12.10.2012
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Bruno Benoit : "en dessous de 5h d'histoire en série S, pas de discussion possible"

Sauf sur­prise, l'histoire-géographie rede­vien­dra obli­ga­toire à la ren­trée 2013 en ter­mi­nale S, après avoir été relé­guée au rang d'option depuis un an. Un allè­ge­ment du pro­gramme est prévu cette année pour les élèves de pre­mière S, qui pas­se­ront encore une épreuve tran­si­toire en juin 2013. Entretien avec Bruno Benoit, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs d'histoire géo­gra­phie (APHG) et ensei­gnant à Sciences Po Lyon.
Bruno Benoit

Bruno Benoit

Dès la ren­trée 2013, l'histoire-géographie sera de nou­veau obli­ga­toire en Terminale S : êtes-vous satisfait ?

Oui car en 2011, nous nous sommes oppo­sés à ce que cet ensei­gne­ment devienne facul­ta­tif. L'an der­nier, nous avons constaté que l'option n'était pas tou­jours pro­po­sée en ter­mi­nale S et qu'elle néces­si­tait par­fois des regrou­pe­ments d'établissements... Lors de nos états géné­raux, en jan­vier 2012, nous avons tapé du poing sur la table et c'est sans doute cela qui a déclen­ché un enga­ge­ment ferme pour réta­blir l'histoire géo. Un point d'interrogation demeure sur le volume horaire, en pre­mière et ter­mi­nale S. A priori, ce ne sera pas 6h par semaine pour des rai­sons bud­gé­taires et de pres­sions notam­ment des matières scien­ti­fiques, mais plu­tôt comme avant la réforme Châtel, entre 5h et 5h30. En tout cas, en des­sous de 5h, nous rom­prons toute discussion !

L'épreuve du bac 2013 aura lieu en fin de Première, puisque les élèves ont déjà com­mencé les cours : des amé­na­ge­ments vous paraissent possibles ?

Le pro­gramme actuel d'histoire a été rédigé avec une vision très "sciences po Paris", c'est-à-dire très ambi­tieuse sur le plan his­to­rique. Mais ce pro­gramme jongle entre les événe­ments sans res­pec­ter la chro­no­lo­gie. Un des grands scan­dales aura été d'aborder la Seconde Guerre mon­diale avant la mon­tée des tota­li­ta­rismes et du nazisme. Et si l'on se fie au pro­gramme, l'histoire de France s'arrête en 1962, au réfé­ren­dum sur l'élection du pré­sident de la République au suf­frage uni­ver­sel direct.

Nous avons donc pro­posé des amé­na­ge­ments et le pro­gramme d'histoire a été relooké, avec plu­sieurs cha­pitres sup­pri­més et une remise en ordre chro­no­lo­gique. Le pro­gramme de géo­gra­phie n'a été que légè­re­ment modi­fié. Ces chan­ge­ments doivent bien­tôt paraître au bul­le­tin offi­ciel afin que les ensei­gnants puissent en tenir compte. Un mois après la ren­trée, c'est jouable.

Comment les ensei­gnants d'histoire-géographie accueillent-ils ce changement ?

Positivement ! Ils étaient com­plè­te­ment débous­so­lés par le pro­gramme actuel. Lequel sup­po­sait que les élèves soient capables de recoudre des mor­ceaux d'histoire. En revanche, les parents voient d'un mau­vais œil le retour de l'histoire-géo obli­ga­toire en ter­mi­nale S. J'aimerais ren­con­trer le pré­sident de la FCPE pour ten­ter de com­prendre cette posi­tion. Selon moi, n'importe quel élève de ter­mi­nale S a besoin de l'histoire-géo pour s'insérer dans la société.

Les manuels sco­laires sont égale­ment cri­ti­qués... Peut-on encore faire de bons cours d'histoire et de géographie ?

En toile de fond du remo­de­lage du pro­gramme, il y a le lobby des éditeurs qui ne veulent pas que l'on range trop tôt leurs manuels. Malgré cela, bien sûr que l'on peut faire de bons cours ! Mais le minis­tère doit remettre rapi­de­ment en place la for­ma­tion des ensei­gnants. Il faut que les jeunes profs aient une solide pré­pa­ra­tion péda­go­gique et que leurs cours collent au quo­ti­dien. Pour abor­der la situa­tion en Syrie, par exemple, on ne doit pas hési­ter à évoquer les trai­tés signés en 1914, à l'origine poten­tielle de la situa­tion actuelle. On doit être dans une pos­ture de décryp­tage du monde plu­tôt que d'accumulation des savoirs.

Le pro­gramme à l'école pri­maire est-il plus cohérent ?

Non, là aussi l'histoire est davan­tage mal­me­née que la géo­gra­phie, pour des rai­sons poli­tiques et idéo­lo­giques. Entre le CE2 et le CM2, le pro­gramme frac­tionne l'histoire. On mélange le passé et le pré­sent, ce qui déforme la réa­lité du temps. Le minis­tère nous a témoi­gné de sa volonté de revoir le pro­gramme d'ici la fin du man­dat. C'est un com­bat impor­tant, mais de longue haleine.

Charles Centofanti

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fred
le 12 octobre 2012

Dommage, enfin on pou­vait envi­sa­ger des TS qui soient un peu moins bra­qués sur le Bac et on pou­vait même envi­sa­ger la sup­pres­sion de la philo (rap­pe­lons que la France est le seul pays à pro­po­ser de la philo en Terminale par­ti­cu­liè­re­ment en Term Scientifique) ! Une occa­sion de gâchée mais la cote­rie des his­to­riens est sur­ement plus en cour avec le PS qu'avec l'UMP... Quand on pense que des TS n'ont jamais pro­grammé de leur vie, qu'ils parlent anglais comme des vaches espa­gnoles mais qu'ils seront cer­tai­ne­ment très forts en HG et en Philo, on rêve ! Bienvenue au 19e siècle...

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Lna
le 13 octobre 2012

J'aurais bien aimé que ceux qui se sont insur­gés contre la mise en place de l'épreuve anti­ci­pée d'histoire/geo des ter­mi­nales S, aient réagi aussi vive­ment à la situa­tion des ter­mi­nales STI qui passent égale­ment l'épreuve d'hitoire/geo en fin de pre­mière !
Mais là, il s'agit des enfants des autres, des moins favo­ri­sés, et tout le monde s'en fiche y com­pris l'APHG!

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