01.06.2012
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Rythmes scolaires : "sur le plan biologique, l'idéal c'est l'école le samedi"

Favorable au retour de la semaine de 4,5 jours à l'école, Vincent Peillon sus­cite la grogne d'une majo­rité de parents d'élèves, selon un son­dage IFOP. Paradoxe : la pro­messe de cam­pagne de François Hollande est approu­vée par 67% des Français. René Clarisse, chro­no­psy­cho­logue et maître de confé­rences en psy­cho­lo­gie du déve­lop­pe­ment à l'université de Tours, nous livre sa posi­tion de scientifique.

 René ClarisseÊtes-vous favo­rable à la fin de la semaine de 4 jours au pro­fit de 9 demi-journées de classe, allé­gées, à l'école ?

Nous dis­po­sons de don­nées tan­gibles, repo­sant sur des évalua­tions menées depuis 30 ans dans dif­fé­rentes villes et auprès de nom­breuses écoles. Sur le plan bio­lo­gique, l'idéal c'est la semaine de 4,5 jours avec école le samedi matin, ce qui était le cas pour la majo­rité des enfants avant la ren­trée 2008 et la réforme de Xavier Darcos. Le pro­blème avec la semaine de 4 jours c'est la désyn­chro­ni­sa­tion de l'horloge bio­lo­gique le week-end. Différents tra­vaux ont mon­tré que les enfants sont dans la pers­pec­tive du week-end dès le jeudi. Ces longs week-ends vont donc s'accompagner, le plus sou­vent, d'une perte de som­meil qui engendre des phé­no­mènes de fatigue. Quant à la solu­tion du mer­credi matin, ce peut être un com­pro­mis. Cette demi-journée du mer­credi a sou­vent un effet d'entraînement pour les jours qui suivent.

Quel est le rythme de tra­vail idéal au quotidien ?

L'enfant est peu dis­po­nible en début de mati­née, son atten­tion va ensuite pro­gres­ser jusqu'à 11h30-12h, régres­ser entre 12h et 15h, puis s'élever à nou­veau au cours de l'après-midi. Dans le cadre de la semaine de 4 jours, les élèves ont du mal à pro­gres­ser l'après-midi, sur­tout les plus jeunes. Je pré­co­nise donc que les appren­tis­sages sco­laires ne débutent pas avant 9h et se ter­minent vers 16h. Les enfants doivent aussi dis­po­ser d'une pause méri­dienne de 2h amé­na­gée pour leur per­mettre de « souf­fler ». Et il faut adap­ter les acti­vi­tés aux rythmes de l'enfant et du jeune. Il est pré­fé­rable de concen­trer les appren­tis­sages nou­veaux ou les acti­vi­tés qui demandent atten­tion entre 9h30 et 11h30, en sachant que l'optimum d'attention sera en fin de mati­née. L'après-midi, évitons de sol­li­ci­ter les enfants sur des tâches exi­geantes avant 14h30. Pour les moments moins favo­rables, ce peut être l'occasion aussi de tra­vailler autre­ment avec une péda­go­gie per­son­na­li­sée. Ces recom­man­da­tions valent pour le sport ! Il est aber­rant de sys­té­ma­ti­ser, comme cer­tains le conseillent, les cours d'EPS en tout début d'après-midi car c'est le moment où les acci­dents sont les plus fréquents.

Faut-il rac­cour­cir les « grandes vacances », parmi les plus impor­tantes en Europe ?

Au cours de l'année, l'idéal est d'alterner 7 semaines de tra­vail avec 2 semaines d'interruption. Il est pos­sible de conser­ver les trois zones sco­laires, pour pré­ser­ver l'économie du tou­risme, à condi­tion de les amé­na­ger pour éviter qu'une zone ne se retrouve avec des tri­mestres sco­laires dis­pro­por­tion­nés. Les vacances d'été devraient alors être rac­cour­cies de 2 semaines, en fixant la fin de l'année sco­laire autour du 15 juillet. Il fau­drait égale­ment 15 jours de repos à la Toussaint, car une semaine ce n'est pas assez pour oublier le rythme de l'école.

Devrait-on s'inspirer davan­tage de nos voi­sins européens ?

On ne peut pas assi­mi­ler le modèle fran­çais à celui des pays scan­di­naves et pla­quer un modèle sur un autre. La Finlande compte 12 fois moins d'habitants par exemple. Quelle est la part d'activité pro­fes­sion­nelle des mères dans ces dif­fé­rents pays ? On a une image idéa­li­sée de l'Allemagne : la situa­tion n'est plus celle des années 80. Le modèle des cours le matin et du sport l'après-midi a vécu : com­bien d'élèves alle­mands sont livrés à eux-mêmes l'après-midi ? En France, nous avons les congés d'été les plus impor­tants et il n'y a pas de quoi se van­ter. Mais l'essentiel est de res­pec­ter les rythmes de l'enfant en répar­tis­sant mieux les temps de travail.

Quels sont les risques si l'on ne tient pas compte des rythmes biologiques ?

Il suf­fit de regar­der les chiffres des centres du som­meil en France : de plus en plus d'enfants souffrent de troubles du som­meil. Cela génère une plus grande irri­ta­bi­lité, des phé­no­mènes de vio­lence et des situa­tions d'apathie. On fait sup­por­ter aux enfants des jour­nées de plus en plus impor­tantes. Derrière ce phé­no­mène, il y a une réflexion à mener pour amé­na­ger le temps de tra­vail des parents. Les struc­tures d'accueil qui vont prendre le relais pen­dant les temps péri et extra-scolaires doivent aussi être bien adap­tées et acces­sibles pour tous les enfants.

Comment être sûr de res­pec­ter le rythme de som­meil de son enfant ?

Le meilleur moyen c'est de se mettre dans la situa­tion où le réveil de l'enfant n'est pas pro­vo­qué. Imaginons que pen­dant les vacances, avec un réveil natu­rel, les parents constatent de manière répé­tée une durée de som­meil de 12h. Il suf­fit alors en période sco­laire, de cou­cher l'enfant plus tôt pour res­pec­ter cette durée. Précisons que de manière tout à fait nor­male, entre le CP et le CM2, l'enfant perd 10 à 15 minutes de som­meil par an. En revanche, le constat d'une réduc­tion de 30 à 45 minutes du temps de som­meil jour­na­lier des enfants en 30 ans pose une véri­table ques­tion de société. C'est dans la qua­lité du som­meil que s'écrit le déve­lop­pe­ment har­mo­nieux de l'enfant tant sur le plan cog­ni­tif que sur le plan social.

Charles Centofanti

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gibus
le 1 juin 2012

C'est tou­jours la même chose, on fait par­ler des gens qui n'ont rien à voir avec l'enseignement !! Travailler le samedi matin, ben voyons ! On voit bien que c'est pas celui qui dit qui fera !!!

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tudor
le 1 juin 2012

Les rythmes sco­laires ont bon dos !! La sur­charge horaire a peu à voir dans la fatigue, l'irritabilité des enfants ! Le manque de som­meil est dû à la sur­con­som­ma­tion de jeux vidéos et de télé, la vio­lence est due aux pro­blèmes de couples qui se séparent, aux mères qui bossent, au taux de chô­mage des pères etc... Arrêtons de prendre l'école et ses rythmes comme cause alors qu'elle n'est qu'un fac­teur (minime) parmi bien d'autres du malaise. Arrêtons d'être dupe svp, 4 jours ou 4,5 ne chan­ge­ront rien au malaise social actuel dont nos enfants sont les victimes !!

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MrsReno
le 1 juin 2012

D'accord pour le mer­credi matin.
Ok pour rac­cour­cir les grandes vacances, mais pas dans ce sens ! Plutôt reprendre le 16 août, les jour­nées de classe étant déjà très com­pli­quées en juin...

Attention à bien créer de vrais postes.
Priorité à le for­ma­tion ini­tiale et conti­nue des ensei­gnants; ins­tau­rer une for­ma­tion de formateurs.

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citrus
le 4 juin 2012

D'accord avec Tudor ! De plus même en com­men­çant l'école à 9h00 bon nombre d'enfants sont déjà levés depuis bien plus tôt !! Peu de per­sonnes com­mencent leur tra­vail à 9h00... Alors ce sera gar­de­rie de 8h00 à 9h00 ? Où est le béné­fice pour l'enfant ?
De plus, pour avoir tra­vaillé en mater­nelle et au Cp à l'époque du samedi matin, je peux vous dire que je me retrou­vais avec très peu d'effectifs voir 0 en mater­nelle ! Et là le sen­ti­ment de faire gar­de­rie pour les mères qui vont faire le shop­ping vous le res­sen­tez ! Le pro­blème ce ne sont pas les rythmes mais les pro­grammes ! Mais ça faut pas le dire ! Des pro­grammes trop ambi­tieux qui ne vont pas à l'essentiel ! Et les enfant sont aussi trop sol­li­ci­tés en dehors de l'école : ils sont tou­jours pris en charge par des struc­tures et là c'est le trop plein !

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tartelette
le 4 juin 2012

Si le bon rythme, c'est 7 semaines de cours et 2 de vacances, je ne vois pas en quoi ter­mi­ner les cours le 15 juillet res­pec­te­rait ce rythme (cela entraî­ne­rait plu­tôt 10 à 12 semaines d'affilée). La réduc­tion du temps de som­meil n'est pas due à la lon­gueur des jour­nées puisque jus­te­ment, lorsque les enfants dor­maient plus, les jour­nées étaient plus longues. La rai­son est d'une part les mères qui tra­vaillent, donc les enfants vont à la gar­de­rie soir et matin, et d'autre part le temps passé devant les écrans. Respecter les 12h de som­meil de mon enfant ? Quelle bonne idée, je n'y avais pas pensé ! mais pour le lever à 7h30 pour être à l'heure à l'école (dans l'hypothèse où mes horaires de tra­vail ne m'obligent pas à le lais­ser à la gar­de­rie et donc le lever plus tôt) je dois le cou­cher à 19h30 après avoir véri­fié ses devoirs, la douche et le repas. Quand à l'argument selon lequel nos vacances d'été sont les plus longues d’Europe, c'est faux et un "spé­cia­liste" devrait savoir de quoi il parle. Elles sont de 10 semaines en Finlande, 11 ou 12 en Espagne, 9 en Suède, etc... Alors qu'en France, il n'y a pas 2 mois com­plets, donc 8 semaines envi­ron. Là où nous sommes dans les records, c'est pour le faible nombre de jours d'école par an. Donc pas­ser à la semaine de 4,5 jours per­met­trait effec­ti­ve­ment d'alléger les jour­nées. Mais il ne faut pas oublier que l'école le samedi matin com­plique la vie des enfants dont les parents sont sépa­rés (et dont la vie est déjà compliquée...)

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Nylon
le 6 juin 2012

Tout à fait d'accord... Hélas, quand j'ai débuté le Dr Vermeil et Jeannette Bouton par­laient déjà de tout cela !
La cir­cu­laire Chevènement, Calmat avait réglé ce débat... en ins­ti­tuant 7 semaines tra­vaillées et 15 jours de congé.
Et pour­tant le lobby du tou­risme a eu gain de cause.
Je suis sûre en voyant nos élèves de mater­nelle que la semaine de 4 jours est très néfaste et je plaide en faveur du samedi pour le bien des plus jeunes !

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Profencolère
le 6 juin 2012

Messieurs les déci­deurs des rythmes sco­laires, allez faire un petit tour dans les familles pour consta­ter le rythme de vie des enfants !
Jeux vidéos, TV, ordi­na­teur pen­dant des heures par jour, pas de repas mais gri­gno­tage, heure de cou­chage après le film du soir quand l'enfant ne s'endort pas devant la TV dans sa chambre, enfant encore debout le week end à minuit, pas de petit déjeu­ner avant de venir le matin à l'école (excuse don­née : pas le temps !)... Comment voulez-vous que ces enfant ne soient pas fati­gués ou affai­blis ? qu'ils soient dis­po­nibles pour les appren­tis­sages ? Et là, il est ques­tion d'enfants du pri­maire de 6 à 11 ans !!
Les enfants qui sont sui­vis par leur famille (repas, som­meil, devoirs, res­pect des règles de l'école, écoute des équipes éduca­tives...) n'ont pas de pro­blème de rythme, de fatigue ou même sco­laire tout court ! L'école n'est pas là pour pal­lier les carences éduca­tives de cer­tains parents, mais pour ins­truire les enfants !

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erd
le 8 juin 2012

Directeur d'école, je suis effaré par le carac­tère pro­vo­ca­teur et incon­gru des orien­ta­tions de notre ministre. En effet sur le site du minis­tère, on peut lire que les chro­no­bio­lo­gistes jugent inutile de pro­lon­ger l'école au-delà de 14h30. La pré­sence à l'école d'enfants de mater­nelle atteint sou­vent 10h (8h/18h).
Etonnant égale­ment l'interprétation par­tielle des rythmes sco­laires euro­péens.
Les écoliers fran­çais tra­vaillent 926h/an, 6h/jour/4jours, c'est 300h de plus que les alle­mands avec des jour­nées qui sont 2 fois plus longues que les écoliers alle­mands ou fin­lan­dais ! On sait pour­tant que leurs résul­tats sont bien meilleurs (PISA).
Vouloir ajou­ter 100h de plus pour le bien des enfants et des ensei­gnants... est absurde et contre-productif.
Enfin selon les chiffres de l'OCDE le salaire d'un ensei­gnant alle­mand atteint après 15 ans 54184 € contre 31927€ à son col­lègue fran­çais (tous pays cumu­lés la moyenne est 39426€ ! Ces indi­ca­teurs (2010) sont offi­ciels (OECD).

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Claire Leconte
le 9 juin 2012

Certes ce n'est pas que l'école qui est cause de tous ces maux, mais quand elle s'obstine à vou­loir gaver les enfants d'un pro­gramme lourd sur quelques jours très mas­sés plu­tôt que réa­li­ser des appren­tis­sages dis­tri­bués dans le temps, elle a sa res­pon­sa­bi­lité dans cer­tains échecs. Quant au samedi de classe, on s’offusque : sait-on com­bien de parents doivent tra­vailler le samedi ? Le meilleur moyen de res­pec­ter le rythme veille-sommeil des enfants (pour pré­ser­ver le som­meil pro­fond de début de nuit qui seul, per­met de récu­pé­rer de la fatigue phy­sique) ? Installer un rythme à l'école sur 6 mati­nées : elles sont alors bien plus per­for­mantes pour les appren­tis­sages qu'on ne le dit sou­vent, en les allon­geant on peut alter­ner effi­ca­ce­ment des séquences péda­go­giques coû­teuses ou non sur le plan cog­ni­tif et y implan­ter les séances d'EPS ou d'arts plas­tiques indis­pen­sables pour valo­ri­ser l'estime de soi de chaque élève. Certes c’est un pro­jet de société mais celui qu’on nous impose depuis quelques années est-il le bon ? Le deve­nir de tous nos enfants vaut bien quelques sacri­fices d'adultes, minimes car le samedi matin, les parents peuvent accom­pa­gner leurs enfants à l’école et même par­ti­ci­per à des acti­vi­tés pro­po­sées ce matin-là. Les besoins connus des enfants seront-ils enfin prio­ri­taires par rap­port au sup­posé bien-être de beau­coup d'adultes ? Je tra­vaille depuis trente ans dans, avec et pour les écoles et ne suis pas quelqu'un qui n'a "rien à voir avec l'enseignement".

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profdep'tits
le 10 juin 2012

Attention aux juge­ments sans connais­sance réelle des besoins de l'enfant et du rôle de l'école... Profencolère a rai­son de pré­ci­ser que l'école ne peut pas com­bler les carences éduca­tives.
Arrêtons égale­ment de par­ler sans arrêt de "ces mères qui tra­vaillent" et qui ne peuvent plus s'occuper de leurs enfants ! Et les pères, où sont-ils ??
Je suis pour l'école le samedi matin si c'est le mieux pour les enfants, même si mon week-end sera tron­qué...
Mais je suis aussi pour un temps de tra­vail des parents adapté au rythme de leurs enfants : si tout le monde bos­sait 26 heures par semaine, tout le monde pour­rait allier vie pro­fes­sion­nelle et vie de famille (plu­tôt que maman à la mai­son sans vie sociale et papa absent parce qu'il tra­vaille 26 heures fois 2 pour rame­ner l'argent du foyer !)

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Tetelle
le 15 janvier 2013

Je ne suis pas d'accord : même si mes filles sont grandes main­te­nant, les WE per­met­taient aux parents de se poser un peu avec leurs enfants. Au lieu de bou­le­ver­ser tout le rythme sco­laire, pour­quoi ne pas revoir plu­tôt les méthodes d'apprentissage ? Apparemment on met­trait aussi éven­tuel­le­ment nos petits bouts a l'école dès 2 ans, à peine nés ils sont déjà dans un sys­tème qui ne leur laisse aucune enfance, ni le pro­fit de l'amour paren­tal; si les vacances sont écour­tées, il faut pen­ser aussi aux per­sonnes qui tra­vaillent et qui n'auront pas la pos­si­bi­lité de par­tir en vacances — et les parents divor­cés ? Celui qui a la garde au mois de juillet se trouve amputé de 15j de garde ! On change de sys­tème à chaque élec­tion, nos enfants sont pris en otage d'un ensei­gne­ment qu'il faut revoir de A à Z.

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