30.05.2012
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Ce que révèlent les "rapports secrets" de l'Education nationale

Formation des ensei­gnants, péda­go­gie en mater­nelle, inter­nats d'excellence... Les rap­ports des ins­pec­tions géné­rales publiés ven­dredi par Vincent Peillon révèlent de nou­velles lacunes du sys­tème éducatif.

Vincent Peillon, nou­veau ministre de l'Education natio­nale, a publié le 25 mai der­nier 17 rap­ports d'inspection enter­rés depuis 2009. Voici quelques extraits des conclu­sions de ces « rap­ports secrets ».

Réforme de la for­ma­tion : un bilan glo­ba­le­ment positif

La dimi­nu­tion de la for­ma­tion théo­rique des ensei­gnants en faveur de stages en res­pon­sa­bi­lité n'a pas amé­lioré la qua­lité des ensei­gne­ments. Au contraire, une note d'avril 2011 signale que « la néces­sité de "faire face" à la diver­sité et à la lour­deur des tâches a par­fois conduit les pro­fes­seurs sta­giaires du second degré à pri­vi­lé­gier le recours à des démarches péda­go­giques quelque peu pla­quées et médio­cre­ment réflé­chies ». Le rap­port encou­rage une réflexion sur « une entrée plus pro­gres­sive » dans la profession.

Toutefois, en juillet 2011, une nou­velle note de l'inspection observe que « le nombre de refus de titu­la­ri­sa­tion [est] soit stable, soit même par­fois infé­rieur à celui de 2010 » et que les obser­va­tions des cor­res­pon­dants aca­dé­miques dressent « en fin d'année un bilan glo­ba­le­ment posi­tif, plus affirmé dans le pre­mier degré ».

Absence des ensei­gnants : des chiffres sous-évalués

Le rap­port sur les rem­pla­ce­ment d'enseignants absents de juin 2011 est peut-être le plus explo­sif. Ce rap­port « confirme en sub­stance que non seule­ment le rem­pla­ce­ment des absences de moins de 15 jours n'est pas assuré mais qu'en plus toutes les absences ne sont pas comp­ta­bi­li­sées, si bien que le minis­tère, en interne, sous-évalue le pro­blème », a com­menté Vincent Peillon sur France Info.

En outre, à cause de la poli­tique de sup­pres­sions de postes menée depuis cinq ans, « les viviers [de rem­pla­çants] appa­raissent comme épui­sés », notent les auteurs du rap­port. Entre juin 2009 et juin 2010, les effec­tifs des rem­pla­çants du second degré ont par exemple baissé de 18 %. L'image dégra­dée du métier d'enseignant laisse pré­sa­ger une aggra­va­tion de la pénu­rie : le métier est en effet « de plus en plus dif­fi­cile à exer­cer (...), plus dif­fi­ci­le­ment acces­sible car sou­mis à des régu­la­tions bud­gé­taires (...), peu rému­né­ra­teur au regard des études désor­mais néces­saires pour (...) un métier somme toute peu valorisant ».

Le rap­port se conclut sur près de trente pré­co­ni­sa­tions pour amé­lio­rer la ges­tion des remplacements.

Maternelle : omni­pré­sence de l'écrit

Le rap­port sur l'école mater­nelle dénonce en par­ti­cu­lier la trop grande place accor­dée à « la pré­pa­ra­tion à la lec­ture et à l'écriture au détri­ment d'autres acqui­si­tions », et la « fai­blesse de la péda­go­gie du lan­gage oral », avec peu de place lais­sée à une réelle expres­sion des enfants, qui se contentent sou­vent de répondre aux ques­tions du maître. Pour que l'école mater­nelle devienne réel­le­ment « un lieu de sti­mu­la­tions (...) et de mise en place des bases de l'égalité des chances », les ensei­gnants ont encore « besoin de formation ».

Directeurs d'école : poids écra­sant des tâches administratives

Une note de syn­thèse de juillet 2011, consa­crée à la réforme de l'enseignement pri­maire, observe que le direc­teur est aujourd'hui très absorbé par son tra­vail admi­nis­tra­tif : « Dans les chan­ge­ments de ces trois der­nières années, les direc­teurs voient plus la cause d'un alour­dis­se­ment du tra­vail admi­nis­tra­tif qu'une évolu­tion de leurs fonctions ».

Si « des moyens spé­ci­fiques consé­quents » et « des outils tech­niques adap­tés ont été créés », les « orga­ni­sa­tions mises en place (suivi des acquis des élèves, réponses coor­don­nées pour les élèves en dif­fi­culté) concernent essen­tiel­le­ment le maître et sa classe ». Le direc­teur dis­pose au final « de peu d'informations sur ce que font les autres ensei­gnants » de l'école, et n'a pas vrai­ment de poids « sur les ques­tions pédagogiques ».

Internats d'excellence : trop chers pour durer ?

Les inter­nats d'excellence « dis­posent de bud­gets de fonc­tion­ne­ment confor­tables", qui leur per­mettent pour l'instant de faire face à un coût par élève oscil­lant en moyenne « entre 2.000 et 10.000 € » (hors masse sala­riale). Mais ces inter­nats ont béné­fi­cié de moyens excep­tion­nels « dans le cadre des inves­tis­se­ments d'avenir », et leur péren­nité n'est donc pas assurée.

D'autre part, cer­tains ensei­gnants ont déploré que dans ces établis­se­ments d'« excel­lence », les élèves sont loin d'être tous excel­lents. Au contraire, les pro­fes­seurs « observent une grande hété­ro­gé­néité, sur­tout en col­lège ». Les parents regrettent cette situa­tion : « on vou­lait sor­tir nos enfants de l'ambiance du quar­tier et on retrouve ici fina­le­ment les mêmes élèves ». Un éton­ne­ment par­tagé par les « bons ou très bons élèves, (...) déçus de consta­ter que tous leurs cama­rades ne leur res­semblent pas ».

Rénovation de la voie pro­fes­sion­nelle : aug­men­ta­tion pré­oc­cu­pante des sorties

« La hausse des sor­ties, même si celles-ci sont en par­tie des pour­suites de for­ma­tion, consti­tue une alerte sur le fonc­tion­ne­ment de la seconde pro­fes­sion­nelle », note le rap­port. En effet, « un peu plus d'un jeune sur cinq ne passe pas en pre­mière ». Malgré cela, le « taux d'accès au bac­ca­lau­réat » pro­fes­sion­nel devrait connaître « un accrois­se­ment sensible ».

Source(s) :
  • education.gouv.fr, franceinfo.fr, lesechos.fr, lepoint.fr, letelegramme.com, quoi.info

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jimbee
le 31 mai 2012

Quoi de nou­veau ? Étant ensei­gnant, ces "rap­ports cachés" ne nous apprennent rien qu'on ne sache déjà mal­heu­reu­se­ment ! Je com­prends que Mrs Chatel et Darcos aient eu du mal à les rendre public étant donné l'image néga­tive qu'ils donnent du monde éduca­tif et des réformes enga­gées depuis plus de cinq ans contre l'avis des per­son­nels ensei­gnants, les plus qua­li­fiés quoiqu'on pense, pour dire les néces­si­tés des élèves actuels. M. Chatel a subi de nom­breuses attaques des syn­di­cats et des ensei­gnants à la suite de M. Darcos parce qu'ils n'ont jamais écouté les demandes urgentes des écoles (qu'elles soient du privé comme du public !) Nous avons alerté à de mul­tiples reprises par des appels, des mani­fes­ta­tions, des jour­nées de grève, sou­te­nus par les parents d'élèves, sur la catas­trophe annon­cée dans l'éducation natio­nale. Nous y sommes !

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alainaugé
le 3 juin 2012

Absences de courte durée : 2h par semaine (sous-évaluées) sur 26h repré­sentent un an d'absence sur 13 ans de sco­la­rité !! Il faut orga­ni­ser les rem­pla­ce­ments en interne via des HSE, et pour des dis­ci­plines voi­sines. Cela ne peut plus être basé sur le volon­ta­riat. Quant au vivier de rem­pla­çants, il existe (retrai­tés, mas­ters 2, établis­se­ments voi­sins...). Il suf­fit de se don­ner la peine d'organiser ces rem­pla­ce­ments. Les prin­ci­paux et pro­vi­seurs sont entiè­re­ment res­pon­sables de l'actuel gâchis, car lois et décrets existent.

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clémence
le 3 juin 2012

Bonjour,
Les rap­ports ? Établis par qui ? Des profs de ter­rain? Sûrement pas ! Voir celui sur la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle ! Rédigé par des pis­ton­nés qui n'ont jamais vu d'élèves ou quelques semaines et qui ont été pro­mus à des postes de res­pon­sa­bi­lité pour leur longue expé­rience ! Et nous on rame devant les élèves, les parents, l'inspection et l'administration pour des salaires de misère (voir les salaires en Allemagne...ou même en Grèce ou en Espagne). Ces rap­ports sont des obser­va­tions vir­tuelles loin de la réalité.

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