Sexymandarin : apprendre le chinois avec des top models en petite tenue

14.08.2012 0
Sexymandarin.com est un site d'e-learning où de belles Chinoises légè­re­ment vêtues enseignent les rudi­ments du man­da­rin en vidéo.
sexymandarin leçon 9 lavage de voitures

Aller chez le méde­cin, se refaire une beauté devant un miroir ou laver des voi­tures : tout est pré­texte à enri­chir son voca­bu­laire sur Sexymandarin.

Pour faire de l'apprentissage du chi­nois "une expé­rience sti­mu­lante", sur sexymandarin.com, les pro­fes­seurs de langue sont des man­ne­quins en tenue légère. "Je vous pro­mets que vous allez vous sou­ve­nir de chaque leçon", affirme une vidéo pro­mo­tion­nelle.

"Le man­da­rin est une langue incroya­ble­ment dif­fi­cile. Il y a très peu de livres dis­po­nibles et ils sont ter­ri­ble­ment ennuyeux", explique la japo­naise Kaoru Kikuchi, co-fondatrice du site. "Moi aussi, j'aurais bien aimé apprendre le man­da­rin en regar­dant des vidéos sexy plu­tôt que dans des livres rem­plis de cen­taines de carac­tères", plaisante-t-elle.

Melody, Kiki, Tiffany et Sandra font par­tie des ensei­gnantes de cet auda­cieux pro­jet de e-learning. Aucun homme face à la caméra, que des modèles fémi­nins, pour la plu­part d'origine taï­wa­naise. Dans la pre­mière leçon vidéo, deux de ces jeunes filles en sous-vêtements s'enlacent, quand sou­dain l'une d'elle s'inquiète : "- Quelle heure est-il ? — Douze heures envi­ron. — Je dois y aller, mon mari m'attend !". Le dia­logue très ins­piré est ponc­tué par les inter­rup­tions pseudo-pédagogiques d'un per­son­nage animé, M. Fung, qui tra­duit les répliques en anglais.

Un site "por­no­gra­phique" qui "exploite les stéréotypes"

Selon Jeune Afrique, cette méthode d'apprentissage déca­lée a déjà séduit 10.000 étudiants. Le site recrute d'ailleurs de nou­veaux membres pour son équipe péda­go­gique. Aucun champ du for­mu­laire de can­di­da­ture ne per­met de men­tion­ner une expé­rience dans l'enseignement; par contre, four­nir une photo en pied et une autre du visage est obligatoire.

Avec ce site pro­vo­ca­teur, Kaoru Kikuchi ne s'est pas fait que des amis. "Cette façon de jouer avec l'image exo­tique des femmes chi­noises est très cho­quante", com­mente par exemple Annie Chan, pré­si­dente de l'association fémi­niste de Hong Kong. Elle accuse le site d'"exploiter les sté­réo­types de cer­tains occi­den­taux", et de "vendre du sexe ou des ser­vices sexuels sous le pré­texte de four­nir des cours de langue". L'éditorialiste du Global Times, un quo­ti­dien natio­na­liste de Pékin, dénonce lui aussi un site "por­no­gra­phique" qui, sous pré­texte "d'apprendre le man­da­rin aux Japonais", donne de la Chine "une image détestable".

La contro­verse amuse Kaoru Kikuchi, qui tra­vaille­rait sur une ver­sion en fran­çais. "Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent ten­ter leur chance en Chine, c'est à eux que nous nous adres­sons", assure la jeune femme.

Quentin Duverger

 

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