07.09.2012
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Catherine Gaudy : "un dialogue clair et transparent avec les enseignants"

Nommée le 4 juillet, Catherine Gaudy suc­cède à Josette Théophile au poste de DRH des minis­tères de l'Education natio­nale, de l'Enseignement supé­rieur et de la Recherche. Administratrice de l'INSEE, Catherine Gaudy a tra­vaillé au sein de la direc­tion du bud­get du minis­tère des finances ainsi qu'aux affaires finan­cières de l'Education natio­nale. Depuis octobre 2010, elle était adjointe au direc­teur géné­ral pour la Recherche et l'Innovation. Entretien.

Quel est votre état d'esprit, quelques jours après votre pre­mière ren­trée sco­laire à ce poste ?

Je suis vigi­lante et enthou­siaste à l'idée de par­ti­ci­per à des réformes impor­tantes visant à réus­sir le chan­ge­ment annoncé : la refon­da­tion de l'école.

Comment comptez-vous diri­ger les res­sources humaines de l'Education natio­nale, soit envi­ron 850 000 enseignants ?

Mon rôle est de mettre en œuvre la poli­tique déci­dée par le gou­ver­ne­ment. Je vais devoir pro­cé­der à la fois aux recru­te­ments afin de pour­voir les besoins de l'Education natio­nale et, aussi, m'attacher à refon­der la for­ma­tion des ensei­gnants. Je sou­haite atteindre les objec­tifs fixés par le ministre, en veillant à répondre aux aspi­ra­tions des ensei­gnants, ce qui passe par l'instauration d'un dia­logue clair, trans­pa­rent et construc­tif. Dans mes déci­sions, je m'attacherai au sort de chaque indi­vidu, même si la ges­tion per­son­na­li­sée relève davan­tage des établis­se­ments sco­laires et des rectorats.

Quelles mesures avez-vous déjà prises en matière de recru­te­ment et quels sont vos chan­tiers prioritaires ?

Plusieurs mesures ont déjà été lan­cées, notam­ment le recru­te­ment d'un mil­lier de pro­fes­seurs des écoles à la ren­trée. D'autres moyens vont suivre pour ren­for­cer les aca­dé­mies : 100 conseillers prin­ci­paux d'éducation, 2000 assis­tants d'éducation et envi­ron 500 assis­tants char­gés de pré­ven­tion et de sécu­rité (APS) seront accor­dés. Il a égale­ment été décidé que, dès cette année, les ensei­gnants sta­giaires béné­fi­cient de 3h de décharge heb­do­ma­daire, soit 1/6e de leur temps de ser­vice, afin d'exercer dans de meilleures condi­tions. Auparavant, ils débu­taient à plein temps deux mois après avoir décro­ché le concours.

Pour la ren­trée 2012/2013, l'un des mes chan­tiers prio­ri­taires est de tra­vailler sur la réforme de la for­ma­tion des pro­fes­seurs : une année tran­si­toire est à pré­voir lors des pro­chains concours. Le dis­po­si­tif des emplois d'avenir pro­fes­seur (réservé aux étudiants en 2e année uni­ver­si­taire sur cri­tères sociaux) devrait être opé­ra­tion­nel en jan­vier 2013. Et, bien sûr, je suis avec atten­tion la grande concer­ta­tion ensei­gnante qui a lieu en ce moment. Il ne s'agit donc pas d'une liste de pro­jets figés !

706 postes sont res­tés vacants lors de la der­nière ses­sion du Capes : y a-t-il un risque de pénurie ?

On ne peut pas par­ler de pénu­rie. Il y a de nom­breux can­di­dats au concours mais il existe des dif­fi­cul­tés de recru­te­ment dans cer­taines dis­ci­plines du second degré, telles que les mathé­ma­tiques, l'anglais et les lettres clas­siques. 22 000 postes sup­plé­men­taires seront ouverts au pro­chain concours public et privé des pro­fes­seurs. Nous n'aurons pas de pro­blème à les pour­voir puisque plu­sieurs indi­ca­teurs me per­mettent d'être rai­son­na­ble­ment opti­miste : nous enre­gis­trons notam­ment +10% d'inscrits et +16% en mathématiques.

Comment allez-vous gérer le dos­sier des rem­pla­ce­ments d'enseignants ?

C'est une pré­oc­cu­pa­tion majeure car ce dos­sier touche à la conti­nuité du ser­vice public. Pour l'enseignement du pre­mier degré, des moyens signi­fi­ca­tifs sont consa­crés et notre effi­ca­cité est très bonne. La situa­tion d'élèves sans pro­fes­seur est très excep­tion­nelle et les 1000 postes crées à la ren­trée ne peuvent qu'améliorer les choses. Dans le second degré, la situa­tion est plus com­plexe du fait de l'existence de 130 dis­ci­plines. Malgré tout, au regard de l'année sco­laire 2011–2012, nous consta­tons un taux d'efficacité satis­fai­sant. Pour 2012–2013, il devrait res­ter à un niveau au moins aussi cor­rect, avant une amé­lio­ra­tion puisqu'à par­tir de 2013 nous aug­men­tons le nombre de postes au concours.

Envisagez-vous de mettre en place un baro­mètre social de l'Education nationale ?

Ma réflexion n'est pas tran­chée. Je dis­pose déjà de remon­tées des cadres hié­rar­chiques, qui ne se privent pas de me four­nir des notes d'ambiance sur le ter­rain. Je consulte les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et je conti­nue­rai à les voir car il s'agit d'un bon relais d'opinion quant aux attentes des pro­fes­seurs. Je ne suis donc pas convain­cue par la per­ti­nence d'un troi­sième ins­tru­ment de mesure.

Charles Centofanti

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alain augé
le 8 septembre 2012

"La situa­tion d'élèves sans pro­fes­seur est très excep­tion­nelle". On se fout du monde !! L'absence des profs peut se chif­frer (au plus bas) à 2 h par semaine. En 13 ans (dès la grande sec­tion jusqu'au Bac), à rai­son de 26 h par semine, un élève aura perdu 1 an de for­ma­tion ! ((2 x 13) / 26) C'est lamen­table.
D'autant plus que la cir­cu­laire Robien impose aux établis­se­ments de se doter d'un vivier de rem­pla­çan­trs pour les petites absences (moins de 15 jours). Va-t'on appli­quer la loi ou faut-il s'en remettre aux tribunaux ?

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