15.06.2012
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Bernadette Groison : la formation des enseignants est la première priorité

Le pre­mier Conseil supé­rieur de l'éducation (CSE), sous l'ère Vincent Peillon, s'est réuni le 8 juin et les négo­cia­tions sur l'avenir de l'école vont débu­ter avec les syn­di­cats. Bernadette Groison, secré­taire géné­rale de la FSU, prin­ci­pale fédé­ra­tion de l'Education natio­nale, fait le point sur les enjeux des réformes à venir.
Bernadette Groison

Bernadette Groison

Maintenant que le gou­ver­ne­ment a changé, quelle est la prin­ci­pale attente des enseignants ?

Nous avons noté posi­ti­ve­ment l'engagement pris par François Hollande de recréer 60 000 postes dans l'Education natio­nale. Cela doit aller de pair avec les objec­tifs assi­gnés au sys­tème éduca­tif. Il faut main­te­nant que le ministre donne les pistes de sa nou­velle loi de pro­gram­ma­tion et d'orientation pour l'avenir de l'école. La pro­chaine ren­trée sco­laire est l'occasion de faire connaître les grands axes de la refon­da­tion de l'école.

Comment se déroule la concer­ta­tion menée entre les syn­di­cats et le gouvernement ?

Pour le moment, nous ne dis­po­sons pas de tous les éléments. Vincent Peillon nous a pro­mis que la concer­ta­tion débu­tera lors du pro­chain CSE, le 28 juin. Nous avons demandé un temps suf­fi­sant de concer­ta­tion afin de pou­voir tra­vailler avec les per­son­nels. Le mes­sage a visi­ble­ment été entendu : Vincent Peillon dit ne rien figer dès cet été.

Quelles sont les prio­ri­tés que vous sou­hai­tez voir figu­rer dans la loi ?

Plusieurs axes sont impor­tants. En pre­mier lieu, la for­ma­tion des ensei­gnants. Il y a eu un vrai conflit avec Luc Chatel, or il n'y a pas d'évolution pos­sible sans une réelle for­ma­tion, ensei­gner est un métier qui s'apprend. Ensuite, il faut retra­vailler les conte­nus des ensei­gne­ments. Les pro­grammes sont mal arti­cu­lés et l'évaluation des élèves ne fonc­tionne pas. Les mis­sions des per­son­nels qui par­ti­cipent à la prise en charge des élèves (assis­tants sociaux, copsy, infir­mières, admi­nis­tra­tifs...) doivent être revues. Beaucoup de flou demeure autour de leurs attri­bu­tions. Il est néces­saire de les ins­crire dans une dyna­mique col­lec­tive car tous par­ti­cipent à la réus­site des jeunes. Il faut réha­bi­li­ter le tra­vail col­lec­tif au sein des écoles et des établis­se­ments ! Ces der­nières années, les injonc­tions ont trop été dans le cha­cun pour soi. D'autres axes devront figu­rer dans la loi : la prise en charge des élèves en dif­fi­cul­tés et l'éducation prio­ri­taire. Le dis­po­si­tif ECLAIR ne cor­res­pond pas aux enjeux des quar­tiers dif­fi­ciles, il faut refon­der l'éducation prio­ri­taire. En paral­lèle, il sera néces­saire de mener des poli­tiques publiques et notam­ment une poli­tique de la ville ambitieuse.

Avez-vous reçu des enga­ge­ments en ce qui concerne le réta­blis­se­ment de la for­ma­tion des maîtres ?

L'engagement pris pen­dant la cam­pagne nous a été confirmé : Vincent Peillon a réaf­firmé son sou­hait de créer des écoles de pro­fes­so­rat, avec une vraie for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. Nous sommes impa­tients de voir les pro­po­si­tions concrètes, pour le moment nous ne dis­po­sons que d'engagements de principe.

Comment endi­guer la crise du recru­te­ment à laquelle est confron­tée l'Education nationale ?

Il faut consti­tuer un vivier de jeunes ensei­gnants. Afin de fidé­li­ser ces étudiants qui n'ont pas la pos­si­bi­lité de s'inscrire dans des études longues mais qui sou­haitent deve­nir ensei­gnants, il faut mettre en place un méca­nisme de pré-recrutement. Dans cer­tains concours, on assiste à un défi­cit de can­di­dats d'environ 20%. Il faut s'en pré­oc­cu­per main­te­nant ! Il convient aussi de rendre les métiers de l'Education plus attrac­tifs. Enfin, cela passe par une reva­lo­ri­sa­tion de la rému­né­ra­tion, de manière à ce qu'elle devienne plus attrac­tive et com­pé­ti­tive que dans le privé.

Êtes-vous favo­rable au retour de la semaine de 4,5 jours et aux deux semaines de vacances à la Toussaint ? Vincent Peillon a-t-il com­mis une erreur en com­mu­ni­quant trop tôt ?

Non, je n'ai rien vu de mali­cieux de sa part dans la mesure où il s'agissait d'engagements pris par François Hollande. La concer­ta­tion doit main­te­nant avoir lieu. La réponse n'est pas sim­ple­ment pour ou contre et la FSU l'a tou­jours dit : on n'améliorera pas les résul­tats des élèves si on ne modi­fie que les rythmes sco­laires. Il faut dans le même temps repen­ser les conte­nus ensei­gnés, les pra­tiques pro­fes­sion­nelles, les condi­tions de sco­la­ri­sa­tion... et arti­cu­ler mieux l'Ecole et le péri­sco­laire afin de per­mettre une réelle amé­lio­ra­tion qua­li­ta­tive du temps des élèves.

Avez-vous été sur­prise par les rap­ports "cachés" par le gou­ver­ne­ment Fillon, fina­le­ment ren­dus publics sur le site du minis­tère de l'Education ?

Cela confirme nos doutes et nos craintes sur l'état du sys­tème éduca­tif. Il est scan­da­leux que ces exper­tises n'aient pas été ren­dues publiques plus tôt et nous saluons leur publi­ca­tion. Sur le fond, nous consta­tons qu'un cer­tain nombre de choses ne fonc­tionnent pas. Ces rap­ports doivent ser­vir à rec­ti­fier le tir et à ali­men­ter le débat sur la pro­chaine loi.

Charles Centofanti

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alainaugé
le 17 juin 2012

Pour reva­lo­ri­ser les métiers indus­triels et le redres­se­ment pro­duc­tif, il faut embau­cher des pro­fes­sion­nels (par petites annonces) et leur don­ner une for­ma­tion péda­go­gique. C'est-à-dire reve­nir aux PTA qui ont été les hus­sards des for­ma­tions indus­trielles. Ne mélan­gez donc pas les ensei­gnants de pri­maire et de col­lège avec ceux qui ont en charge de trans­mettre un métier à leurs élèves.

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Moi
le 18 juin 2012

Non madame, la prio­rité c'est qu'ils puissent payer leur loyer et ce n'est plus le cas !

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