Colloque « Les religions à l’école » organisé par l’université Lyon 2

L'Université Lyon 2 organise les 19 et 20 novembre prochains un colloque international intitulé "Les religions à l’école : pureté des principes, hybridation des pratiques ?". VousNousIls soutient cet événement.

Le colloque international « Les religions à l’école : pureté des principes, hybridation des pratiques ? » est organisé à Lyon par le laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (Lyon 2, IFE-ENS, UJM Saint-Etienne) (ECP) (EA 4571), l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL) et l’Institut européen en sciences des religions (IESR).

Un double constat en est à l’origine : la domination de discours idéologiques, institutionnels ou prescriptifs sur la question des religions à l’école, d’une part ; la faiblesse relative de recherches empiriques, d’autre part. Dans tous les cas, à travers un débat public vif, les conditions du « vivre ensemble », les finalités de l’école, son organisation et les contenus d’enseignement sont réinterrogés.

La question des religions à l’école n’est pas nouvelle et a souvent été conflictuelle comme le montrent les travaux d’historiens de l’éducation : elle concerne aussi bien le calendrier (fêtes, congés), la place de l’enseignement religieux ou du ou des fait(s) religieux, de la morale, les contenus d’enseignement, les normes vestimentaires ou alimentaires. Les sociétés modernes, ouvertes, sont confrontées à des demandes de reconnaissance de la part de religions auparavant ignorées ou traitées uniquement en cours d’histoire. Les revendications des religions minoritaires dans l’espace public politique (donc à l’école) interpellent les religions dominantes voire les stimulent dans le sens de la « reconquête » ou de la surenchère, vont à l’encontre de la logique de sécularisation et mettent en cause une laïcité heurtant les interprétations plus intégristes de chaque religion.

Inscription et contact

Entrée libre mais inscription obligatoire (12 novembre dernier délai) auprès de Jean Rakovitch, laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (ECP) : j.rakovitch@univ-lyon2.fr

De plus, la massification des systèmes éducatifs aussi bien que les relations nouvelles des parents à l’école, plus volontiers perçue comme un service devant être adéquat à leurs attentes que comme l’émanation d’un ordre supérieur représentant l’intérêt général ou une entité transcendante, modifient les desiderata des parents, voire des élèves, à l’égard de l’école. Les professionnels de l’éducation sont pris entre des attentes contradictoires : celles de l’institution, des parents, des élèves, des groupes religieux sans parler de leurs propres convictions.

Les débats actuels sur les religions à l’école portent essentiellement sur deux dimensions : la vie scolaire (vêtements, nourriture, fêtes) et, avec une intensité plus basse, sur les contenus d’enseignement (sciences, sport, histoire, philosophie). Pour ces derniers, c’est l’enseignement du « fait religieux » ou les cours de morale et d’éthique qui, selon les contextes nationaux et les périodes, ont fait l’objet de débats publics et de quelques travaux de recherche. Ce qui se passe au quotidien dans les écoles et les établissements secondaires, dans les classes et dans les activités ou temps en dehors de la classe semble encore assez peu exploré.

Au moment où les modalités de présence du religieux dans l’espace public se renouvellent et se traduisent éventuellement par des revendications mettant en cause les accords existants sur ce qui peut se faire ou pas à l’école, interrogeant également ce qu’elle-même doit mettre en place ou pas pour respecter la liberté religieuse tout en assurant, selon les rhétoriques nationales, une « culture commune », un « socle commun », le « vivre ensemble », il semble opportun de faire un point sur la façon dont les acteurs s’emparent des débats liés à la place de la religion à l’école et les effets sur les pratiques des professionnels de l’éducation.

Objectifs

Le colloque a pour principal objectif, à la lumière des éclairages historiques et sociologiques, de saisir comment s’articulent politiques publiques et actions des professionnels de l’éducation voire des usagers de l’éducation. Face à des conceptions de la religion et de la laïcité en débat, comment les professionnels arbitrent-ils ? Quels choix font-ils entre des demandes hétérogènes (institutionnelles, de parents, d’élèves, de groupes constitués sur des bases religieuses), en fonction de quels principes ? Quels ajustements pragmatiques sont éventuellement construits ? Cela conduit-il à une relecture, par le bas, de la place des religions à l’école ?

Entre la pureté des principes souvent affichée et la réalité du travail des professionnels de l’éducation en classe et au sein des établissements scolaires, quelle traduction contextualisée des principes politiques présidant au rapport entre école et religions propre à chaque société peut-on observer ? Assiste-t-on à une hybridation des principes ? Á des arrangements sans principes, rabattus sur des dispositifs et/ou des objets permettant de coordonner des logiques différentes ? Y a-t-il des reconfigurations partielles des principes structurant historiquement le rapport entre école et religions ?

Le colloque vise à faire le point sur des concepts propres à cet objet de recherche et de présenter des résultats de recherches empiriques sur ce qui se passe dans les écoles, dans les établissements du second degré et dans les classes.

Dans le cadre de la diffusion des résultats de la recherche, le colloque a pour autre objectif la publication d’un dossier par la revue HCM (Histoire, Monde et Cultures religieuses).

Public

Colloque à destination des chercheurs, il sera ouvert à des formateurs et à des enseignants particulièrement pour les séances portant sur les ressources pour enseigner et former.

Comité scientifique

Jacqueline Gautherin (PR émérite, laboratoire Éducation, Cultures, Politiques –ECP–, Lyon 2), Françoise Lantheaume (MC HDR, directrice d’ECP, Lyon 2), Philippe Martin (PR, directeur de l’Institut supérieur des religions et de la laïcité – ISERL, Lyon 2, Lyon 3), Micheline Milot (Professeur, UQAM, directrice du Centre d’études ethniques des universités montréalaises – CEETUM), Isabelle Saint-Martin (Directrice de l’Institut européen en sciences des religions -IESR, directrice d’études à l’EPHE, Paris)

Comité d’organisation

Françoise Lantheaume (Lyon 2, ECP), Angelina Ogier-Cesari (ESPE, Lyon 1), Sébastien Urbanski (Lyon 2, ISPEF), Jean Rakovitch (Lyon 2, ISPEF). Soutien logistique : Louisa Charfa (gestionnaire de l’ISERL), Marina Randriamiarisoa (Lyon 2, gestionnaire d’ECP).

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