11.02.2013
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Des tablettes dès la maternelle

L'utilisation des TICE com­mence à se déve­lop­per dans les petites classes, tablettes en tête.
Person with tablet computer © AKS - Fotolia.com

Person with tablet com­pu­ter © AKS — Fotolia.com

Les enfants de mater­nelle sont des digi­tal natives. L'école doit s'adapter à cette révo­lu­tion numé­rique. Des ini­tia­tives, encore trop rares, se déve­loppent un peu par­tout en France. Missionnés par leur aca­dé­mie ou francs-tireurs, des ensei­gnants com­mencent à uti­li­ser les tech­no­lo­gies de l'information et de la com­mu­ni­ca­tion pour l'enseignement (TICE) dès la mater­nelle, ardoises numé­riques, tableaux numé­riques inter­ac­tifs (TNI) et sur­tout tablettes tac­tiles. Simples, intui­tives et ludiques, les tablettes offrent un appren­tis­sage plus rapide qu'un ordi­na­teur clas­sique, et ceci dès le plus jeune âge, alors qu'à 3 ou 4 ans, les enfants ont encore des dif­fi­cul­tés à uti­li­ser la sou­ris décen­trée de l'écran. Les tout-petits, qui aiment la mani­pu­la­tion et l'exploration, sont très récep­tifs aux tablettes.

A l'école Albert Camus de Talence, Philippe Guillem fait par­tie de ces « enseignants-testeurs ». Cela fait deux ans et demi qu'il uti­lise Twitter et la tablette numé­rique avec sa classe de mater­nelle, com­po­sée de 20 « grands » et de 8 « moyens ». Le cahier de vie sur tablette a rem­placé le tra­di­tion­nel cahier de vie papier. Tous les soirs, un des élèves ramène la tablette chez lui pour mon­trer à ses parents les acti­vi­tés faites en classe et tous les jours, la classe publie sur Twitter un mes­sage des­tiné aux parents. L'enseignant accom­pagne ainsi les petits dans la construc­tion de leur iden­tité numé­rique. « L'autre jour, un élève a pro­posé de publier "Alexandre a fait une grosse bêtise". La classe en a dis­cuté et a fina­le­ment décidé de ne pas pos­ter ce mes­sage. A 5 ans, ils ont pris conscience du reten­tis­se­ment qu'il aurait pu avoir », raconte Philippe Guillem.

Suivre des ate­liers péda­go­giques sur l'utilisation des TICE en maternelle

Le CRDP des Yvelines anime des ate­liers sur l'utilisation des TICE en mater­nelle. Le pro­chain ate­lier aura lieu le 27 février 2013 de 9h à 12h à la Maison de l'Education,  Marly Le Roi. Renseignements sur le site du CRDP.

Un outil d'apprentissage comme un autre

A chaque ensei­gnant de défi­nir com­ment les TICE peuvent s'inscrire dans son pro­jet péda­go­gique, en appor­tant un plus. Philippe Guillem uti­lise sur­tout la tablette pour l'apprentissage de l'écriture. Il pro­pose à ses élèves des acti­vi­tés variées : fabri­quer un petit e-book, par exemple. La tablette est deve­nue un outil d'apprentissage comme un autre dans la classe, au même titre que les livres, les colo­riages ou les jeux de construc­tion. « Maintenant, avant de remettre dans la boule d'argile les sculp­tures qu'ils ont réa­li­sées à la fin de l'atelier "terre", les enfants les prennent en photo avec la tablette et ins­crivent leur pré­nom en des­sous de leur œuvre. A leur âge, c'est plus facile qu'avec un appa­reil photo, même numé­rique : l'écran est trop petit. Et cela per­met de conser­ver une trace », explique l'enseignant.

Pour les élèves comme pour les ensei­gnants, l'intérêt des TICE est évident. « Les choses passent très faci­le­ment. Les enfants intègrent en deux temps trois mou­ve­ments », se réjouit Philippe Guillem. Elles déve­loppent l'autonomie, sti­mulent le lan­gage, la créa­ti­vité et per­mettent de faire faci­le­ment des choses qu'on ne pou­vait pas faire avant.

Les moyens manquent cepen­dant et rares sont encore les classes de mater­nelle équi­pées en TICE. Alors les ensei­gnants les plus moti­vés défrichent, traquent les appli­ca­tions gra­tuites... « Il faut expé­ri­men­ter soi-même, sans attendre un éven­tuel prêt de maté­riel », conseille Emmanuel Quatrefages, un autre ensei­gnant de mater­nelle adepte des TICE, à ceux qui seraient ten­tés de s'y mettre.


Laurène Champalle

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Loys
le 11 février 2013

Les écrans ne sont pas des outils comme les autres. Avec un temps d'exposition attei­gnant par exemple plus de 7h30 par jour pour les 8–18 ans en moyenne aux États-Unis, les enfants ont-ils besoin d'encore plus d'écrans à l'école ? La suite ici : http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/038-ecran-total.html

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Henni
le 14 février 2013

Bonjour,

Non seule­ment je rejoins Loys dans sa réac­tion, mais je dis que cet article relève plus de la pro­pa­gande qu'autre chose quand je lis des phrases comme: "Elles déve­loppent l'autonomie, sti­mulent le lan­gage, la créa­ti­vité et per­mettent de faire faci­le­ment des choses qu'on ne pou­vait pas faire avant."

Quand on voit à l'université des étudiants en cur­sus scien­ti­fique ne sachant pas de tête sim­pli­fier une frac­tion, pen­sant qu'une fois qu'ils n'ont pas trouvé d'informations sur wiki ils ne la trou­ve­ront nulle part ailleurs et sur­tout pas dans un livre, on se demande l'intérêt des gad­gets tech­no­lo­giques qui ne forment pas à la pen­sée à l'école, mais sim­ple­ment à leur utilisation.

L'acquisition du lan­gage n'est pas sti­mu­lée par une tablette numé­rique ! C'est tout sim­ple­ment gro­tesque. L'autonomie et la créa­ti­vité ne se déve­loppent pas avec une tablette entre les mains ! On dirait que l'auteur de ce repor­tage oublie qu'il y a eu une vie avant les tablettes; une vie très riche socia­le­ment, artis­ti­que­ment, et scientifiquement.

Les enfants doivent maî­tri­ser les fon­da­men­taux; ten­ter de faire croire que l'utilisation d'une tablette fait par­tie des fon­da­men­taux ou per­met de mieux se les appro­prier n'est pas honnête.

En outre, vue la consom­ma­tion de terres rares que cela requiert pour fabri­quer un écran tac­tile, je me demande com­ment chaque élève pourra être équipé si cela devient la norme mon­diale que d'instruire les gens de cette façon.

Une tablette peut être utile, mais il ne s'agit pas d'en faire l'alpha et l'oméga de l'enseignement en ce début de 21ème siècle.
Qu'un enfant apprenne d'abord à écrire avec les mains : c'est plus sti­mu­lant pour le déve­lop­pe­ment psychomoteur.

Cordialement,
H.

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portenaouak
le 15 février 2013

Je vais plus loin, c'est scan­da­leux de sou­mettre des si petits à une ving­taine de radia­tions élec­tro­ma­gné­tiques wifi pen­dant 8 heures par jour. Les enfants en prennent déjà cer­tai­ne­ment chez eux à cause des parents et voilà que l'école en rajoute une couche. Pauvres gamins, quelle géné­ra­tion d'Alzheimer nous sommes en train de créer...

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symi74
le 16 février 2013

Je suis ensei­gnante de CP, direc­trice d'école et maman de 2 enfants (8 et 10 ans). Je vois donc du côté école et du côté famille. Je suis abso­lu­ment contre l'utilisation des tablettes tac­tiles à l'école pri­maire (mater­nelle + élémen­taire). Les élèves ont besoin de se confron­ter au réel, à l'utilisation des crayons, cahiers, manuels sco­laires, pour se fami­lia­ri­ser avec ces outils-là, construire des savoir-faire trans­ver­saux et bâtir des repères spa­tiaux. Pour cer­tains élèves, ce n'est qu'à l'école que cela est pos­sible, le milieu fami­lial ne le per­met pas. Alors lais­sons la tablette pour le côté ludique, à la mai­son ou pour les plus grands quand leurs repères seront construits.

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Krokodilo
le 19 février 2013

Je rejoins les autres com­men­taires ; déjà les jeux vidéo et la télé sont deux acti­vi­tés fas­ci­nantes (j'en ai pris ma part) mais chro­no­phages, qui ne laissent que la por­tion congrue à la lec­ture. Introduire ces tablettes à l'école, coû­teuses et moins poly­va­lentes qu'un ordi, est une fausse moder­nité, une sou­mis­sion à la société de consom­ma­tion qui ne fait qu'amplifier arti­fi­ciel­le­ment le manque de moyens en créant de nou­veaux besoins. On peut déjà faire du fran­çais à la place de l'anglais au pri­maire, et nos enfants évite­ront de dire "digi­tal natives" ou "e-book" comme dans l'article... Par contre, les TICE per­met­traient une offre de langues élar­gie au secon­daire, y com­pris latin-grec, et de lais­ser enfin les enfants libres de choi­sir leurs deux langues étrangères.

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sacrum
le 19 février 2013

Je pense que les per­sonnes qui se sont impli­quées dans ce tra­vail avec les tablettes manquent d'information.Depuis 2002 et l'appel de Fribourg les méde­cins ont alerté sur les réper­cus­sion des Champs Electro Magnetiques (CEM) sur les enfants : troubles de concen­tra­tion ; troubles du som­meil ; maux de tête ; agi­ta­tion ; leu­cé­mie ; tumeurs du cer­veau. L'A.F.R.P. édite même une pla­quette deman­dant de ne pas uti­li­ser les objet rayon­nant des CEM au-dessous de 14 ans. Ces don­nées ont été confir­mées en 2012 par un rap­port de plus de 2000 études scien­ti­fiques dans le monde ( voir : CRIIREM rapport-bioinitiative).
Je pense qu'aucun ensei­gnant n'emmènerait ses élèves pour étudier un vol­can qui va se réveiller d'un moment à l'autre.
Merci de vos idées pour déve­lop­per l'intelligence des enfants mais véri­fiez qu'elles soient bonnes jusqu'au bout afin de pré­ser­ver leur santé .

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