03.09.2012
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Sondage : 80% des Français contre la suppression des notes

Alors que les ensei­gnants seraient à 39% favo­rables à la sup­pres­sion des notes, 80% des parents y seraient oppo­sés, selon un son­dage publié aujourd'hui dans Métro.

Selon un son­dage Ifop pour Metro(1), 80% des Français sont contre la sup­pres­sion des notes à l'école. Plus spé­ci­fi­que­ment, les parents d'élèves sont défa­vo­rables à cette sup­pres­sion à 77%. C'est donc une majo­rité écra­sante qui se dégage pour le main­tien des notes. Même "les 50–64 ans, c'est-à-dire la géné­ra­tion 68, sont les plus oppo­sés à une réforme du sys­tème de nota­tion, à 85%", observe Frédéric Dabi, direc­teur géné­ral adjoint l'Ifop.

Ces résul­tats font appa­raître un net cli­vage entre les parents et les ensei­gnants, qui sou­haitent à 39% la sup­pres­sion des notes chif­frées, selon un récent son­dage du syn­di­cat SE-Unsa.

Depuis de nom­breuses années, le cher­cheur en didac­tique André Antibi se bat contre le sys­tème de nota­tion actuel et la "constante macabre", la part de mau­vaises notes que les ensei­gnants se sentent obli­gés de don­ner pour être cré­dibles, et qui péna­lise avant tout les élèves issus de milieux défa­vo­ri­sés. Il prône le sys­tème d'évaluation par contrat de confiance (EPCC), où les élèves sont pré­ve­nus à l'avance des notions à révi­ser pour un contrôle. Mais les parents sont réfrac­taires à ces ini­tia­tives : "Si toutes les notes sont bonnes, le pro­fes­seur est mon­tré du doigt, il est sus­pecté de laxisme", déplore André Antibi.

Pas de "sup­pres­sion" des notes mais une "évolution"

Cet atta­che­ment aux notes exprime le besoin des parents "de gar­der le contrôle sur leur enfant", ana­lyse Frédéric Dabi. "Elles per­mettent de savoir pré­ci­sé­ment où il se situe et quelles sont ses dif­fi­cul­tés. C'est donc un sys­tème qui les ras­sure", dans un contexte où les Français sont de plus en plus sou­cieux de l'avenir de leurs enfants.

Le ministre de l'Education natio­nale occupe une posi­tion inter­mé­diaire dans ce débat : Vincent Peillon n'est pas favo­rable à la sup­pres­sion des notes mais à leur "évolu­tion", a-t-il confié mardi der­nier sur i-Télé. Il sou­haite que la note devienne "un encou­ra­ge­ment et pas un décou­ra­ge­ment", esti­mant que les élèves fran­çais "sont les plus mal­heu­reux au monde" après les Japonais.

Le sys­tème de nota­tion sur 20 est une ins­ti­tu­tion fran­çaise, qui date de la créa­tion de l'école répu­bli­caine par Jules Ferry, dans les années 1880. Elle est très peu répan­due : nos voi­sins alle­mands notent sur 6, les Japonais sur 100... Dans les pays anglo-saxons, comme les Etats-Unis, les chiffres sont rem­pla­cés par des lettres : A, B, C, D, E et F (pour "fail", échec).

Dans les pays scan­di­naves comme la Suède ou le Danemark, l'évaluation des élèves se passe de notes jusqu'en sep­tième ou hui­tième année (équi­va­lent de la 4ème). Ensuite, l'évaluation prend la forme d'un rap­port sur les résul­tats de l'élève, à la fois sur ses per­for­mances aca­dé­miques mais aussi sur son déve­lop­pe­ment per­son­nel et social. Cette forme d'évaluation les encou­rage donc à par­ti­ci­per en cours, et à échan­ger avec leurs cama­rades et leur professeur.

Note(s) :
  • (1) Sondage Ifop pour Metro, ''Les Français et la suppression des notes à l’école'', réalisé du 28 au 30 août 2012, sur un échantillon de 1007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing).
Source(s) :
  • Métro, Ifop, VousNousIls

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