20.06.2012
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Le bac, un examen à 100 millions d'euros

Un rap­port de l'inspection géné­rale dénonce le coût du bac­ca­lau­réat, estimé à 100 mil­lions d'euros par ses­sion, et pro­pose de sim­pli­fier l'examen.

Le minis­tère de l'Education estime le coût du bac­ca­lau­réat à quelque 50 mil­lions d'euros. Mais un rap­port des ins­pec­tions géné­rales des Finances et de l'Education natio­nale, daté de décembre 2011, affirme que la somme est sous-estimée, et que l'examen coû­te­rait en réa­lité près du double, soit 100 mil­lions d'euros.

Le coût d'une ses­sion du bac­ca­lau­réat a explosé entre 2008 et 2009, selon une enquête menée en 2009 par le Système d'information rela­tif aux coûts des exa­mens et concours (Sicec). En cause, la « recon­quête du mois de juin » géné­ra­li­sée par Xavier Darcos, qui devait per­mettre aux ensei­gnants de bou­cler leur pro­gramme. Pour com­pen­ser cet alour­dis­se­ment de la charge de tra­vail des pro­fes­seurs, le ministre a aug­menté le tarif de la copie cor­ri­gée, passé de 1,32 à 5 euros, et les primes des chefs de centres d'examens, qui dépendent de la taille du centre.

Chaque can­di­dat coûte 82 euros au contribuable

L'augmentation du nombre de can­di­dats, qui a dou­blé depuis 1985, explique aussi cette envo­lée du coût du bac. L'édition 2012 compte ainsi 7 % d'inscrits de plus qu'en 2011, avec 703.059 pos­tu­lants. Le bac­ca­lau­réat pro­fes­sion­nel, passé en 2009 de 4 à 3 ans, « tire les effec­tifs vers le haut, avec, en 2012, une hausse de 27,6 % du nombre de can­di­dats, soit 219.973 ins­crits », pré­cise Jean-Michel Blanquer, direc­teur de l'enseignement sco­laire (DGESCO), à l'hebdomadaire écono­mique Challenges.

Et chaque can­di­dat coûte en moyenne 82 euros : 52 euros pour le bac pro­fes­sion­nel, 89 euros pour la filière géné­rale et 100 euros par can­di­dat au bac tech­no­lo­gique. Mais « quelle que soit la filière, le pre­mier poste de dépenses, c'est la main-d'œuvre », explique le minis­tère de l'Education. Plus de 175.000 ensei­gnants sont en effet mobi­li­sés pour orga­ni­ser et sur­veiller la ses­sion 2012.

Simplifier l'examen en intro­dui­sant plus de contrôle continu

Ce coût impres­sion­nant en période de rigueur incite à la réflexion : le bac — cet exa­men « qui n'intéresse même pas l'enseignement supé­rieur », selon Maryline Baumard, chef du pôle éduca­tion du Mondea-t-il encore une rai­son d'être ? D'autant qu'il mono­po­lise  trois semaines d'enseignement pour les lycéens, soit 8 % de l'année sco­laire.

Une sim­pli­fi­ca­tion de l'examen serait un bon com­pro­mis. Les auteurs du rap­port de 2011 pro­posent de res­ser­rer le bac, en dimi­nuant les options et en rédui­sant à quatre le nombre d'épreuves écrites du bac géné­ral. Les autres épreuves pour­raient être évaluées en contrôle continu — une pos­si­bi­lité à laquelle Vincent Peillon ne se dit « pas hos­tile ».

Un son­dage IFOP pour le jour­nal Sud-Ouest de dimanche indique que plus de 8 Français sur 10 sont favo­rables à une part de contrôle en cours de for­ma­tion au bac, soit 25 points de plus qu'en 2005.

Quentin Duverger

Source(s) :
  • challenges.fr, lemonde.fr, francetv.fr, igf.finances.gouv.fr, sudouest.fr

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peisson
le 23 juin 2012

Comment peut-on comp­ta­bi­li­ser le salaire des ensei­gnants lors des exa­mens du bac alors qu'ils ne sont pas rému­né­rés en plus. Les sur­veillances sont faites sur nos heures de ser­vice. Tout est bon pour en arri­ver à créer des bacs à plu­sieurs vitesses.

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