05.09.2012
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A quoi vont ressembler les cours de "morale laïque" ?

Le ministre de l'Education natio­nale Vincent Peillon veut mettre en place dès la ren­trée 2013 des cours de "morale laïque" du pri­maire jusqu'au lycée. Cet ensei­gne­ment obli­ga­toire visera à "éman­ci­per les élèves" de tous les déterminismes.

Vincent Peillon sou­haite intro­duire des cours de morale laïque dès 2013 dans les établis­se­ments sco­laires du pri­maire au lycée. Cette thé­ma­tique ne sera pas trai­tée dans le cadre de la concer­ta­tion sur la refon­da­tion, mais dans une "mis­sion de réflexion" paral­lèle nom­mée par le ministre. Si rien n'est encore défi­nif, quelques pistes se dessinent.

Le ministre de l'Education natio­nale a pré­cisé dans une inter­view au JDD qu'il s'agira d'un ensei­gne­ment obli­ga­toire et évalué, ce qui le dis­tingue des ensei­gne­ments civiques actuels.

Mais pour­quoi rem­pla­cer les cours exis­tants d'instruction civique au pri­maire, d'éducation civique au col­lège et d'éducation civique, juri­dique et sociale au lycée par de la morale laïque ? "Ces trois déno­mi­na­tions dif­fé­rentes prouvent le manque de cohé­rence qui carac­té­rise cet appren­tis­sage", explique le cabi­net du ministre dans La Croix. Vincent Peillon sou­haite que cette matière unique "ait une cohé­rence depuis le pri­maire jusqu'à la ter­mi­nale".

Donner aux élèves une liberté de choix totale

Cette matière "plus large" que l'instruction civique devra trans­mettre "une connais­sance des règles de la société, de droit, du fonc­tion­ne­ment de la démo­cra­tie", mais aussi abor­der "toutes les ques­tions que l'on se pose sur le sens de l'existence humaine, sur le rap­port à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heu­reuse ou une vie bonne", et ce afin d'éviter que ces ques­tions soient trai­tées hors de l'école par des "mar­chands" et "inté­gristes de toutes sortes". Elle doit per­mettre aux élèves "de s'émanciper", de leur don­ner une "liberté du choix" totale en les affran­chis­sant de "tous les déter­mi­nismes, fami­lial, eth­nique, social, intellectuel".

Les valeurs de la République fran­çaises ne seront bien entendu pas négli­gées. On y appren­dra par exemple La Marseillaise — mais aussi "la dif­fé­rence entre être patriote et nationaliste".

Insister sur l'exemplarité du professeur

Le suc­cès de cet ensei­gne­ment pas­sera par l'exemplarité du pro­fes­seur, qui "doit bien sûr dans ses com­por­te­ments incar­ner lui-même les valeurs que nous vou­lons ensei­gner". C'est pour­quoi le sujet sera ensei­gné "à tous les pro­fes­seurs", "dans les écoles supé­rieures de l'éducation et du pro­fes­so­rat que nous met­trons en place à la ren­trée 2013".

Ces cours ne sont pas vus d'un très bon oeil par l'opposition. Luc Chatel, ancien ministre de l'Education, a com­paré le "redres­se­ment (...) intel­lec­tuel et moral" pro­posé par Peillon à des pro­pos simi­laires tenus par Pétain. Il a ajouté que "la gauche [n'avait] pas de leçon de morale à nous don­ner". Marine Le Pen se dit quant à elle per­sua­dée que la morale que le ministre veut ensei­gner "est la morale" qui "est issue évidem­ment de notre reli­gion chré­tienne", et que s'il "parle de la morale laïque", c'est "parce qu'il ne veut sur­tout pas heur­ter les dif­fé­rentes religions".

Vincent Peillon a publié en 2010 le livre Une reli­gion pour la République (La foi laïque de Ferdinand Buisson), qui raconte notam­ment, selon son éditeur, com­ment "l'école et les « hus­sards noirs » y ont eu pour mis­sion de faire de chaque élève un Christ répu­bli­cain, de la rai­son une émotion, une pas­sion et même une mystique".

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gégé
le 9 septembre 2012

C'est tou­jours la même ques­tion :la sanc­tion (et récom­pense) par l'évaluation (la nota­tion) développe-elle des atti­tudes à long terme oubien des adap­ta­tions com­por­te­men­tales ponc­tuelles ? Je pense que même si la tri­che­rie est tou­jours pos­sible (comme dans toutes évalua­tions), pous­ser les élèves à déve­lop­per des com­por­te­ments ( laïques) engendre chez eux des atti­tudes (des éman­ci­pa­tions) plus durables. Tout dépend en fait (et comme tou­jours) de la qua­lité de cet enseignement.

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