15.10.2012
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Des chefs d'établissement submergés par l'administratif

Proviseurs de lycées, prin­ci­paux de col­lèges et direc­teurs d'écoles déplorent des sol­li­ci­ta­tions admi­nis­tra­tives inces­santes, qui pèsent sur le pilo­tage péda­go­gique. Pour de nom­breux chefs d'établissement, chaque jour est devenu une course contre la montre. Témoignages.
Des réunions qui s'enchaînent, sous une ava­lanche d'e-mails et de coups de fil... C'est ainsi que les pro­vi­seurs, prin­ci­paux et direc­teurs d'école décrivent leur emploi du temps. « On court après le temps ! », témoigne Yann Demaye, pro­fes­seur des écoles et direc­teur d'une petite école dans l'Aisne. Avec deux classes sous sa res­pon­sa­bi­lité, il n'a le droit à aucune décharge horaire, hor­mis deux jours à la ren­trée qui lui servent à pré­pa­rer les élec­tions de parents d'élèves et le bilan comp­table. Il doit donc gérer sa classe et le quo­ti­dien de l'établissement. « Ce qui est rébar­ba­tif, c'est le nombre d'enquêtes auquel nous devons répondre par e-mail. Résultat : il m'arrive de devoir res­ter plus tard ou de reve­nir le mer­credi ou le samedi matin. Ce qui passe avant tout, c'est ma classe. Le reste, je le remets à plus tard. L'idéal serait d'avoir une demi-journée de décharge. » Jacques Lanfranchi est quant à lui direc­teur d'une école de 15 classes et d'une CLIN (Classe d'initiation pour non– fran­co­phones) à Pontault-Combault (Seine-et-Marne), soit 380 élèves. Il béné­fi­cie d'une décharge com­plète : « Quand on a sa classe à gérer et l'école, on se retrouve vite confronté à des choix. Je n'ai plus ce dilemme. » Néanmoins, il dit avoir vu ses condi­tions d'exercice se dégra­der : « la sup­pres­sion des cours le samedi matin a été dom­ma­geable car c'était un moment pri­vi­lé­gié de la vie de l'école, qui per­met­tait de ren­con­trer les parents et d'animer des conseils d'élèves. »

Jacques Lanfranchi déplore, lui aussi, une hausse des tâches admi­nis­tra­tives : « l'académie nous demande des enquêtes pour la veille », ironise-t-il. Des ques­tion­naires por­tant, par exemple, sur l'aide per­son­na­li­sée ou les langues vivantes. Sans par­ler de la « base élèves » qu'il faut rem­plir... « Je par­viens encore à tout faire mais pas tou­jours dans les délais. Et j'ai la chance d'exercer dans une école tran­quille... Il y a 10 ans, le 25 sep­tembre j'avais ter­miné les prin­ci­pales tâches admi­nis­tra­tives liées à la ren­trée. Cette année, je ne suis pas sûr d'avoir fini à la Toussaint. »

« On saute du coq à l'âne »

Dans l'enseignement secon­daire, l'administratif est égale­ment devenu chro­no­phage. « Les pertes d'effectifs dans les rec­to­rats et l'informatisation ont généré le trans­fert de nou­velles mis­sions dans le désordre », déplore Philippe Tournier, secré­taire géné­ral du syn­di­cat des per­son­nels de direc­tion SNPDEN et pro­vi­seur du lycée Victor-Duruy à Paris (7e). « Nous fai­sons l'objet d'un déver­se­ment continu de demandes du rec­to­rat et des ser­vices... C'est très enva­his­sant. Le drame c'est que les urgences sont noyées au milieu de demandes secon­daires. » Selon lui, chaque jour est une « aven­ture » : « hor­mis les réunions pla­ni­fiées, on saute du coq à l'âne sans arrêt. » Avec une han­tise : devoir pal­lier l'absence d'un ensei­gnant. Comment faire dans de telles condi­tions ? « Un bon pro­vi­seur doit être mul­ti­tâche, reconnu comme le lea­der de la com­mu­nauté, qui ne passe pas son temps à satis­faire toutes les demandes. Le plus impor­tant reste le pilo­tage péda­go­gique. On n'est pas dans le cock­pit d'un avion, il y a des tas de fausses urgences qu'il faut savoir trai­ter comme telles ! »

Charles Centofanti

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rosedesavoie
le 16 octobre 2012

Les chefs d'établissement ne parlent jamais des petites mains qui sont dans les bureaux d'à côté. Pourtant nous sommes sou­vent consi­dé­rées comme leur pro­priété, "ma secré­taire", ma chose... Nous don­nons beau­coup de notre temps pour déchar­ger nos chefs d'établissement. Pour nous aussi c'est une aven­ture, or nous n'avons pas les mêmes salaires...
Messieurs et mes­dames les chefs d'établissement, pen­sez un peu à vos secrétaires !

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Boulu
le 18 octobre 2012

Je crois que beau­coup de direc­teurs d'école veulent faire leur tra­vail de direc­teur pen­dant le temps sco­laire. Alors, bien sûr, ils n'y arrivent pas. Ils oublient peut-être qu'ils sont payés pour ce tra­vail. Comme si un ensei­gnant vou­lait pré­pa­rer sa classe avec ses élèves pré­sents devant lui. C'est impos­sible. Un bon dirlo doit res­ter tra­vailler après sa classe. Normal.

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doha1696
le 19 octobre 2012

Bonjour, je ne peux que sous­crire à ce qui est écrit ici... Depuis 2004, année où j'ai "com­mencé" en tant que Principal Adjoint, j'ai vu chaque année la tâche de tra­vail aug­men­ter sans tou­jours com­prendre le pour­quoi de cer­taines demandes ins­ti­tu­tion­nelles. Le DNB est l'exemple même de toute l'incohérence qui règne en haut lieu, un doux mélange de plein de choses qui ne vont pas ensemble... En atten­dant, nous payons l'addition au quo­ti­dien, cohé­sion ? inté­rêt ? Il me semble que nous pas­sons par ailleurs très sou­vent à côté de l'essentiel : l'intérêt des gamins et leur réus­site à TOUS !

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Proviseur aussi
le 19 octobre 2012

Le contenu de l'article est inté­res­sant, tou­te­fois j'aimerai rap­pe­ler ici que le SNPDEN n'est pas le syn­di­cat des per­son­nels de direc­tion. Il en existe plu­sieurs, notam­ment le syn­di­cat Indépendance et Direction (ID-FO) la pré­ci­sion semble néces­saire afin de ne pas trans­mettre une infor­ma­tion erronée

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Frankie
le 19 octobre 2012

Les pauvres! On va les plaindre! Ils peuvent tou­jours chan­ger de métier (ah! la si recher­chée "recon­nais­sance sociale" et l'accès à la "nota­bi­lité" dans la com­mune!) Sujet tabou en France : les chefs d'établissements qui ne sont PAS à leur place: incom­pé­tence, esprit de division,incapacité à conduire une réunion, absence totale de vision et encore moins de poli­tique éduca­tive... J'en connais, pour­tant évalué(e)(s) comme "excellent"(e)(s) par leur hié­ra­chie. De qui se moque-t-on?

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gibus
le 20 octobre 2012

Le pro­blème vient de la hié­rar­chie qui demande aux admi­nis­tra­tifs... de l'administratif. C'est le moyen que la hié­rar­chie a trouvé pour jus­ti­fier sa fonc­tion... hié­rar­chique ! On tourne en rond et on marche sur la tête. Espérons que la nou­velle loi d'orientation s'attaque à ce fléau qui devient inquié­tant car il met à mal ce pour quoi l'école est faite : ins­truire, éduquer, for­mer (et pas rem­plir de la pape­rasse aussi épui­sante qu' inefficace !!!)

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dédé
le 20 octobre 2012

Dans l'enquête syn­di­cale citée, la moti­va­tion finan­cière pour la fonc­tion de directeur(trice) d'école n'est jamais citée !! Etonnant, non ?

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Lilas
le 21 octobre 2012

Je suis d'accord avec ce qui est dit.
CPE dans un lycée, je vois très bien com­ment de nom­breuses tâches dévo­lues aupa­ra­vant aux Rectorats se sont retrou­vées attri­buées aux établis­se­ments. Il n'y a en effet pas que les chefs d'établissements qui en souffrent mais tous les per­son­nels. Dans mon établis­se­ment, tous nous sommes très moti­vés par nos mis­sions mais com­plè­te­ment débor­dés, à cou­rir après le temps conti­nuel­le­ment et à pen­ser à tout en même temps.
Dans mon établis­se­ment, le CE demande aux secré­taires beau­coup plus que ce qu'elles sont cen­sées faire, à elles revient de faire pen­ser au CE ce qu'il doit faire, pour prendre ensuite en charge une grande par­tie de son tra­vail ! c'est le monde à l'envers ! et ces per­son­nels sont tota­le­ment sous-payés au regard des ser­vices ren­dus. Actuellement, elles sont au bord de la dépres­sion, par­fois en larmes, aucu­ne­ment recon­nues.
Par ailleurs, sans arrêt des réunions orga­ni­sées pour telle ou telle chose (orien­ta­tion, mise en place et suivi de la réforme, liai­son avec les col­lèges etc .... ) alors bien sûr, on y dis­cute beau­coup, les idées foi­sonnent et au retour qui ? com­ment les met-on en oeuvre ? avec quels moyens ? quel TEMPS ????
Les élèves dans tout cela ? étrange; dans ma réponse, je n'en ai pas encore parlé !

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Quel foutoir !
le 22 octobre 2012

L'article est tel­le­ment dra­ma­ti­que­ment vrai ! Ce minis­tère est vrai­ment devenu "du n'importe quoi" depuis quelques décen­nies ! Les chefs d'établissement et direc­teurs sont pres­sés comme des citrons. Ils devraient être par­tout sur tous les fronts. Ils deviennent otages et vic­times d'un sys­tème qui perd la tête ! Quant à la réac­tion de "Boulu"... ça aussi c'est du n'importe quoi !

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Manu
le 22 octobre 2012

Je sou­haite répondre à Boulu :
J'ai comp­ta­bi­lisé mes heures consa­crées à la direc­tion d'école et les ai rap­pro­ché de leur rému­né­ra­tion : je gagne 10 fois plus à être ensei­gnant qu'à être direc­teur ! Compte-tenu des res­pon­sa­bi­li­tés et de la conscience pro­fes­sion­nelle que la fonc­tion demande, je dis que le métier de direc­teur est presque du béné­vo­lat, ce qui n'est pas nor­mal du tout !

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DALFRED
le 22 octobre 2012

Je suis Principal d'un col­lège de 400 élèves et sans adjoint, pour réus­sir à tout faire, je suis au bureau dès 7h00 le matin et très sou­vent jusqu'à 18h30 le soir et beau­coup plus tard lors des Réunions Parents Professeurs, CA, et autres... Heureusement que j'ai une secré­taire, pour m'aider dans les dif­fé­rentes dates, car il arrive sou­vent que l'on nous demande une enquête aujourd'hui pour "hier" et que 2 jours plus tard un autre ser­vice demande presque la même chose, il n'y a aucune cohé­sion entre les ser­vices. Quant à Franckie, je viens du privé et ce n'est cer­tai­ne­ment pas mieux, mais mon choix c'est de voir réus­sir le maxi­mum d'élèves, et des rai­son­ne­ments comme celui que vous avez ne construisent rien du tout, c'est dom­mage ! Notre ave­nir passe par l'Ecole si nous vou­lons un Pays qui puisse s'en sortir

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Val
le 24 octobre 2012

@Boulu :
Je suis direc­trice d'école de 8 classes et n'ai qu'une jour­née de décharge : ce qui est insuf­fi­sant ! Je dois faire pas mal de tra­vail admi­nis­tra­tif à la mai­son. C'est vrai que nous sommes payés pour assu­rer la direc­tion, mais cette indem­nité est déri­soire par rap­port aux demandes de l'administration. Alors atten­tion aux dérives !!

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lecteur
le 24 octobre 2012

@Boulu :
Le direc­teur est certes payé pour cela, mais l'indemnité de direc­tion cor­res­pond à un taux horaire bien en des­sous du SMIC par rap­port au nombre d'heures que la fonc­tion demande. Il s'agit donc bien de bénévolat !

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