07.06.2012
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Ray Bradbury est mort : l'écrivain de
science-fiction préférait les bibliothèques
aux universités

Ray Bradbury, célèbre auteur de "Fahrenheit 451" et des "Chroniques mar­tiennes", s'est éteint hier à 91 ans. Toute son éduca­tion lui venait d'une fré­quen­ta­tion assi­due des bibliothèques.

Ray Bradbury est décédé hier à Los Angeles, à l'âge de 91 ans. Il était l'auteur de plus de 27 romans et recueils, parmi les­quels Fahrenheit 451, Chroniques mar­tiennes et La foire des ténèbres — et de plus de 600 nou­velles. Pour cer­tains, c'est lui qui a donné ses lettres de noblesse au genre de la science-fiction, avec ses des­crip­tions poé­tiques et lyriques de mondes ima­gi­naires. Il a pour­tant tou­jours refusé l'étiquette d'écrivain de science-fiction, trop res­tric­tive à son goût.

Mieux vaut aller à la biblio­thèque qu'à l'université

« Faites ce que vous aimez, et aimez ce que vous faites. L'imagination devrait être au centre de votre vie », pro­cla­mait Ray Bradbury, lui qui est tombé « amou­reux des livres » dès l'âge de 5 ans. Il a 7 ans quand il entre dans une biblio­thèque pour la pre­mière fois, en quête de livres sur le magi­cien d'Oz et sur Tarzan. « J'ai ouvert la porte de la biblio­thèque, j'ai regardé à l'intérieur, et il y avait tous ces gens qui m'attendaient, (...) des mil­liers de gens (...), les auteurs des livres. » Il découvre à la biblio­thèque ses plus grandes influences : Steinbeck, Shakespeare, Emily Dickinson et Edgar Poe. « Quand vous allez dans une biblio­thèque, vous allez à la décou­verte de vous-mêmes. »

Il affirme qu'il vaut mieux aller à la biblio­thèque qu'à l'université, d'autant plus que « la plu­part des étudiants n'ont pas d'argent ». « Quand j'ai quitté le lycée, c'était la Grande dépres­sion, se sou­vient l'écrivain. Je ne pou­vais pas aller à l'université, alors je suis allé à la biblio­thèque trois jours par semaine pen­dant 10 ans. » Cela semble lui avoir réussi.

La lec­ture au coeur de la démocratie

Depuis l'âge de 12 ans, Ray Bradbury a écrit tous les jours, sans excep­tion. Son livre le plus célèbre, Fahrenheit 451, publié pour la pre­mière fois en février 1951 et adapté par François Truffaut en 1966, raconte l'histoire d'un « pom­pier » chargé de brû­ler des livres licen­cieux. « Nous devons tirer des leçons de l'histoire à pro­pos de la des­truc­tion des livres. Quand j'avais 15 ans, Hitler a fait brû­ler des livres dans les rues de Berlin. J'ai alors appris com­bien c'était dan­ge­reux, parce que sans avoir de livres et sans savoir lire, on ne peut pas faire par­tie d'une société (...), pas par­ti­ci­per à une démo­cra­tie. Si vous ne savez pas lire, vous ne savez pas choisir. »

Mais pour Ray Bradbury, « il n'y a pas besoin de brû­ler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire », a déclaré l'auteur, qui s'est plaint vers la fin de sa vie de la trop grande place accor­dée à la tech­no­lo­gie. La télé­vi­sion ne fait pour lui que détruire l'intérêt pour la lit­té­ra­ture, tan­dis qu'Internet n'est qu'« une grande dis­trac­tion », affirme-t-il en 2009. Le web, « c'est vide de sens, ce n'est pas réel ». Vous voilà pré­ve­nus.

Quentin Duverger


Source(s) :
  • Youtube, latimes.com, lemonde.fr, ActuaLitté

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