité n’est connue que par de rares amis ou parents – pas par ses collègues, encore moins par ses élèves. L’enseignante ne souhaite pas se mettre en avant, moins par crainte d’un retour de bâton que par respect : « Ce que je dis pourrait arriver à n’importe quel enseignant, que ce soit un homme ou une femme, un prof de maths ou de SVT… ». C’est aussi pour cela que toutes ses anecdotes et perles sont anonymées, et qu’aucun élève n’est ciblé en particulier.

Impossible de tweeter en classe

Petit Prof est la première surprise par son succès. Elle ne pense pas être « plus drôle ou plus intéressante » que les nombreux autres profs qui tweetent, et n’envisage pas de se servir de sa notoriété pour critiquer les réformes éducatives ou discuter pédagogie : « Je n’ai pas de message à faire passer ». Son but est plutôt d’entrouvrir la porte de la salle de classe au grand public.

Ses activités de micro-blogueuse ne se font pas au détriment des cours. « On me demande souvent si je tweete en classe : ce serait absolument impossible ! Une séance de cours de 55 minutes requiert tellement d’attention que je ne suis jamais assise ! » Les tweets sont envoyés pendant la récré ou d’autres rares moments de calme, et ne sont jamais rédigés à l’avance. « Si j’oublie quelque chose, tant pis. Je préfère que ce soit spontané. »

Certaines anecdotes sont publiées longtemps après les faits, au gré des souvenirs, mais tout est véridique. « On ne sait jamais comment va se dérouler une séance de cours, il y a toujours de l’imprévu », comme le rappelle la description de son compte Twitter (« Un prof, des élèves, no routine »). C’est pourquoi l’enseignante parisienne ne pense pas manquer prochainement de matière. « Mais le jour où ça cessera de m’amuser, ou si ça devient répétitif, j’arrêterai », prévient-elle.

Fière de ses élèves

Si les histoires qu’elle raconte ou les extraits de copies qu’elle partage illustrent souvent un niveau d’orthographe assez préoccupant, elle n’est pas déprimée pour autant. « C’est une situation compliquée pour quelqu’un comme moi qui aime la lecture et l’écriture. Mais même si ce que je tweete peut paraître caustique ou moqueur, je suis très fière de mes élèves, et tous leurs progrès me font plaisir, quel que soit le niveau duquel ils partent », affirme-t-elle.

Concernant l’ambiance dans son établissement, elle ne s’estime pas à plaindre. « Je m’entends bien avec mes élèves, on s’amuse – et on travaille ! Je n’ai pas la boule au ventre, la peur d’aller en classe… » Rien à voir avec sa première affectation en banlieue parisienne, où elle a « beaucoup morflé ».

Son conseil aux profs débutants : « Il faut tenir un an. La deuxième année, les élèves sont adorables, ils respectent le prof pour avoir tenu le coup et se disent qu’ils vont embêter les nouveaux. » Petit prof ne sait pas pourquoi elle, qui n’a jamais eu « la vocation », a réussi à supporter ce « bizutage » quand d’autres ont jeté l’éponge dès les premiers mois face à une classe.

Meilleure prof grâce à Twitter

Professeur reste pour elle « un beau métier », bien qu’il ne soit « pas facile » et épuisant. « Quand je rentre après mes cours, je suis lessivée. » Malgré tout, il faut encore travailler hors du collège, corriger les copies, préparer le week-end les cours de la semaine suivante… « Un enseignant ne travaille pas que 15 ou 18 heures, et je pense que cela peut se lire en filigrane dans mes tweets. »

Tweeter lui permet de décompresser. Mais aussi d’avoir du recul sur sa pratique pédagogique : « J’ai l’impression d’être une moins mauvaise prof depuis que je suis sur Twitter. Je mets par écrit ce qui s’est bien ou mal passé pendant mes cours, et cela me force à me remettre en question. »

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Captcha *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Recherche dans les archives

Vous