Salaire enseignants : inférieur « de 35 % à celui d’un cadre non enseignant de la fonction publique » (Cour des Comptes)

Dans son rapport sur la gestion des enseignants, la Cour des comptes souligne la faiblesse de la rémunération et de l'accompagnement des carrières des enseignants français.

Dans le rapport « Gérer les enseignants autrement« , publié aujourd’hui, la Cour des comptes pointe du doigt le faible niveau de rémunération des enseignants français et le manque d’accompagnement dont ils bénéficient au cours de leur carrière. La juridiction précise que « le choix a […] été fait de favoriser le nombre d’enseignants plutôt que le niveau de leur rémunération ».

Les enseignants moins payés que les autres cadres de la Fonction publique

Rappelant que les enseignants appartiennent aux « cadres de la fonction publique de l’État, c’est-à-dire aux catégories A et A+ », le rapport estime que « leur rémunération apparaît faible à plusieurs égards ». Il souligne notamment que « la rémunération nette annuelle des enseignants est inférieure de 35 % à celle d’un cadre non enseignant de la fonction publique, essentiellement en raison d’un niveau de primes plus faible ».

En outre, « les enseignants français du premier et du second degrés gagnent, après correction des différences de niveaux de vie entre pays, entre 15 et 20 % de moins que leurs homologues » de l’OCDE, « à leur début de carrière comme après 15 ans d’ancienneté ». Exception faite de « l’échelon maximum dans le premier degré et au collège où l’on observe un traitement légèrement supérieur pour les enseignants français« , observe la Cour des Comptes. Si l’on rapproche la rémunération du temps de travail des enseignants, « le salaire par heure d’enseignement serait de 26,7 % inférieur dans le primaire en France par rapport aux autres pays membres de l’OCDE », et « inférieur de 4,3 % » dans le premier cycle du secondaire.

Peu d’accompagnement quotidien et une formation continue insatisfaisante

Le rapport indique également que beaucoup d’enseignants interrogés par la Cour « ont dit souffrir ou avoir souffert du peu de possibilités concrètes pour partager les difficultés ordinaires rencontrées ». Cela met en évidence la faiblesse « du cadre établi par le ministère pour l’appui quotidien ordinaire », estime la juridiction, citant par exemple « la relation plus ou moins distante avec l’encadrement », qui ne garantit pas « de façon systématique un appui ou des conseils au quotidien ».

Le rapport égratigne aussi la formation continue proposée aux enseignants qui « ne permet pas d’assurer de façon satisfaisante l’amélioration de la qualité des pratiques professionnelles ».

Enfin, la Cour des Comptes dénonce « des possibilités restreintes de déroulement des carrières« . Pour beaucoup d’enseignants en effet, les perspectives se limitent à « une mobilité géographique », affirme-t-elle, déplorant qu' »à défaut de parcours de carrière se traduisant par une prise de responsabilité progressive, la plupart des enseignants exercent les mêmes fonctions tout au long de leur vie professionnelle ».

Les préconisations de la Cour

Le rapport propose plusieurs pistes d’amélioration. Concernant la rémunération des enseignants, il recommande de procéder « à des réévaluations au bénéfice des équipes pédagogiques en fonction des difficultés particulières des postes et des établissements », et de « lier la mise en oeuvre de l’ensemble des mesures indemnitaires et de carrière aux économies procurées par la rationalisation de l’offre de formation et par une meilleure gestion des effectifs enseignants ». Sur la formation continue, il préconise d’en améliorer la nature et le volume « à la diversité des situations pédagogiques et aux spécificités des fonctions occupées ».

Enfin, il propose de réaffirmer le rôle de l’équipe pédagogique en faisant de celle-ci « le pivot de l’appui aux enseignants », en confiant à l’un de ses membres « partiellement déchargé de cours à cet effet » des « fonctions de coordination […] et d’appui ».

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