Quand la course à la com gagne l'université...

16.08.2012 1
Dans un excellent article publié sur Mediapart, "Les facs font leur com", Lucie Delaporte ana­lyse la course à la com qui touche désor­mais les uni­ver­si­tés. Soulevant sou­vent la grogne des enseignants-chercheurs.
Université du Havre/Flickr/CamilleStromboni

Université du Havre/Flickr/CamilleStromboni

Loi Pécresse oblige, les uni­ver­si­tés n'échappent pas à une féroce concur­rence. Pour don­ner la meilleure image d'elles-mêmes, elles n'ont plus le choix : elles doivent communiquer.

Les facs invitent des people : Lucie Delaporte indique ainsi que Paris 8 (uni­ver­sité de Saint-Denis) pro­pose régu­liè­re­ment des ren­contres autour de grands réa­li­sa­teurs, comme Michael Haneke ou Manoel de Oliveira.

Les facs changent de nom : "Paris 12 s'est trans­formé en UPEC (Université Paris Est Créteil), et on ne dit plus uni­ver­sité de Strasbourg mais 'Unistra'" lit-on ainsi dans l'article. Ultime signe de com, elles arborent des logos sophis­ti­qués, et des sites inter­net refaits à neuf. Sans oublier les pro­duits déri­vés...

Si vis-à-vis de l'extérieur, l'image des facs gagne en gla­mour, en interne, la pilule passe dif­fi­ci­le­ment. Tout d'abord en termes de bud­get : le bud­get com coûte cher, alors que nombre d'universités ont du mal à bou­cler leurs finances.

Communiquer sur la science

Et sur­tout en termes de men­ta­lité : pour les enseignants-chercheurs, la com ne se fait pas où elle le devrait. Ainsi pour Catherine Deville Cavellin, ensei­gnante à l'Université Paris Est Créteil, "quand on orga­nise des col­loques scien­ti­fiques, cela n'intéresse abso­lu­ment pas les gens de la com­mu­ni­ca­tion. Alors que ce serait le moment où jamais de com­mu­ni­quer". Mieux vau­drait valo­ri­ser la recherche plu­tôt que de pro­duire un beau logo, ou une belle marque.  Qui n'est pas per­çue comme une réus­site, qui plus est : "Unistra, pour moi, c'est une poudre de les­sive", déplore Pascal Maillard.

Pour cet enseignant-chercheur en effet, "il y a un enjeu très impor­tant à chan­ger de nom. On ne peut pas trans­for­mer un nom qui sym­bo­lise un lieu de savoir en une marque. L'université de Strasbourg a une his­toire. Là, on tra­vaille contre l'histoire".

 Deux cultures incom­pa­tibles ? L'avenir le dira.

Sandra Ktourza

 

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Vos réactions :

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Manuel
le 31 août 2012

Notons que l'article de Mediapart a un parti-pris évident, celui de trai­ter le sujet de la com­mu­ni­ca­tion des uni­ver­si­tés via le prisme de la rigueur bud­gé­taire et de la concur­rence. Votre para­phrase a mal­heu­reu­se­ment un effet ampli­fi­ca­teur :
– faut-il néces­sai­re­ment être sou­mis à la concur­rence pour devoir com­mu­ni­quer lorsqu'on est une ins­ti­tu­tion de for­ma­tion et de recherche ?
– faut-il consi­dé­rer que Paris 8 "invite des people" ou que sa filière cinéma fait son bou­lot en met­tant en rela­tion étudiants, cher­cheurs et réa­li­sa­teurs, acteurs ?
– faut-il déplo­rer que des appel­la­tions ins­ti­tu­tion­nelles héri­tées des années 60/70 évoluent 40 ans après ?
– peut-on consi­dé­rer que la "com coûte cher" quand les meilleurs bud­gets com des uni­ver­si­tés repré­sentent à peine 1 à 2% du bud­get glo­bal ?
– enfin est-ce aux enseignants-chercheurs de déter­mi­ner ce sur quoi les uni­ver­si­tés "doivent com­mu­ni­quer" ? Accepterait-on que des com­mu­ni­cants décident des axes de recherche ?
... bref, il y a encore du tra­vail pour que le sujet de la com­mu­ni­ca­tion dans l'enseignement supé­rieur soit traité avec sérieux.

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