10.09.2012
1 réaction

Premiers pas délicats pour les enseignants stagiaires

Des mil­liers de pro­fes­seurs débu­tants ont effec­tué leur ren­trée, lundi der­nier, avec une nou­veauté cette année : une décharge de 3h heb­do­ma­daires pour se for­mer et pal­lier l'année de stage sup­pri­mée par le pré­cé­dent gou­ver­ne­ment. VousNousIls est allé à leur rencontre.

Pete/Flickr

Le ministre Vincent Peillon avait annoncé des mesures d'urgence : pas de profs débu­tants en classe de CP, des moyens sup­plé­men­taires avec la créa­tion de 1000 postes dans le pri­maire et l'instauration d'une for­ma­tion de 3h par semaine pour les ensei­gnants sta­giaires, épau­lés par un tuteur. Promesse glo­ba­le­ment tenue mais qui ne per­met pas de dis­si­per tous les doutes des ensei­gnants non expérimentés.

Elise (1), pro­fes­seur des écoles sta­giaire en Seine-et-Marne, est en charge d'une classe de moyenne sec­tion à la mater­nelle au sein d'une école clas­sée en ZEP. Malgré « une petite angoisse », sa ren­trée s'est « très bien » dérou­lée : « elle était conforme à ce que j'imaginais. Ma prin­ci­pale crainte est de savoir si je vais réus­sir à trans­mettre mes connais­sances à une classe de 26 élèves avec beau­coup de familles étran­gères qui ne parlent pas for­cé­ment fran­çais. » Elle ajoute : « je me suis sen­tie accom­pa­gnée. Une col­lègue m'a même invi­tée chez elle la veille de la ren­trée pour me mon­trer com­ment orga­ni­ser la classe et gérer un emploi du temps. Il ne me reste qu'à ren­con­trer mon maître for­ma­teur cette semaine ! » Comme les autres débu­tants, Elise a béné­fi­cié d'une semaine de pré­pa­ra­tion, à l'IUFM, incluant une for­ma­tion accé­lé­rée à la prise en charge d'une classe. Elle insiste sur l'importance du réta­blis­se­ment d'une vraie for­ma­tion avec des stages devant élèves : « la pra­tique est indis­pen­sable, elle per­met de savoir pré­pa­rer une séquence, de la modu­ler en fonc­tion des pro­fils, d'apprendre à gérer le rap­port aux parents inquiets... »

« Des élèves ne savaient pas tenir leur stylo »

Mathilde figu­rait sur la liste com­plé­men­taire et a appris fin juin qu'elle était prise grâce au recru­te­ment des 1000 ensei­gnants dans le pri­maire. Elle hérite d'une classe de CE1 de 23 élèves en Basse-Normandie. Son pre­mier jour, elle ne l'a pas vécu comme un saut vers l'inconnu : « j'ai eu la chance de faire un mas­ter 2 en alter­nance l'an der­nier et d'avoir une jour­née de stage par semaine toute l'année. Heureusement, car il me manque cer­taines astuces ! Le pre­mier jour, j'ai constaté que plu­sieurs élève ne savaient pas tenir leur stylo. Ça paraît ano­din mais je n'y étais pas pré­pa­rée, j'ai dû com­po­ser. Je me serais retrou­vée en mater­nelle, j'aurais eu des pro­blèmes ne sachant pas com­ment les accueillir. »

Même ambiance, tein­tée d'appréhension dans le second degré. Cécile est agré­gée d'EPS dans un lycée en Essonne. « Avant la ren­trée, j'avais eu la chance de faire quelques stages mais je ne m'étais jamais retrou­vée seule devant les élèves. J'enseigne à sept classes dif­fé­rentes, avec 2h de cours par semaine pour cha­cune », précise-t-elle. Sa prin­ci­pale crainte ? « Bien qu'ayant un tuteur dans mon établis­se­ment, je redoute de ne pas par­ve­nir à mettre en place mes acti­vi­tés, d'être obli­gée de faire de la dis­ci­pline, d'autant qu'ils sont 35 par classe. » Cécile le dit tout net : « la ges­tion de classe était absente de la for­ma­tion ! » Pour y remé­dier, Vincent Peillon pro­met des stages plus nom­breux et mieux enca­drés dès sep­tembre 2013.

Charles Centofanti

Note(s) :
  • (1) Les prénoms ont été modifiés

Vous souhaitez réagir sur cet article :

Open-close

Modération par la rédaction de VousNousIls.

Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Vos réactions :

Open-close
boite crânienne
le 14 septembre 2012

La décharge de 3 heures ne s'applique pas aux lau­réats qui étaient profs contrac­tuels pen­dant les 2 années de leur mas­ter. La preuve : ma belle fille à Lyon. Ils ont été péna­li­sés par l'incurie de l'université à conce­voir une évalua­tion adap­tée à ces étudiants hors normes et à leur pré­voir un amé­na­ge­ment d'horaire. Côté lycée, même chose : pas d'aménagement des heures de cours pour se rendre dis­po­nible aux heures de cours de la fac. Ils se sont inves­tis sur 2 fronts à la fois : le mas­ter et le concours pour, au final, être dis­pen­sés de stage. Ils écopent donc de 3 heures de cours qui deman­de­ront sans doute quelques minutes de pré­pa­ra­tion. Mais c'est bien sûr : c'est ça la solu­tion pour une for­ma­tion de qua­lité. Bon cou­rage aux can­di­dats à l'apprentissage.

Signaler

1 réaction