Comment les professeurs occupent-ils leurs deux mois de vacances ?

Jalousés parfois pour leurs longs congés d’été, les enseignants doivent pourtant trouver à occuper cette période, sous peine de s’ennuyer. La crise a transformé leurs habitudes de vacances.

Vacances

Vacances © viperagp – Fotolia.com

Deux mois de vacances l’été, quand on est professeur, c’est parfois long. Surtout quand on n’a pas d’enfants, comme Caroline Jousset, 32 ans, institutrice en classe de CM1 à l’école Saint-Joseph, à Saint-Cloud (92). « Dans l’ensemble, j’arrive à m’occuper, mais je trouve l’été un peu long, reconnaît-elle, et financièrement c’est impossible de partir deux mois en vacances ». Les étés précédents, Caroline avait l’habitude de faire un grand voyage sac à dos – rien de très luxueux – de deux ou trois semaines en Thaïlande, au Maroc ou en Europe. Mais depuis le début de la crise, il y a trois ans, son pouvoir d’achat a nettement diminué. « Tout a augmenté, mais pas mon salaire… Je me sens tout le temps ric-rac, je dois toujours faire attention », regrette-t-elle. Restrictions budgétaires obligent, cet été Caroline fait le « tour de France des amis » : une semaine chez une amie puis une autre en famille en Bretagne, une semaine à Marseille pour un mariage, un week-end à Toulouse, une semaine de randonnée dans les Pyrénées… Pour économiser sur les transports, Caroline fait du co-voiturage et quand elle prend le train, elle réserve ses billets longtemps à l’avance. Elle passera aussi une semaine ici et là chez elle, en banlieue parisienne. « Pour ne pas m’ennuyer, je vais courir ou bouquiner au parc, je sors avec des amis, je vais au cinéma, au musée… », énumère Caroline. La crise a profondément modifié les habitudes de vacances des enseignants. 30% de ceux qui ont répondu à notre sondage visitent plus souvent la famille et les amis, 22% partent moins et 23% ne partent plus du tout.

« Je pense souvent à mes élèves »

« Rendez-vous fin août si je survis aux vacances », a posté sur Twitter @Petit_Prof le 5 juillet dernier, en poursuivant : « Je peut enfin retourné a ma vie civil. #vacances », fautes d’orthographe comprises, en clin d’œil aux élèves du collège parisien classé Zep où elle enseigne le français depuis dix ans. Pour cette professeure, qui tient à rester anonyme, la crise a transformé les vacances en « petits sauts de puce à droite, à gauche », en France, en fonction des disponibilités de sa famille. « Quand on a une plage de deux mois à combler et un budget limité car les salaires des fonctionnaires sont gelés, les vacances ne sont pas très glamours. Ce n’est pas cette année que je passerai un mois à San Francisco », confie Petit Prof. En été, elle a l’impression de ne jamais déconnecter totalement, malgré ses lectures « plaisir » : essentiellement des polars en anglais, qu’elle choisit au hasard. « En juillet-août, je pense souvent à mes élèves et pas seulement au moment des résultats du bac et du brevet. Je ne m’ennuie jamais, mais j’ai toujours hâte de les retrouver en septembre », avoue cette enseignante passionnée par son métier.

10 commentaires sur "Comment les professeurs occupent-ils leurs deux mois de vacances ?"

  1. Gaston  30 juillet 2013 à 13 h 53 min

    On dirait le journal de 20h de TF1 et en été !
    En plus là c’est carrément les profs qui disent qu’ils ont trop de vacances !
    Incroyable !
    Je vous suggère le prochain article : les profs qui changent de métier car ils ne peuvent plus aller à l’autre bout du monde durant 5 semaines ou plus.
    Je suis prof, je pars qu’une ou deux semaines en vacances par an, mais je ne m’ennuie pas. Si nous n’avions pas ces vacances combien craqueraient car trop longtemps devant les élèves ?Signaler un abus

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  2. vive les vacances  1 août 2013 à 14 h 34 min

    Moi aussi je ne pars que 2 semaines et je ne m’ennuie pas, mais vraiment pas du tout !!! Je peux enfin faire ce que je n’ai jamais le temps de faire pendant l’année scolaire : faire du sport, recevoir des amis, bouquiner… etc. Et heureusement que j’ai ces 2 mois pour décompresser vraiment ; en effet, suite à l’année scolaire que je viens de vivre (29 élèves en cours triple), je ne serais physiquement et nerveusement pas capable d’attaquer une nouvelle année scolaire dans de bonnes conditions sans ces 6 semaines de repos (il faut en effet se remettre au boulot les 2 dernières semaines pour préparer).Signaler un abus

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  3. patator  2 août 2013 à 8 h 57 min

    Avec Bac + 5 j’ai accepté de rentrer à l’EN et gagner moins que dans le privé car je pouvais avoir une retraite au bout de 37,5 annuités et quand même partir 1 mois complet en vacances. En cours de carrière on a changé sans mon avis « mon contrat de travail », je me suis senti méprisé et floué. Trop vieux pour changer de métier, ma seule fierté aujourd’hui c’est que mes enfants ne soient pas devenus profs.Signaler un abus

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  4. Mimi  3 août 2013 à 12 h 09 min

    Enseignante retraitée, je suis étonnée par ses propos. Un conseil : adhérer au GCU et faire du camping.Signaler un abus

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  5. Eric  4 août 2013 à 19 h 08 min

    Heureusement que cet article n’est lu que par des profs ! Pensez-vous que la grande majorité des Français vont plaindre Caroline et ses « malheureuses » vacances en Bretagne, à Marseille, dans les Pyrénées et à Toulouse ??? Un peu de décence en ces temps de crise ! Faites des articles avec des données statistiques sérieuses s’il vous plait et évitez les entretiens dignes d’un journal de TF1 !Signaler un abus

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