25.06.2012
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Les enseignants retraités comme tuteurs des jeunes profs : une "belle idée" ?

Proposer à des ensei­gnants retrai­tés de faire du tuto­rat auprès des profs débu­tants : le ministre de l'Education natio­nale, Vincent Peillon, l'avait évoqué dans un entre­tien paru le 31 mai dans Le Parisien. Une idée « à oublier » selon les syn­di­cats d'enseignants.

Des retrai­tés qui res­sortent leurs cahiers du pla­card pour apprendre aux jeunes pro­fes­seurs les ficelles du métier ? « Une belle idée » pour Vincent Peillon, una­ni­me­ment cri­ti­quée par l'ensemble des acteurs de l'Education natio­nale, syn­di­cats en tête. Prudent, le ministre sou­ligne que cette sug­ges­tion sera sou­mise aux dis­cus­sions lors « d'une large concer­ta­tion autour des réformes néces­saires à la refon­da­tion répu­bli­caine de l'école » pré­vue pen­dant l'été avec l'ensemble des partenaires.

Un tuto­rat basé sur le volontariat

Le prin­cipe ? Il s'agirait de sol­li­ci­ter les ensei­gnants par­tis à la retraite pour des mis­sions ponc­tuelles de tuto­rat, moyen­nant une rétri­bu­tion, et sur la base du volon­ta­riat. Une forme de com­plé­ment aux mille postes créés en urgence pour la ren­trée. Même s'il n'est pas prévu de faire appel aux retrai­tés pour effec­tuer des rem­pla­ce­ments, cette décla­ra­tion n'a pas sus­cité l'enthousiasme : « on nous res­sort les retrai­tés à chaque chan­ge­ment de ministre. Cette idée est tota­le­ment péri­mée et nous fait pas­ser à coté de la vraie pro­blé­ma­tique qui est la for­ma­tion des ensei­gnants », regrette Thierry Cadart, secré­taire géné­ral du SGEN-CFDT, « même si nous sommes tout à fait pour la mise en place d'un accom­pa­gne­ment des jeunes collègues ».

Car à pre­mière vue, il serait béné­fique que les aînés fassent par­ta­ger aux jeunes géné­ra­tions leur connais­sance de la pro­fes­sion et ses exi­gences : « aujourd'hui, dans un métier aussi par­ti­cu­lier que celui d'enseignant, l'expérience est quelque chose d'irremplaçable et d'important », estime Christian Chevalier, secré­taire géné­ral du SE-UNSA, avant de tem­pé­rer : « il ne s'agit pas de remettre en cause l'expérience de géné­ra­tions d'enseignants, trop peu sol­li­ci­tée, ce qui consti­tue un gâchis regret­table, mais de pen­ser les pro­blèmes sur le long terme ».

Un retour en arrière ?

Les incon­vé­nients seraient mul­tiples. Pour Thierry Cadart, « le cadre éduca­tif a évolué, la péda­go­gie n'est plus la même, et les élèves n'ont plus grand chose à voir avec ceux d'il y a dix ans ». Pas sûr non plus que le tuto­rat soit attrac­tif au point de pous­ser les ensei­gnants retrai­tés à reve­nir dans le giron de l'Education natio­nale, sur­tout au vu des dégra­da­tions des condi­tions de tra­vail. « Cela est fort peu pro­bable, d'autant que les expé­riences pré­cé­dentes ont été des flops. La plu­part n'aspirent qu'à une retraite bien méri­tée », explique Christian Chevalier.

Le pro­blème de la formation

La pro­po­si­tion de Vincent Peillon sou­lève égale­ment le pro­blème de la trans­mis­sion de cette expé­rience : de bons profs ne font pas for­cé­ment de bons tuteurs. Etre for­ma­teur réclame... d'être formé, et cela demande du temps. De plus, il existe déjà, au moins pour le pre­mier degré, un vivier de for­ma­teurs agréés : 6 000 maîtres for­ma­teurs et 4 000 conseillers péda­go­giques. Pour Christian Chevalier, l'important est d'abord de valo­ri­ser ces emplois qua­li­fiés puis d'appliquer ce sys­tème au second degré, une mesure plus écono­mique et sur­tout plus logique : « on ne va pas embau­cher des retrai­tés alors que les jeunes peinent à trou­ver un poste ».

Bien que reto­quée par l'ensemble des syn­di­cats d'enseignants, Thierry Cadart veut voir dans cette idée de tuto­rat des signes encou­ra­geants pour l'avenir : « on était dans un effet d'annonce. Mais ça prouve que le ministre, à tra­vers cette décla­ra­tion, a conscience à la fois de l'importance de la for­ma­tion pour les ensei­gnants et de l'ampleur des carences dans le sys­tème actuel ». Une « décla­ra­tion annexe » qui annonce la pro­chaine étape : la grande concer­ta­tion pré­vue en juillet entre Vincent Peillon et les syn­di­cats pour défi­ni­ti­ve­ment lan­cer le grand chan­tier de l'Education nationale.


Christophe Panon

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Vos réactions :

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Toto
le 25 juin 2012

Dommage et peu sur­pre­nant que ça ne plaise pas aux syn­di­cats. Moi, retraité depuis 1 an mois, ça m'aurait plu.

Mais si les syn­di­cats sont contre...

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chatsy974
le 29 juin 2012

Le ministre découvre une pra­tique déjà en usage: en 2010–2011, j'ai vu arri­ver au lycée deux pro­fes­seurs de 63 et 65 ans, non comme tuteurs, mais comme rem­pla­çants en bonne et due forme d'enseignants absents !!!!...Pour des périodes de 3 à 6 mois !!!!Les titu­laires rem­pla­çants NE PEUVENT PLUS REMPLACER PERSONNE, par MANQUE D'EFFECTIFS, ils sont nom­més à l'année, et les profs en poste effec­tuent déjà des heures sup­plé­men­taires impo­sées, à cause des SUPPRESSIONS DE POSTES par mil­liers !!!!!!ça va mal finir !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bientôt on vien­dra nous cher­cher à 80 ans, ou quoi ???????????????????

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gaussy
le 12 juillet 2012

oui, moi aussi ça m'aurait plu de trans­mettre et de par­ler de mon métier que j'ai pra­ti­qué avec bon­heur et passion.

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gaussy
le 12 juillet 2012

Vous dites que la péda­go­gie a changé, non, elle n'a pas changé et c'est là un grave pro­blème.
Les enfants ont changé, non, regar­dons plu­tôt en quoi les enfants sont tou­jours des enfants et peut-être qu'ainsi on avancera.

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