26.07.2012
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Le primaire, "maillon faible du système éducatif" pour l'Institut Montaigne

L'Institut Montaigne pro­pose dans une note de faire du pri­maire et de la petite enfance une prio­rité, notam­ment en y réat­tri­buant une par­tie du bud­get du secondaire.

Dans le cadre de la concer­ta­tion sur la refon­da­tion de l'école lan­cée par Vincent Peillon, l'Institut Montaigne a publié une note sur l'école pri­maire. Dans la lignée des pro­pos de François Hollande, l'Institut pro­pose de faire du pri­maire, qua­li­fié de « maillon faible du sys­tème éduca­tif fran­çais où s'aggravent les inéga­li­tés », une « priorité ».

L'Institut est pré­oc­cupé par « les per­for­mances des élèves tou­jours en baisse », mal­gré une dépense pour l'éducation en pour­cen­tage du PIB plus impor­tante « que la plu­part des pays de l'OCDE ». En cause, l'école pri­maire qui « dys­fonc­tionne » et com­pro­met « la sco­la­rité tout entière » — et par voie de consé­quence, l'accès à l'emploi.

Se concen­trer sur la petite enfance, un pari gagnant

Les per­for­mances de l'école pri­maire « se dégradent conti­nû­ment depuis une ving­taine d'années », affirme le think tank, qui dénonce des consé­quences durables : « Aujourd'hui, 40% [des élèves] quittent l'école pri­maire avec des bases trop fra­giles et parmi ces der­niers, 15 à 20% sont qua­si­ment illet­trés et le res­te­ront ». Les élèves issus de milieux défa­vo­ri­sés sont les plus tou­chés par ces dys­fonc­tion­ne­ments. Aujourd'hui, les carac­té­ris­tiques socio-professionnelles des parents expliquent en effet « 28 % de la varia­tion dans les per­for­mances des élèves de 15 ans ».

Pour res­tau­rer le rôle d'ascen­seur social de l'école, l'Institut pro­pose de se concen­trer sur la petite enfance. Une inter­ven­tion pré­coce per­met en effet de gom­mer les dis­pa­ri­tés sociales, comme le rap­pelle le rap­port Attali de 2008.

Mais les béné­fices en seraient aussi d'ordre écono­mique. La prise en charge des enfants dès le plus jeune âge amé­liore dura­ble­ment les résul­tats sco­laires et le taux d'obtention de diplôme, donc le niveau de rému­né­ra­tion. Pour un euro dépensé à la petite enfance (0–5 ans), des études amé­ri­caines mettent en évidence un retour sur inves­tis­se­ment de 4 à 17 euros ! C'est pour­quoi l'Institut encou­rage une réal­lo­ca­tion du bud­get « du secon­daire supé­rieur (le lycée) vers l'école pri­maire et la mater­nelle », ce qui serait plus pro­duc­tif à long terme.

La for­ma­tion des ensei­gnants doit être repensée

Concernant les rythmes sco­laires, « il est urgent de reve­nir à une semaine de cinq jours de tra­vail en incluant le mer­credi », tout en ins­ti­tuant « un maxi­mum de 20 heures [tra­vaillées] heb­do­ma­daires, au moins jusqu'au CE2 ». L'année sco­laire, trop « com­pacte », devrait par ailleurs être ral­lon­gée de deux semaines.

Les pro­fes­seurs ne sont pas oubliés. Pour l'Institut, « la for­ma­tion ini­tiale et conti­nue des ensei­gnants doit être pro­fon­dé­ment repen­sée » pour redon­ner une place de choix à la péda­go­gie. L'effet-maître est en effet cru­cial dans la sco­la­rité : « plus de 20 % de la pro­gres­sion d'un élève sur une année sont liés à son ensei­gnant ». La note sug­gère aussi de réaf­fir­mer « l'obligation de for­ma­tion conti­nue des ensei­gnants », et d'en enri­chir les contenus.

Enfin, les parents devraient être davan­tage asso­ciés à la vie de l'école, à l'image de l'expérimentation « mal­lette des parents » dans l'académie de Créteil, et l'école devrait s'ouvrir davan­tage aux acteurs des acti­vi­tés périscolaires.

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senoussi
le 27 juillet 2012

La dis­tinc­tion primaire/secondaire est obso­lète. Ce qu'il convient de réor­ga­ni­ser, c'est la période de sco­la­rité obli­ga­toire, qui devrait aller de 5 à 17 ans, avec un exa­men final : le bac­ca­lau­réat. Il faut don­ner une place signi­fi­ca­tive à l'apprentissage des règles de vie en société qui ne sont autres que le Droit, droit privé d'abord, droit public ensuite.

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MATENA
le 28 juillet 2012

Je ne crois pas que ce soit l'école pri­maire le maillon faible. Je pense que le maillon faible c'est le col­lège, à l'école élémen­taire quel que soit le niveau des élèves, on les accom­pagne, la péda­go­gie des maîtres est vrai­ment au ser­vice de ces élèves. Il faut du temps, plus de temps pour cer­tains afin que les appren­tis­sages s'ancrent et deviennent solides, les élèves lorsqu'ils arrivent au col­lège sont peu aidés. Une des rai­sons tient à la for­ma­tion des ensei­gnants, des pro­fes­seurs, une autre à l'âge plus "dif­fi­cile" dans lequel entrent les élèves au col­lège. J'ai sou­vent entendu des pro­fes­seurs du col­lège dire qu'ils ne savaient pas faire avec "la dif­fi­culté sco­laire", que le nombre d'élèves était trop impor­tant, ou bien attri­buer la dif­fi­culté au manque de tra­vail à la mai­son. Toutes ces rai­sons qui montrent qu'il y a beau­coup de che­min à par­cou­rir au col­lège afin que ce der­nier devienne celui de la réus­site. Et puis il y a "les injus­tices" qui per­durent comme le tra­vail à la mai­son noté et pour lequel bien sou­vent les élèves fra­giles sont lais­sés seuls. Il faut avoir che­villé au corps le prin­cipe de l'éducabilité et cela demande des efforts, des remises en ques­tion, du tra­vail en équipe, un autre regard sur la dif­fi­culté. Je me demande pour­quoi jamais on ne remet en cause le fonc­tion­ne­ment du collège.

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