06.02.2013
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Tableau interactif : « une minorité d'enseignants est prête »

Marc Philippe est ensei­gnant de tech­no­lo­gie, déta­ché au CRDP de l'académie de Paris pour assis­ter les ensei­gnants aux usages des TICE. Il estime que le tableau numé­rique inter­ac­tif ren­contre de nom­breuses réticences.
Marc Philippe

Marc Philippe

Les ensei­gnants sont-ils prêts à pas­ser au tout-numérique à l'école ?

Honnêtement, non. Ceux qui se lancent sont ceux qui croient au chan­ge­ment et ils sont une mino­rité. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas tou­jours les jeunes ensei­gnants qui sont les plus à l'aise avec le TNI . Beaucoup d'entre eux croient maî­tri­ser les outils mais ils perdent du temps, pour une rai­son simple : ils manquent de culture informatique.

Quels sont les autres freins ?

J'en iden­ti­fie plu­sieurs. Il m'arrive de for­mer les ensei­gnants, de la mater­nelle jusqu'au BTS, sur leur lieu de tra­vail. Et je constate par­fois que leur maté­riel est obso­lète et bridé, ce qui rend impos­sible les mises à jour. Quand le maté­riel est récent, il n'est pas tou­jours homo­gène et il n'existe pas de solu­tion pour impor­ter un tra­vail d'un tableau à l'autre. Autre pro­blème, celui de l'information : nom­breux sont les pro­fes­seurs qui par exemple ne savent pas que l'établissement déten­teur d'un TNI dis­pose d'une licence, laquelle donne le droit d'utiliser le logi­ciel sur place mais aussi sur les ordi­na­teurs per­son­nels des enseignants.

Par ailleurs, je note aussi un frein cultu­rel : quand je pro­pose d'accompagner des ensei­gnants pen­dant leur pre­miers cours avec un TNI, ils sont par­fois réti­cents, pen­sant que cela risque de per­tur­ber les élèves. Dans d'autres pays d'Europe, cela ne pose pour­tant aucun problème.

Comment convaincre les réti­cents de l'utilité  du TNI ?

Ceux qui hésitent à s'en ser­vir ont déjà fait la moi­tié du che­min et je par­viens à les convaincre. Il suf­fit de leur mon­trer le côté inter­ac­tif du TNI, la diver­sité des sup­ports acces­sibles : vidéos, sons, images... Un jour, lors d'une for­ma­tion, une ensei­gnante d'anglais m'a pré­venu que ses élèves de seconde n'étaient pas faciles. Nous avons expé­ri­menté le TNI en leur pro­po­sant un exer­cice à trous à par­tir d'une vidéo envoyée sur leur por­table afin qu'ils puissent la réécou­ter à leur rythme. L'enseignante m'a confié qu'elle n'avait jamais vu ses élèves autant tra­vailler... Autre atout majeur du TNI propre à séduire les ensei­gnants : on peut inter­rompre un cours et l'enregistrer tel quel pour le reprendre au cours sui­vant, alors que sur un tableau clas­sique, on efface sys­té­ma­ti­que­ment et l'on ne peut donc conser­ver aucune trace de son travail.

Quels sont les pré­re­quis nécessaires ?

Le TNI ne pré­sente pas de dif­fi­cul­tés de prise en main. Il peut être uti­lisé aussi bien par un ensei­gnant de musique que par un ensei­gnant de latin ou de mathé­ma­tiques. Une seule condi­tion : savoir uti­li­ser un ordi­na­teur de manière usuelle (orga­ni­ser les fichiers, les sau­ve­gar­der au bon endroit...).

Comment débu­ter avec le TNI et par quel type d'utilisation ?

Je conseille de com­men­cer par une uti­li­sa­tion simple, de l'utiliser comme un tableau blanc tra­di­tion­nel. Et puis, petit à petit, d'ajouter des docu­ments, en met­tant des éléments en évidence. Ensuite, il est pos­sible de mêler des exer­cices inter­ac­tifs. Ce qui bloque c'est la peur de l'erreur. Il faut accep­ter de ne pas tout maî­tri­ser d'un seul coup ! Certes l'utilisation d'un TNI demande au départ plus de temps de pré­pa­ra­tion, mais il faut accep­ter d'en perdre pour en gagner ensuite.

Charles Centofanti

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Vos réactions :

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Boulu
le 6 février 2013

Je me rap­pelle m'être inté­ressé à ce tableau il y a quelques années de ça. Il y avait un col­lègue, ( il y en a tou­jours un dans chaque école) féru d' "infor­ma­tique". J'avais apporté une clé USB avec une chan­son que je me pro­po­sais de faire apprendre à mes élèves. Le col­lègue avait insisté pour que j'affiche les paroles de la chan­son au tableau. Pourquoi pas ? Il se pro­posa donc de m'enseigner la démarche à suivre. Bref... La chan­son est appa­rue sur le tableau au bout de 17 clics de sou­ris et d'un bon quart d'heure de mani­pu­la­tions diverses et variées.

Ça m'a calmé. Vu mon âge, définitivement.

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Nicolote
le 10 février 2013

Moi, j'adorerais avoir un TBI dans ma classe et cela fait des années que j'en rêve. Mais pour des rai­sons bud­gé­taires muni­ci­pales, ça traîne... L'égalité répu­bli­caine est une uto­pie : il faut déjà admettre le constat que les com­munes ne font pas les mêmes inves­tis­se­ments dans les écoles ! Dont celui de l'équipement numérique !

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