20.07.2012
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"Le Brevet des collèges est devenu trop facile"

84,5% des élèves de 3e ont décro­ché cette année le D.N.B. (ex Brevet des col­lèges), soit un taux de réus­site en hausse de 1,1 point. Le col­lec­tif "Sauver les lettres" dénonce cepen­dant sa faci­lité, en par­ti­cu­lier celle de l'épreuve de fran­çais. Entretien avec Luc Richer, pro­fes­seur de lettres modernes au col­lège et membre du collectif.
Luc Richer

Luc Richer

Pourquoi dénoncez-vous la trop grande faci­lité du bre­vet des col­lèges cette année ?

Baisser le niveau des épreuves ne rend pas ser­vice aux élèves. En ce qui concerne le fran­çais, c'était du niveau 6e ! Il n'y avait qu'une ques­tion sur le pro­gramme de 3e, por­tant sur le dis­cours indi­rect libre. Toutes les autres inter­ro­ga­tions por­taient sur de la com­pré­hen­sion lit­té­rale, c'est-à-dire sur le sens d'un texte comme on l'étudie en 6e. De plus, aucune ques­tion de gram­maire n'a été posée alors que le pro­gramme inclut toute l'analyse logique de la phrase. La fonc­tion des mots n'est même pas tes­tée ! Quant à la dic­tée et à l'orthographe, je déplore aussi que l'on n'ait pas cher­ché à véri­fier la maî­trise du sub­jonc­tif, ou du par­ti­cipe passé des verbes pro­no­mi­naux. Le Brevet est devenu trop facile, ce qui déva­lo­rise les lauréats.

Est-ce un phé­no­mène nouveau ?

Poser des ques­tions de plus en plus faciles est une ten­dance depuis plu­sieurs années. Mais cette fois, c'est le bou­quet avec la dis­pa­ri­tion quasi com­plète des ques­tions de langue ! Et ce qui est inquié­tant, c'est que les annales zéro des sujets 2013 sont du même acabit.

L'épreuve d'Histoire-géographie a égale­ment été facile... Dans ces condi­tions, le Brevet sert-il encore à quelque chose ?

Actuellement, on peut se poser la ques­tion. Mais le sup­pri­mer serait perdre un enjeu majeur du col­lège. C'est le pre­mier exa­men natio­nal, et qu'il existe pour ce diplôme un équi­libre entre le contrôle continu et les épreuves sur table est une bonne chose. Ce qui pose ques­tion, c'est le nivel­le­ment par le bas auquel on assiste. Deux inter­pré­ta­tions sont pos­sibles : soit on a déli­bé­ré­ment oublié le pro­gramme de 3e pour fal­si­fier le taux de réus­site, soit il y a une volonté de sup­pri­mer à terme un exa­men dont l'organisation reste onéreuse.

Que préconisez-vous pour reva­lo­ri­ser le Brevet ?

Faire du D.N.B. une condi­tion du pas­sage en seconde géné­rale peut être une bonne idée pour reva­lo­ri­ser l'examen. Encore faut-il ajus­ter le niveau des élèves à celui du diplôme, et non l'inverse. Les horaires doivent donc être réta­blis. Car toutes les inno­va­tions péda­go­giques struc­tu­relles, à l'image des I.D.D. (iti­né­raires de décou­vertes), se sont faites au détri­ment des horaires dis­ci­pli­naires, et donc des élèves. En l'espace de 20 ans, l'enseignement heb­do­ma­daire du fran­çais au col­lège a perdu jusqu'à 2 h.

Le niveau des élèves baisse-t-il vraiment ?

Oui, fata­le­ment. Leur niveau d'ensemble régresse puisque l'horaire a consi­dé­ra­ble­ment dimi­nué. Cela signi­fie pour l'élève moins de temps d'exercice et de cor­rec­tion en classe. Cette perte horaire a d'ailleurs entraîné une classe de plus par pro­fes­seur, donc moins de temps consa­cré à chacune.

Faut-il réfor­mer l'enseignement du fran­çais au collège ?

Les pro­grammes actuels ne sont pas mau­vais, seule­ment il faut jouer le jeu ! Car ne nous leur­rons pas, il y a fort à parier que les 3e de la der­nière ses­sion diront aux 4e de ne pas trop stres­ser : à quoi bon tra­vailler pour l'examen s'il n'y a pas ou très peu de ques­tions du pro­gramme ? Le Brevet ne doit pas être une simple for­ma­lité. J'espère que le nou­veau ministre de l'Education natio­nale, Vincent Peillon, redon­nera de la valeur au diplôme en impo­sant que les épreuves s'appuient sur le pro­gramme sco­laire de 3e.

Charles Centofanti

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alainaugé
le 20 juillet 2012

Arrêtez de faire du fran­çais une matière sélec­tive à l'image des maths. Comprenez une fois pour toutes que ces deux "matières" ne sont que des outils (indis­pen­sables )pour abor­der les vraies dis­ci­plines: phy­sique, tech­no­lo­gie; biologie,..C'est toute l'oeuvre de Georges Charpak.: la main à la pête;, les IDD, les EIST,les TPE.Que les profs de fran­çais et de maths s'allient sys­té­ma­ti­que­ment avec les autres pour obte­nir la moti­va­tion des élèves. Le niveau remon­tera à coup sûr!

patator
le 3 août 2012

Et oui.....Comme la police, nous aussi on doit faire du chiffre. On achète la paix sociale. Une vision à court terme qui amène le pays à des chô­meurs diplô­més et d'autant plus amers.

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démocratisons l'école
le 21 septembre 2012

Sous cou­vert de bon sens on nous pro­pose un exa­men de pas­sage au lycée. Idée neuve ...?

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Nicolo
le 12 février 2013

Sous cou­vert de bon sens on nous pro­pose un exa­men de pas­sage au lycée. Idée neuve ...?

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