16.07.2012
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Faire travailler les élèves l'été, est-ce vraiment utile ?

Les grandes vacances sont arri­vées. Pour une majo­rité d'élèves, elles sont syno­nymes de jeux en plein air, de bai­gnades, mais aussi de la cor­vée des devoirs de vacances. Plébiscités par les uns, cri­ti­qués par les autres, ils conti­nuent de ren­con­trer un large suc­cès. Sont-ils indis­pen­sables ? Eléments de réponse.
Tableau noir

Clay Shonkwiler/Flickr

Pour beau­coup de parents, les devoirs pen­dant les vacances d'été sont une bonne chose : ces exer­cices consti­tuent un élément ras­su­rant, qui per­met­tra à leur enfant de se main­te­nir à niveau ou si besoin, de rat­tra­per les lacunes accu­mu­lées en cours d'année. Ils sont égale­ment un moyen pour les parents de se rendre compte de ce que doit savoir leur enfant à son âge. Le suc­cès des cahiers de vacances ne se dément d'ailleurs pas : en 2011, il s'en est vendu près de quatre mil­lions ! Mais la réa­lité montre que peu d'enfants sont assi­dus avec les cahiers : ceux qui les ter­minent sont, en géné­ral, de bons élèves qui prennent les exer­cices comme un passe-temps.

Les vacances d'été : une cou­pure nécessaire

Chez les ensei­gnants, le sujet fait débat. Certains encou­ragent à tra­vailler pen­dant les vacances mais la majo­rité s'interroge cepen­dant sur l'utilité et l'efficacité d'exercices rabâ­chés pen­dant l'été et pré­co­nise une vraie période de repos. Pour Valérie Sipahimalani, secré­taire natio­nale res­pon­sable du lycée au sein du Snes, « il ne faut pas impo­ser à l'enfant de devoirs d'été. Ces vacances sont un moment de repos et de détente qu'il faut savoir pré­ser­ver. On ne peut pas com­bler des lacunes accu­mu­lées en fai­sant des devoirs de vacances. Il vaut mieux souf­fler un peu. La pres­sion sco­laire est grande et l'enfant a par­fois besoin de se libé­rer d'un poids ». Même son de cloche chez Valérie Marty, pré­si­dente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) : « Les vacances sont faites pour se repo­ser. Les enfants ont besoin d'un break après une année sco­laire char­gée et qui peut être longue et stressante. »

Attention donc à ne pas confondre période de vacances et période de révi­sions. Le risque selon les ensei­gnants ? Celui de dégoû­ter l'enfant de l'école, sur­tout si ce der­nier a éprouvé des dif­fi­cul­tés pen­dant l'année sco­laire. Sébastien Sihr, secré­taire géné­ral du SNUIPP-FSU explique : « Les devoirs, et a for­tiori les devoirs de vacances, sont la face visible de l'iceberg de la pres­sion sco­laire. C'est tou­jours le vieux débat du tra­vail hors classe. Il faut rap­pe­ler aux parents l'importance de la péda­go­gie qui ne passe pas for­cé­ment par des exer­cices pure­ment sco­laires, mais par des moments par­ta­gés et béné­fiques à l'enfant, comme racon­ter une his­toire, par­ta­ger un livre ensemble ou faire des sor­ties cultu­relles. Il faut savoir décon­nec­ter ! » Cependant, pour les enfants qui ont pris du retard pen­dant l'année, « une petite remise en route peut être utile avant la ren­trée », concède-t-il, « cela passe par une reprise du rythme sco­laire. On met à plat avec l'enfant les sou­cis ren­con­trés pen­dant l'année pas­sée pour le remettre en confiance. Les stages de remise à niveau sont pos­sibles, mais il faut avant tout évaluer les besoins de l'enfant ».

Des alter­na­tives aux tra­di­tion­nels cahiers

Pour autant, faut-il ne rien faire pen­dant deux mois ? Plusieurs alter­na­tives sont pos­sibles pour aider l'enfant à gar­der les acquis de l'année sco­laire tout en pré­ser­vant la néces­saire cou­pure esti­vale. Valérie Marty, pré­si­dente de la Peep, pré­co­nise par exemple « des jeux de société comme le Monopoly, pour tra­vailler les mathé­ma­tiques de manière ludique, ou encore la lec­ture, qui est un bon moyen de sti­mu­ler son enfant avec un livre qu'il aura choisi et qui le sor­tira du pro­gramme sco­laire et des lec­tures impo­sées». Valérie Sipahimalani encou­rage égale­ment les parents à faire tra­vailler leurs enfants dans le réel : « ils peuvent se com­po­ser un car­net de vacances, avec des obser­va­tions, des his­toires, que les parents cor­rigent ensuite. La contrainte ne sert à rien, et si c'est pour faire des exer­cices pure­ment sco­laires sans un ensei­gnant pour cor­ri­ger, cela ne sert pas à grand chose ».

En bref, des acti­vi­tés choi­sies selon l'âge et le niveau de l'enfant, pour que le plai­sir d'apprendre et de décou­vrir se retrouve aussi lors de la ren­trée des classes en septembre.

Christophe Panon

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