23.07.2012
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Est-il dangereux de se remettre au sport cet été ?

Les vacances sont pro­pices aux acti­vi­tés phy­siques et spor­tives. Leur pra­tique est-elle sans risque, spé­cia­le­ment quand on exerce le métier d'enseignant plu­tôt séden­taire ? Entretien avec François Carré, car­dio­logue et méde­cin du sport à l'hôpital Pontchaillou de Rennes.
François Carré

François Carré

Comment se remettre au sport sans risque quand on est enseignant ?

A par­tir du moment où l'on tra­vaille dans un bureau ou une classe toute l'année, la reprise doit tou­jours être pro­gres­sive. Pour mini­mi­ser les risques, je conseille au mini­mum 4 à 6 semaines d'exercices mesu­rés avant de réel­le­ment refaire du sport, sur­tout si l'on pré­voit pen­dant ses vacances de faire des par­ties endia­blées de ten­nis ou de foot. Être pru­dent c'est s'entraîner au moins trois fois par semaine pen­dant 40–45 minutes en étant modé­ré­ment essouf­flé. Evidemment, plus on est jeune et moins on a besoin de temps pour retrou­ver la forme. Il est impor­tant de tenir compte de son mode de vie : selon que l'on est en sur­poids, fumeur, dia­bé­tique ou avec un cho­les­té­rol trop élevé, il fau­dra se pré­pa­rer avec d'autant plus de précautions.

Faut-il consul­ter son médecin ?

Obtenir un cer­ti­fi­cat médi­cal est théo­ri­que­ment obli­ga­toire pour faire de la com­pé­ti­tion. Si l'on ne cherche pas à tout prix la per­for­mance, la consul­ta­tion ne doit pas être sys­té­ma­tique. Si je désire pra­ti­quer une acti­vité spor­tive modé­rée, que je n'ai pas pro­blème de santé, que je suis non fumeur et pas en sur­poids, que ma ten­sion arté­rielle est nor­male, alors une visite médi­cale n'est pas obli­ga­toire. En revanche si à l'effort, par exemple en mon­tant des esca­liers, j'ai des dou­leurs dans la poi­trine ou que je suis anor­ma­le­ment essouf­flé, que je res­sens des pal­pi­ta­tions, ou si j'ai fait un malaise, mieux vaut aller voir son méde­cin qui esti­mera si un avis car­dio­lo­gique est néces­saire. Il en est de même si j'ai plus de 40 ans, que je suis séden­taire et que je pro­jette de pra­ti­quer une acti­vité spor­tive intense.

Que sait-on de la « mort subite » ?

La pra­tique spor­tive modé­rée et régu­lière est béné­fique pour la santé et elle doit être encou­ra­gée. Cependant, des acci­dents car­dio­vas­cu­laires peuvent sur­ve­nir en cas de pra­tique sur­tout intense. En France, entre 1200 et 1500 per­sonnes décèdent chaque année de mort subite d'origine car­dio­vas­cu­laire lors d'une pra­tique spor­tive, soit envi­ron quatre décès par jour. Ce n'est pas négli­geable mais il faut rap­pe­ler que le risque reste très faible au regard des 15 mil­lions de licen­ciés dans un club de sport. De plus, ces per­sonnes pré­sen­taient une patho­lo­gie car­diaque mécon­nue qui a été révé­lée par l'exercice. Une per­sonne qui a une patho­lo­gie car­diaque a 2,5 fois plus de « chance » d'être vic­time de mort subite en fai­sant du sport. Avant 35 ans, les morts subites sont sou­vent liées à des mala­dies géné­tiques ou à des mal­for­ma­tions car­diaques. Après 35 ans, des artères coro­naires bou­chées, cen­sées irri­guées le cœur, sont presque tou­jours en cause.

Comment se prémunir ?

Une inter­ven­tion de pré­ven­tion est pos­sible à trois niveaux. D'une part, le spor­tif doit savoir s'évaluer et être atten­tif aux symp­tômes qui peuvent révé­ler une patho­lo­gie car­diaque à risque : il y a ainsi 10 règles d'or à res­pec­ter, vali­dées par l'Académie Nationale de Médecine, comme par exemple ne pas faire de sport si l'on a de la fièvre. D'autre part, le méde­cin a un rôle majeur en réa­li­sant une vraie visite de non contre indi­ca­tion avec un inter­ro­ga­toire, un exa­men phy­sique et un élec­tro­car­dio­gramme en cas de sport en com­pé­ti­tion, ou en cas de symp­tômes, en adap­tant le bilan au patient. La troi­sième inter­ven­tion relève en fait du trai­te­ment. En cas d'accident car­dio­vas­cu­laire sur un ter­rain de sport, l'entourage doit savoir réagir en sui­vant trois recom­man­da­tions : appe­ler, mas­ser et défi­bril­ler. Il ne faut pas avoir peur d'utiliser un défi­bril­la­teur, le pire est de ne rien faire. Or dans 8 cas d'accident sur 10, per­sonne n'intervient, par manque de formation.

Fumer et faire du sport : est-ce vrai­ment incompatible ?

Fumer est tou­jours très nocif. Même si la sen­si­bi­lité au tabac, comme pour l'alcool, peut varier d'un sujet à l'autre, on abime inévi­ta­ble­ment ses pou­mons et ses artères en fumant même « peu ». Il faut balayer une idée reçue : on n'élimine pas la ciga­rette en fai­sant un peu de sport. Surtout, c'est une héré­sie de fumer juste avant, pen­dant – la mi-temps par exemple– ou juste après l'effort. D'après ma propre expé­rience, presque toutes les per­sonnes de moins de 40 ans vic­times d'un infarc­tus du myo­carde lors d'une séance de sport avaient un point com­mun, elles avaient toutes fumé juste avant ou juste après.

Charles Centofanti

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Elvire
le 26 juillet 2012

Tout d'abord, remer­cie­ments à VousNousIls d'avoir pensé à inter­ro­ger un car­dio­logue rela­ti­ve­ment à la pra­tique spor­tive en période esti­vale, et aux pré­cau­tions à prendre en cas d'une reprise d'activité spor­tive après un long temps d'arrêt.
Il est impor­tant cepen­dant de pré­ci­ser que la pru­dence doit avant tout pas­ser par une hygiène de vie (ali­men­ta­tion, rythme de vie, acti­vité phy­sique) qui ne com­mence pas le jour de l'été ou le 1er jour des vacances pour se conclure au 31 août ou le jour de la ren­trée. Même si la période esti­vale est davan­tage pro­pice à une vie en pleine nature, le corps humain est ainsi consti­tué qu'il a BESOIN d'une dépense éner­gé­tique régu­lière tout au long de l'année et tout au long de la vie. C'est la rai­son de l'existence dans les pro­grammes d'Education Physique et Sportive de l'Education Nationale d'une com­pé­tence à déve­lop­per chez tous les élèves au "Savoir s'entraîner". Si la reprise doit être pro­gres­sive, comme le pré­cise le doc­teur François Carré, le mieux est qu'il n'y ait pas de rup­ture, mais baisse de la fré­quence heb­do­ma­daire et de l'intensité.
C'est le meilleur garant d'une bonne santé et de l'équilibre de vie. La pro­po­si­tion de faire des exer­cices mesu­rés pen­dant 4 à 6 semaines repose sur une concep­tion par­ti­cu­lière de la pra­tique phy­sique et spor­tive qui consiste à faire des exer­cices d'abord, ensuite une acti­vité spor­tive. Or une autre concep­tion, plus cultu­relle, consiste à entrer pro­gres­si­ve­ment dans une pra­tique spor­tive réelle dès le début. Ainsi vous pou­vez cou­rir la 1ère fois 20 minutes (soit 10 minutes d'échauffement, et 10 minutes de récu­pé­ra­tion, mais oui mais oui. Sachons res­ter mesuré et pro­gres­sif.) Et si ce temps de course vous paraît par trop essou­flant vous pou­vez alter­ner quelques ins­tants de marche, de récu­pé­ra­tion. Un indi­ca­teur d'intensité réside dans le fait de pou­voir par­ler pen­dant votre effort. Parler c'est la santé.
Un pro­fes­seur d'EPS, jeune retraité.

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karen
le 27 juillet 2012

Sédentaire le métier d'enseignant ? C'est une plaisanterie ?

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