05.09.2012
Aucune réaction

Rentrée 2012 : "certaines mesures vont encore dans le sens du gouvernement précédent" (FSU)

Les syn­di­cats natio­naux Education de la FSU don­naient ce matin leur confé­rence de presse de ren­trée. S'ils se sont réjouis de la réou­ver­ture du dia­logue social, ils ont égale­ment regretté cer­taines déci­sions du nou­veau ministre se rap­pro­chant, selon eux, de la poli­tique du gou­ver­ne­ment sor­tant. Ils ont égale­ment rap­pelé les attentes de la FSU concer­nant la nou­velle loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion pour l'école.
FSU

Bernadette Groison (secré­taire géné­rale FSU), Michel Gonnet (SNPI), Sébastien Sihr (SNUIPP), Jérôme Dammerey (SNUEP)

La FSU tenait ce matin, au len­de­main de la ren­trée sco­laire, une confé­rence de presse à laquelle par­ti­ci­paient tous les repré­sen­tants de ses syn­di­cats natio­naux Education (SNASUB, SNEP, SNES, SNESUP, SNETAP, SNICS, SNPI, SNUEP, SNUIPP, SNUAS FP et SNUPDEN). Bernadette Groison, secré­taire géné­rale, est reve­nue sur les condi­tions de cette ren­trée de tran­si­tion entre les poli­tiques du ministre de l'Education sor­tant Luc Chatel et du nou­veau ministre socia­liste Vincent Peillon. Elle a égale­ment pré­cisé les attentes des syn­di­cats FSU concer­nant les pers­pec­tives à ins­crire dans la nou­velle loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion pour l'école.

Le contexte par­ti­cu­lier de la ren­trée sco­laire 2012

La ren­trée 2012 s'est effec­tuée "dans un meilleur cli­mat" du fait de la réou­ver­ture du dia­logue social avec le minis­tère (par­ti­cu­liè­re­ment dans le cadre de la concer­ta­tion pour la refon­da­tion de l'école), a estimé Bernadette Groison, mais "d'autres mesures auraient pu être prises" par le nou­veau gouvernement, comme l'abandon du Livret per­son­nel de com­pé­tences ou la fin du dis­po­si­tif ECLAIR (Ecoles, col­lèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réus­site). "Avec la prio­rité don­née à l'éducation par le pré­sident, nous atten­dons des signaux forts", a-t-elle annoncé.

Elle a égale­ment déploré que les dif­fi­cul­tés "héri­tées de Luc Chatel" viennent enta­cher le dérou­le­ment de la ren­trée. La secré­taire géné­rale a notam­ment cité le déman­tè­le­ment des RASED et la sur­charge des classes.

L'embauche de 500 APS contestée

Bernadette Groison a égale­ment regretté cer­taines déci­sions du nou­veau ministre, allant "encore dans le sens du gou­ver­ne­ment pré­cé­dent". Elle a par­ti­cu­liè­re­ment dénoncé l'embauche de 500 APS (Assistants char­gés de pré­ven­tion et de sécu­rité), pré­vue avant fin 2012 : "stop au 'mil­le­feuille' où l'on super­pose adultes sur adultes sans tenir compte de ce qui existe déjà !" Selon Hélène Laingui, du SNUAS FP (Syndicat natio­nal uni­taire des assis­tants sociaux de la fonc­tion publique), les mis­sions de ce nou­veau corps de métier empiètent en effet sur celles des assis­tants sociaux dans les établis­se­ments sco­laires. Et "leurs 8 semaines de for­ma­tion ne rem­pla­ce­ront pas les 3 ans d'études obli­ga­toires pour l'obtention du diplôme d'assistant social, a-t-elle déploré. Cela fait des années que nous sommes en sous-effectifs et récla­mons la créa­tion de 500 postes en urgence. Ils ne nous ont jamais été accordés".

Du temps "bana­lisé" pour par­ti­ci­per à la concer­ta­tion sur la refondation

Bernadette Groison a aussi rap­pelé l'enjeu majeur de la future loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion pour l'école : la lutte contre les dif­fi­cul­tés et l'échec sco­laires, grâce à une réflexion menée avec l'ensemble des acteurs dans le cadre de la concer­ta­tion préa­lable ouverte par Peillon début juillet. Cependant, rien "ne peut se faire sans les per­son­nels de l'Education", a-t-elle estimé. C'est pour­quoi la FSU a réclamé à Peillon la "bana­li­sa­tion" dans les établis­se­ments d'un temps consa­cré à la réflexion et aux débats, afin que les per­son­nels éduca­tifs puissent être asso­ciés à la concertation.

Des "attentes fortes" pour la loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion pour l'école

La secré­taire géné­rale de la FSU a égale­ment pré­cisé les axes pro­po­sés par le syn­di­cat pour la future loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion pour l'école :
– la cla­ri­fi­ca­tion de ce qui doit être ensei­gné à l'école, grâce à la créa­tion d'une ins­tance de réflexion et de pilo­tage rela­tive  aux conte­nus des pro­grammes sco­laires.
– la réor­ga­ni­sa­tion de l'éducation prio­ri­taire (carte, cri­tères...)
– l'amélioration de la qua­lité du temps éducatif, en repen­sant l'articulation du temps sco­laire et du temps péri­sco­laire.
– la cla­ri­fi­ca­tion des mis­sions des futurs emplois d'avenir pro­fes­seurs, pour que le temps passé dans l'établissement ne soit pas consa­cré à l'enseignement ou au rem­pla­ce­ment, mais à la décou­verte du métier.
– la reva­lo­ri­sa­tion du salaire des per­son­nels. "Peillon doit pas­ser de l'indignation à l'action", a estimé Bernadette Groison, en réfé­rence à la décla­ra­tion du ministre jugeant qu'il "serait digne de mieux payer les enseignants".

"Nous devons établir un nou­veau pacte éduca­tif, a conclu la secré­taire géné­rale. Cependant, l'école seule ne peut pas tout. D'autres poli­tiques publiques doivent aussi être mises en oeuvre pour pour­suivre l'action des per­son­nels éducatifs."

Elsa Doladille

Vous souhaitez réagir sur cet article :

Open-close

Modération par la rédaction de VousNousIls.

Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Vos réactions :

Open-close
Aucune réaction