19.10.2012
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Yves Durand : « chaque enseignant doit pouvoir évoluer au fil de sa carrière »

Dans le cadre de la grande concer­ta­tion lan­cée par le ministre Vincent Peillon et du rap­port visant à refon­der l'école, le député (PS) du Nord Yves Durand a pré­sidé le groupe de tra­vail sur la for­ma­tion des ensei­gnants. Entretien.

Yves Durand député PS NordQuels seront les prin­ci­paux chan­ge­ments dans la for­ma­tion des ensei­gnants à la ren­trée 2013 ?

La grande nou­veauté c'est que nous allons réta­blir une for­ma­tion des ensei­gnants qui avait été sup­pri­mée avec la réforme de la « mas­té­ri­sa­tion » [qui a eu pour effet de recru­ter les ensei­gnants non plus à bac+3 mais à bac +5, ndlr]. Ils seront recru­tés en mas­ter mais ils auront une vraie for­ma­tion qui pour­rait com­men­cer dès la licence, avec des stages pratiques.

Au sein du groupe de tra­vail que vous avez pré­sidé, sur quels points n'êtes vous pas par­venu à un consensus ?

Le prin­ci­pal point de désac­cord a porté, en par­ti­cu­lier, sur la date du concours. Certains membres du groupe de tra­vail pro­po­saient la fin du Master 1, d'autres la fin du M2... Ce sera au ministre de l'Education de tran­cher.

Vous pré­co­ni­sez une « for­ma­tion conti­nue obli­ga­toire » pour les ensei­gnants qui ne doit pas se limi­ter à « la connais­sance d'une seule dis­ci­pline » : jusqu'où doit aller cette polyvalence ?

Il ne s'agit pas de poly­va­lence à pro­pre­ment par­ler, mais d'une for­ma­tion qui ne com­pren­dra pas uni­que­ment des cours dis­ci­pli­naires mais aussi des cours didac­tiques, avec par exemple une sen­si­bi­li­sa­tion à la psy­cho­lo­gie de l'enfant. Pour être clair, on conserve la poly­va­lence actuelle des pro­fes­seurs des écoles et on ne touche pas à la mono­va­lence des ensei­gnants du secondaire.

En quoi consiste le « par­cours per­son­nel » que vous pro­po­sez pour chaque enseignant ?

Il faut que la for­ma­tion ini­tiale soit suf­fi­sam­ment large pour per­mettre à un ensei­gnant de ne pas être can­tonné aux cours devant la classe. Il sera désor­mais pos­sible d'être formé aux métiers de l'éducation : conseiller d'orientation, for­ma­teur, ins­pec­teur, chef d'établissement ou encore res­pon­sable de l'enseignement au sein d'une grande col­lec­ti­vité ter­ri­to­riale. Il est néces­saire que chaque ensei­gnant puisse avoir la pos­si­bi­lité d'évoluer au fil de sa carrière.

Quelles sont les dif­fé­rences entre les futures « ESPE », ces Ecoles supé­rieures du pro­fes­so­rat et de l'éducation qui ouvri­ront à la ren­trée 2013, et les IUFM ?

Les IUFM étaient des ins­ti­tuts étroi­te­ment liés à l'université. Depuis la loi LRU sur l'autonomie des uni­ver­si­tés, ils n'avaient pas de bud­get flé­ché et pro­po­saient uni­que­ment une for­ma­tion uni­ver­si­taire. Si la loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion de l'école [qui doit être pré­sen­tée le 12 ou le 19 décembre en conseil des ministres, ndlr] passe, nous pro­je­tons de for­mer à tous les métiers de l'éducation. Les ESPE seront ins­tal­lées au sein des uni­ver­si­tés, tout en étant auto­nomes, comme une école d'ingénieur qui dis­pose d'un bud­get propre.

Pour pal­lier la crise du recru­te­ment des ensei­gnants, il est envi­sagé d'organiser un pré-recrutement en M1 voire en 2ème année de licence. N'y a-t-il pas un risque de recru­te­ment au « rabais » ?

Pas du tout. Le pré-recrutement a déjà existé. C'est un contrat entre l'Etat et les jeunes qui se des­tinent aux car­rières de l'enseignement. Il s'adresse aux jeunes qui n'ont pas beau­coup de moyens finan­ciers et qui, de fait, sont exclus du dis­po­si­tif de recru­te­ment. L'idée sera de leur dire : on vous octroie une bourse, d'environ 900€ par mois, et dans le même temps vous vous enga­gez à pré­pa­rer les concours de l'Education. Il ne s'agit en aucun cas de les mettre devant des classes avant les autres, mais d'un enga­ge­ment à pas­ser le concours en contre­par­tie d'une aide financière.

Charles Centofanti

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chris
le 19 octobre 2012

est-ce un enga­ge­ment à "pas­ser le concours" ou à le réus­sir et à ensei­gner pen­dant un cer­tain nombre d'années comme cela exis­tait pour les EN autre­fois?... l'esprit me semble bon...

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Alba59
le 20 octobre 2012

Je trouve tout à fait inté­res­sant de mettre les sta­giaires qui se des­tinent à l'enseignement dans cette situa­tion contrac­tuelle, j'irai même plus loin, aujourd'hui per­son­nel de direc­tion, j'ai été sur­veillante d'externat pour pré­pa­rer le concours CPE quoi de mieux pour pré­pa­rer un concours que de connaître la réa­lité du fonc­tion­ne­ment d'un EPLE?
Aujourd'hui, je recrute essen­tiel­le­ment des jeunes qui se des­tinent au métier d'enseignant et c'est plu­tôt effi­cace pour eux (rap­port aux ados, ges­tion de classe, conscience de la sécu­rité etc...) et pour nous car ils se sentent enga­gés dans la vie du col­lège (aide aux devoirs, ani­ma­tion de clubs etc...) Gagnant, gagnant

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gigi
le 20 octobre 2012

"une sen­si­bi­li­sa­tion à la psy­cho­lo­gie de l'enfant" ??? En quoi cette infor­ma­tion déjà don­née en for­ma­tion ini­tiale et dont on connaît les limites (!!!) peut-elle ser­vir la for­ma­tion conti­nue ? C'est mécon­naître com­plè­te­ment les besoins "pro­fes­sion­nels" des ensei­gnants. On a l'impression de reve­nir 40 ans en arrière. Il fau­drait pen­ser à évoluer un peu et être en phase avec les connais­sances que pro­duisent les recherches actuelles dans le domaine de la didactique !!

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abauza-canellas
le 16 novembre 2012

Alors que la plu­part des pays euro­péens qui ont des ensei­gnants fai­sant fonc­tion de conseiller d'orientation font machine arrière, ayant après expé­rience perçu la com­plexité de ce métier à part entière, voilà que le PS reprend cette vieille idée d'arrière-garde. Pitié, on attend un peu plus de hauteur !

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