02.07.2012
7 réactions

Les profs ont-ils trop de vacances ?

Officiellement, les vacances débutent le 5 juillet pour la majo­rité des ensei­gnants, bien que cer­tains res­tent mobi­li­sés par le bac et les exa­mens de fin d'année. Deux mois de far­niente ? Un refrain qui hérisse bon nombre de profs. Pour –presque– tout savoir sur les congés d'été des profs, sui­vez le guide !
Parasol

Jonathan Benson/Flickr

La plu­part des ensei­gnants quit­te­ront leurs élèves d'ici à la fin de la semaine, entre joie, nos­tal­gie et par­fois un peu d'appréhension en son­geant à la ren­trée. Céline (1), jeune ins­ti­tu­trice atta­chée à son métier, le dit tout net : « On a besoin d'une pause, de se décon­nec­ter de l'école. Personnellement je n'emmènerai aucun livre, je me détends ! » Selon Mireille, pro­fes­seur d'anglais au col­lège, autant les « petites » vacances sont stu­dieuses, autant l'été c'est repos. Mais, précise-t-elle, cela varie selon les dis­ci­plines, les livres à lire, les nou­veaux manuels à décou­vrir et tous les docs, logi­ciels ou sites mis de côté pen­dant l'année. Mireille veut nuan­cer la durée des congés d'été : « les vraies vacances com­mencent autour du 14 juillet. Car les ensei­gnants du secon­daire sont sup­po­sés être de réserve, c'est-à-dire prêts à rem­pla­cer pour une cor­rec­tion, un oral, jusque vers le 12. » Rares sont donc ceux qui osent réser­ver leurs vacances avant cette date... « Vers le 15 août, on com­mence à réflé­chir aux pro­gram­ma­tions annuelles, pré­pa­ra­tions de cours, recherches de docu­ments », sou­ligne Mireille, « enfin pour ceux qui ont la chance de savoir où ils seront à la ren­trée et quelles classes ils auront... Certains le découvrent à la pré­ren­trée ou juste avant et même juste après ! »

Une période stu­dieuse pour les chercheurs

Professeur d'italien à l'université, Claude explique que les vacances com­mencent rare­ment avant la mi-juillet dans le supé­rieur : « La carac­té­ris­tique de lʼenseignant du supé­rieur est dʼêtre un enseignant-chercheur. Avec la mul­ti­pli­ca­tion des charges dans le domaine de la péda­go­gie, de la ges­tion ou de lʼadministration, la période dite 'des vacances' est le seul moment où un cher­cheur peut sʼengager dans une recherche en continu et pas­ser plu­sieurs jours de suite dans une biblio­thèque ou dans des fonds ou des archives, en France ou à lʼétranger. Cʼest la seule période où il peut regrou­per ses rele­vés, les mettre en ordre et com­men­cer à rédi­ger ses tra­vaux à publier sans être inter­rompu. » Par ailleurs, les doc­to­rants pro­fitent des vacances pour deman­der des entre­tiens à leur direc­teur de recherche ou envoyer des pages pour avoir lʼavis de celui-ci. Claude pré­cise aussi que la ren­trée des profs n'est pas plus tar­dive que dans le secon­daire : « depuis plu­sieurs années, on reprend début sep­tembre à cause des réunions, des divers conseils et com­mis­sions aux­quels par­ti­cipent, peu ou prou, tous les ensei­gnants cher­cheurs. » Au total, les profs du supé­rieur dis­posent de quatre semaines de vacances pen­dant l'année et d'environ deux mois l'été. Mais, par exemple, un enseignant-chercheur qui a beau­coup de res­pon­sa­bi­li­tés ne quitte lʼuniversité que le 31 juillet au soir et revient à la fin août, assure Claude. « Pour ce qui est de la pré­pa­ra­tion des ensei­gne­ments, cela dépend du type de cours, du niveau et, sur­tout, du sérieux pro­fes­sion­nel des indi­vi­dus. Un ensei­gnant un tant soit peu conscien­cieux qui a un cours dʼagrégation à faire, ses vacances dʼété y passent ».

« L'un des avan­tages du métier »

Mireille, ensei­gnante au col­lège, résume : « on a plus de vacances mais on a le 'pri­vi­lège' de tou­jours être en vacances quand trans­ports et héber­ge­ments sont les plus chers. Donc beau­coup ne partent pas davan­tage que les autres Français... » Pour Céline, les vacances sont « l'un des avan­tages du métier ! Et c'est sur­tout pour nos nerfs et pour les enfants qu'il faut tant de vacances ».

Où partent les ensei­gnants ? Mireille répond du tac au tac : « Les ensei­gnants ne se marient pas for­cé­ment entre eux ! Ils ont les vacances de tout le monde. » Néanmoins, selon Claude, un enseignant-chercheur aura ten­dance à opter pour un coin tran­quille « où il peut aller se détendre un peu, éven­tuel­le­ment avec sa famille mais où il pourra aussi tra­vailler pai­si­ble­ment, cʼest-à-dire lire, prendre des notes, écrire, faire des recherches. » Pour Céline, ce sera mai­son de famille près de Royan et une semaine avec des amis en Rhône-Alpes : « comme on a beau­coup de vacances mais pas un grand bud­get, on pri­vi­lé­gie les endroits où l'on a moins de dépenses, comme ça on peut par­tir long­temps ! » Mireille estime pour sa part que les ensei­gnants sont « plus por­tés que d'autres sur les visites de musées et de vieilles pierres là où ils se trouvent ». Les enfants d'enseignants en savent quelque chose...

Charles Centofanti

Note(s) :
  • (1) les prénoms ont été modifiés

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krisdoke
le 6 juillet 2012

Bonjour, j'aurais bien aimé, en plus du plai­sir d'être en vacances, pri­vi­lège du métier, voir expli­quer aux jeunes col­lègues et à mon­sieur tout le monde le décret de 1950 disant que le per­son­nel ensei­gnant n'est pas payé en juillet et août.. Cela devrait cal­mer les jalousies.

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Dammed
le 7 juillet 2012

Encore une mau­vaise ques­tion. Vous vous faites l'écho des jour­na­listes en mal de travail.

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Moi
le 7 juillet 2012

Payés à coup de lance-pierre com­ment par­tir vacances ? Les plus pauvres d'Europe ... Et les exa­mens jusqu'à mi-juillet puis pré­pa­rer les chan­ge­ments sys­té­ma­tiques de pro­gramme alors bon... Pour les conseils des mecs en RTT per­ma­nentes on repas­sera ! Je vais filer vers le privé c'est certain !!

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Prof
le 10 juillet 2012

Dire que les profs ne sont pas payés pen­dant les vacances est une inep­tie ! Encore heu­reux qu'on ait le même salaire en juillet/août que le reste de l'année.

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lakonis
le 11 juillet 2012

@krisdoke : pouvez-vous me dire sur quelle loi, quel décret ou quelle cir­cu­laire vous vous appuyez pour dire cela ? Car le décret de 1950 ne le men­tionne en aucune manière. Cela fait des années que j'entends qu'on est pas payé l'été mais à ce jour, aucun prof n'a pu me le prou­ver. Les syn­di­cats eux-mêmes disent le contraire. J'ai contacté LégiFrance, eux me disent que ce texte n'existe pas. Pour moi, ce n'est qu'une légende urbaine. Bref je regrette pro­fon­dé­ment que parmi nous, ensei­gnants qui devons apprendre aux élèves à véri­fier leurs sources, cer­tains dif­fusent des légendes urbaines.

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Gavroche
le 13 juillet 2012

Désolé d'apporter une contra­dic­tion qui va faire bon­dir. Non seule­ment le décret de 1950 est une "légende urbaine".. mais je pré­tends qu'en tant que fonc­tion­naire, les ensei­gnants ont une obli­ga­tion de tra­vailler 1600 heures par an. (Loi Aubry). Et même 1607 h depuis la jour­née de soli­da­rité. La ques­tion est la répar­ti­tion entre temps devant les élèves, temps de ser­vice (réunion — concer­ta­tion — rdv avec parents etc.) et pré­pa­ra­tion. Hormis la bizar­re­rie de la rému­né­ra­tion pour cor­ri­ger des évalua­tions — ou com­ment être payé deux fois — il n'y a pas de sta­tut déro­ga­toire, la règle est celle du ser­vice fait !

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proff
le 4 septembre 2012

Le décret de 1950 n'est pas une légende urbaine. Il décrit sim­ple­ment le temps de tra­vail et la rému­né­ra­tion des cadres de la fonc­tion publique. Alors le terme de pro­fes­seur n’apparaît pas en clair puisqu'il est englobé dans le terme "cadre".
Il est pré­cisé que la rému­né­ra­tion est décrite dans cette grille. Pour les profs, le salaire a été mul­ti­plié par 10 (10 mois) et divisé par 12 pour une meilleure ges­tion. Donc dans l'absolu, les vacances ne sont pas payées, puisque pas prises en compte dans le cal­cul. De plus, en 1950, le cal­cul du temps de tra­vail a été fait sur la base de 45h au lieu de 42h pour les autres sala­riés (cette dif­fé­rence est faite pour rat­tra­per les petites vacances). Depuis, le cal­cul n'a pas été revu pour les profs, mais par contre les sala­riés sont pas­sés de 42h à 35h, soit presque 20% de temps en moins.
Je pense que cela éclai­rera cer­tains esprits chagrins.

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