Aide personnalisée en primaire : les enseignants contre, la Peep pour
80% des enseignants sont peu ou pas satisfaits de l'efficacité de l'aide personnalisée : c'est le principal enseignement d'une enquête(1) menée par le Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire.
Allongement de la journée et fatigue
Dans le cadre de l'aide individualisée, mise en place à la rentrée 2008, les professeurs des écoles doivent accorder deux heures par semaine de soutien aux élèves en difficulté scolaire. Les modalités précises en sont fixées par chaque école.
Si plus de la moitié des répondants reconnaissent que l'aide personnalisée permet de « créer une relation de confiance avec l'enseignant » et que les élèves ont « la possibilité de mieux s'exprimer en petits groupes », 80 % des enseignants interrogés critiquent cet allongement de la journée pour des élèves déjà fragiles scolairement, et la fatigue que cela entraîne (66 %). Ils émettent en outre des doutes sur l'efficacité durable de l'aide (42 %).
Des difficultés du ressort des RASED
Concernant le public ciblé, 56,65 % des enseignants pratiquent l'aide individualisée avec des élèves à lourdes difficultés, et 44,2 % d'entre eux jugent que certains élèves bénéficiant de l'AP auraient besoin de RASED mais ne sont pas pris en charge. Ce dispositif entretient pour le Snuipp une « confusion des genres » regrettable, entre « des difficultés "ordinaires" liées à l'acte d'apprendre » et « des difficultés spécialisées (attitude envers à l'activité scolaire, manque d'attention...) », qui relèvent de la compétence des seuls RASED, dont les effectifs ont été fortement réduits ces dernières années.
« A l'heure où le ministre ouvre une concertation, cette enquête va compter pour que l'aide à la difficulté scolaire soit totalement repensée. Elle devra être assurée à l'avenir sur le temps commun à tous les élèves et, pour cela, nous comptons sur la promesse de François Hollande d'avoir "plus de maîtres que de classes" », a confié à l'AFP Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp.
Souvent organisée pendant la pause déjeuner
La Peep, deuxième fédération de parents d'élèves, a réagi à la publication de cette enquête en demandant que l'aide personnalisée « soit maintenue » dans les écoles. Pour la Peep, l'enquête du Snuipp « est loin de refléter les opinions des parents et des enseignants qu'elle côtoie tous les jours (...) qui plébiscitent ce dispositif qui permet à des élèves de retrouver confiance en eux (...) [et] permettent à l'enseignant de tisser des liens différents avec les élèves ». Elle propose par contre que l'aide personnalisée, souvent organisée pendant la pause déjeuner, soit « placée à une période plus adaptée ».
- (1) Enquête menée par Internet, du 21 avril au 21 mai 2012, à laquelle 18.625 enseignants des écoles ont répondu.
- snuipp.fr, peep.asso.fr, AFP

