29.08.2012
Aucune réaction

Vincent Peillon : "C'est la première rentrée du changement"

A l'occasion de la confé­rence de ren­trée du minis­tère de l'Education natio­nale, Vincent Peillon est revenu sur les nom­breux chan­tiers qui font de la ren­trée 2012 une "ren­trée du chan­ge­ment" : concer­ta­tion sur la refon­da­tion de l'école, créa­tion de postes, emplois d'avenir, rythmes scolaires...

Vincent Peillon conférence rentrée Education nationalePour sa pre­mière confé­rence de ren­trée, le ministre de l'Education natio­nale a affirmé son inten­tion d'attaquer "la refon­da­tion de l'école" par ses "fon­de­ments", met­tant ainsi l'accent sur l'enseignement pri­maire, et rap­pelé que la loi de d'orientation et de pro­gram­ma­tion de cet automne ne serait qu'une étape d'une poli­tique éduca­tive à long terme.

Cette ren­trée 2012 est "la pre­mière ren­trée du chan­ge­ment", a rap­pelé Vincent Peillon, sou­li­gnant la "rup­ture avec la poli­tique conduite ces der­nières années". Pour lut­ter contre l'impression que "peu de choses" avaient été faites pour l'école depuis l'élection de François Hollande, le ministre a passé en revue les chan­ge­ments opé­rés : abro­ga­tion du décret sur l'évaluation des ensei­gnants, sco­la­ri­sa­tion ren­for­cée des enfants de moins de trois ans, affec­ta­tion d'enseignants expé­ri­men­tés au CP...

Il a égale­ment mis en avant les nom­breux postes créés pour faci­li­ter cette ren­trée, dont 1000 pro­fes­seurs des écoles, 280 pro­fes­seurs du secon­daire, 2000 assis­tants d'éducation, et 1500 AVS. Mais si cette ren­trée s'annonce réus­sie, c'est aussi grâce au "dévoue­ment, au pro­fes­sion­na­lisme et au sens du ser­vice public" des per­son­nels de l'Education nationale.

Loi d'orientation. La concer­ta­tion sur la refon­da­tion de l'école se pour­suit, mobi­li­sant les orga­ni­sa­tions du monde éduca­tif mais aussi "l'ensemble de la société civile, les parents d'élèves, les pou­voirs écono­miques et les cher­cheurs" ainsi que "22 minis­tères". Cette concer­ta­tion "se décon­centre" en ce moment dans les aca­dé­mies. Elle don­nera lieu à la remise d'un rap­port "début octobre", sur la base duquel sera élabo­rée une loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion, qui sera sou­mise au Parlement "fin novembre". Cette loi "ne sera bien entendu pas le der­nier mot de la refon­da­tion de l'école. (...) Nous agi­rons dans la durée totale du quin­quen­nat (...) et pro­gres­si­ve­ment, les fon­da­tions étant posées, nous y construi­rons cette nou­velle mai­son de la République autour de notre école."

Emplois d'avenir pro­fes­seurs. La mise en place "plus vite que prévu" des emplois d'avenir per­met­tra dès jan­vier à 6000 jeunes en deuxième année de licence, se des­ti­nant aux métiers de l'enseignement, de "réa­li­ser leur voca­tion". Ces contrats renou­ve­lables trois ans seront liés à un enga­ge­ment à pas­ser les concours du pro­fes­so­rat. Ils per­met­tront une "pro­fes­sion­na­li­sa­tion pro­gres­sive" et une "immer­sion sur le ter­rain", mais sans que les étudiants se sub­sti­tuent aux pro­fes­seurs : "il ne s'agira pas d'organiser du rem­pla­ce­ment qu'on ne pour­rait pas faire autre­ment". Le mon­tant de la rému­né­ra­tion sera en moyenne de "900 euros men­suels" sur douze mois.

Formation des ensei­gnants et écoles du pro­fes­so­rat. "La remise en place d'une for­ma­tion des ensei­gnants est notre prio­rité, à tra­vers un véhi­cule nou­veau, (...) les écoles du pro­fes­so­rat et de l'éducation." Ces écoles garan­ti­ront aux ensei­gnants une "for­ma­tion, l'entrée pro­gres­sive dans le métier et le retour à une année de stage véri­table". Elles accueille­ront les ensei­gnants "de la mater­nelle jusqu'à l'université", qui devront donc "se côtoyer, se par­ler, apprendre à tra­vailler ensemble". Elles devraient être opé­ra­tion­nelles dès la ren­trée 2013; les "maquettes de for­ma­tion" sont déjà en discussion.

Crise des voca­tions. "Comprenez qu'il n'y a pas de crise de voca­tions dans ce pays. (...) Il y a énor­mé­ment de jeunes qui ont envie de s'engager, qui ont envie de faire ce métier [d'enseignant]. Mais les condi­tions qui leur ont été faites ces der­nières années, à tra­vers la réforme de la mas­te­ri­sa­tion — pas la mas­te­ri­sa­tion en soi mais tout ce qui l'accompagnait — a pu décou­ra­ger énor­mé­ment de jeunes." Vincent Peillon estime que tous les postes d'enseignants pro­chai­ne­ment créés seront pour­vus "si l'Education natio­nale est prête à faire ce qu'il faut pour que ce ne soit pas un par­cours d'obstacles".

Carte sco­laire. La carte sco­laire "fait par­tie des thèmes de dis­cus­sion de la concer­ta­tion" et une réflexion sur le sujet est enga­gée. Mais si l'assouplissement de la carte sco­laire "cris­tal­lise beau­coup de pas­sions", une réforme de cette mesure ne pourra jamais résoudre "toutes les ques­tions de mixité sociale et urbaine". L'école "ne peut pas résoudre tous les pro­blèmes de la société".

Scolarisation des moins de 3 ans. "Il y a una­ni­mité des études, c'est rare," sur les bien­faits de la sco­la­ri­sa­tion dès le plus jeune âge. Elle est par­ti­cu­liè­re­ment utile "lorsqu'on s'adresse à des publics en dif­fi­culté". Le taux de sco­la­ri­sa­tion des moins de 3 ans était de "plus de 30% en 2002", aujourd'hui des­cendu "à 11/12%". Le ministre pré­voit "une mon­tée en charge pro­gres­sive" pour s'approcher à nou­veau des chiffres de 2002. Les dif­fi­cul­tés que ren­contrent cer­tains élèves au col­lège "se jouent bien avant", et le ministre juge donc pré­fé­rable de "mettre le paquet" dès l'école élémentaire.

Postes aux concours. Les 22 000 postes ouverts aux concours ensei­gnants 2013 (dont 9 000 postes pour le CRPE) ne concernent que les rem­pla­ce­ments des départs à la retraite. S'y ajou­te­ront plus tard une par­tie des 60 000 postes sup­plé­men­taires pro­mis par François Hollande.

Rythmes sco­laires. "Je ne crois pas qu'il soit bon pour nos élèves d'avoir beau­coup moins de jours de classe que les autres, et (...) des jour­nées très char­gées. (...) Je veux qu'il y ait une réforme pro­fonde du temps sco­laire." Le retour à la semaine de 4 jours et demi devrait être effec­tif à la ren­trée 2013. Le ministre ne se dit pas "hos­tile" à l'allongement de l'année sco­laire sur les vacances d'été.

Assistants de pré­ven­tion et de sécu­rité. Le ministre n'a pas été alerté de "dif­fi­cul­tés" par­ti­cu­lières, concer­nant le recru­te­ment et la for­ma­tion des 500 APS qui devraient être déployés dans des établis­se­ments dif­fi­ciles "après les vacances de la Toussaint".

Internats d'excellence. Les inter­nats d'excellence "par­taient d'une idée géné­reuse", mais des évalua­tions les révèlent "assez coû­teux" pour des résul­tats "qui ne sont pas pro­bants". Privilégiant la réus­site "de tous", le ministre ne sou­haite pas étendre le dis­po­si­tif, et veut plu­tôt enga­ger une "réflexion appro­fon­die" sur les inter­nats en géné­ral, pour "faire en sorte qu'ils soient tous d'excellence".

Les dos­siers de la Réussite éducative

Handicap. "Nous avons un nombre crois­sant d'élèves sco­la­ri­sés qui sont en situa­tion de han­di­cap", a rap­pelé la ministre délé­guée à la Réussite éduca­tive, George Pau-Langevin, qui en estime le nombre à 227 000. "La pré­sence de ces enfants [à l'école] peut consti­tuer une richesse : (...) pour les autres élèves, c'est l'apprentissage à la dif­fé­rence, à la tolé­rance, à l'ouverture à l'autre et au vivre-ensemble", a sou­li­gné la ministre. Des AVSi sup­plé­men­taires ont donc été déployés pour "mieux accueillir ces enfants", les accom­pa­gner et "épau­ler les ensei­gnants". Une réflexion sera par ailleurs menée "dès sep­tembre" sur la for­ma­tion de ces accom­pa­gna­teurs spé­cia­li­sés. "Nous sou­hai­tons notam­ment un réfé­ren­tiel métier", a expli­qué George Pau-Langevin.

Education prio­ri­taire. Pour la ministre délé­guée à la Réussite éduca­tive, "il y a un manque de lisi­bi­lité" des dis­po­si­tifs d'éducation prio­ri­taire, deve­nus aujourd'hui "une sorte de mille-feuille où d'année en année on rajoute des sigles, des zones, des manières de fonc­tion­ner". "Cet empi­le­ment n'est pas sou­hai­table et n'est pas une réus­site pour nos enfants", affirme la ministre, qui annonce que la poli­tique d'éducation prio­ri­taire sera "refon­due pour la rendre plus efficace".

Décrochage sco­laire. "On va mettre en place une poli­tique avec les emplois d'avenir qui appor­tera des réponses pour un cer­tain nombre de jeunes sans solu­tion et sans emploi, mais il faut aussi pré­ve­nir, (...) faire en sorte que les décro­chages ne se pro­duisent pas, et qu'il n'y ait pas dans l'orientation quelque chose qui accé­lère l'espèce de décou­ra­ge­ment d'une par­tie des jeunes face à l'école."

Intégration. Quatrième axe de tra­vail de George Pau-Langevin : l'intégration des "primo-arrivants", et des "enfants iti­né­rants" et "roms". Ces der­niers sont "sous la pro­tec­tion de la puis­sance publique", rap­pelle une cir­cu­laire inter­mi­nis­té­rielle publiée aujourd'hui, et "l'éducation est donc notre affaire aussi bien que celle d'autres enfants". Une cir­cu­laire est en cours de rédac­tion par la DGESCO, pour aider à apla­nir les dif­fi­cul­tés concer­nant leur sco­la­ri­sa­tion, par exemple au regard de leur domiciliation.

Quentin Duverger

Vous souhaitez réagir sur cet article :

Open-close

Modération par la rédaction de VousNousIls.

Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Vos réactions :

Open-close
Aucune réaction