15.05.2012
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François Hollande : l'école, "arme de l'égalité républicaine"

Lors de son dis­cours aux Tuileries, François Hollande a rendu hom­mage à Jules Ferry et salué l'école "lieu de liberté, d'émancipation, d'égalité".

Discours de François Hollande aux Tuileries

Hommage de François Hollande à Jules Ferry. © TF1

Lors de son dis­cours cet après-midi dans le jar­din des Tuileries, François Hollande a rendu hom­mage à Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique de 1832 à 1893 et auteur des lois répu­bli­caines ren­dant l'école "gra­tuite, laïque et obli­ga­toire". Un choix logique pour le pré­sident socia­liste nou­vel­le­ment investi, qui a placé l'éducation au coeur de sa campagne.

Plus de 300 per­son­na­li­tés de la com­mu­nauté de l'éducation et de la recherche, parmi les­quelles les anciens ministres de l'Education Jacques Lang et Jean-Pierre Chevènement, ainsi que des repré­sen­tants des parents d'élèves et des syn­di­cats d'enseignants ont été conviés. Près de 500 élèves de col­lèges pari­siens, issus des aca­dé­mies de Paris, Versailles et Créteil étaient égale­ment présents.

François Hollande a déposé une gerbe au pied de la sta­tue de Jules Ferry, avant de lui rendre un vibrant hom­mage — tout en déplo­rant la "faute morale et poli­tique" qu'a consti­tué "sa défense de la colo­ni­sa­tion". Le nou­veau pré­sident avait sus­cité la pre­mière polé­mique de son man­dat en choi­sis­sant de rendre hom­mage à Jules Ferry, qui déclara en juillet 1885 à l'Assemblée natio­nale qu'"il y a pour les races supé­rieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civi­li­ser les races inférieures".

François Hollande était ici pour saluer le "légis­la­teur" Ferry, à l'origine des lois du 16 juin 1881 et du 28 mars 1882, ren­dant l'enseignement laïc, gra­tuit et obligatoire.

"Je connais la dif­fi­culté de votre tâche, j'en sais la grandeur"

Le nou­veau pré­sident voit l'école comme un "lieu de liberté, un lieu d'émancipation, un lieu d'égalité", et la source de la "jus­tice" sociale. "Arme de l'égalité répu­bli­caine", elle doit être un lieu d'"intégration de tous les enfants, d'où qu'ils viennent". C'est pour­quoi "prio­rité sera accor­dée aux écoles des quar­tiers popu­laires ainsi qu'à celles de cer­taines zones rurales (...), aban­don­nées, oubliées".

Il a sou­haité adres­ser ses pre­miers mots de pré­sident de la République "aux pro­fes­seurs des écoles, aux ensei­gnants du secon­daire, aux uni­ver­si­taires, aux cher­cheurs (...) mais aussi à tous les agents, des plus modestes jusqu'aux plus pres­ti­gieux". "Je connais la dif­fi­culté de votre tâche, j'en sais la gran­deur", a assuré François Hollande.

Une "nou­velle hié­rar­chie de valeurs", avec "la science" au sommet

François Hollande a réaf­firmé sa pro­messe de recru­ter 60.000 per­son­nels pour l'Education natio­nale, sou­hai­tant que l'école "retrouve tous les moyens d'être fidèle à sa voca­tion", et rap­pe­lant qu'"on ne peut pas ensei­gner sans un enca­dre­ment suf­fi­sant", ni sans une véri­table "for­ma­tion pro­fes­sion­nelle" pour les enseignants.

Il veut mettre en place une "nou­velle hié­rar­chie de valeurs", au som­met de laquelle on trou­vera "la science, l'intelligence, la recherche, la volonté d'apprendre et de trans­mettre", qui devront être res­pec­tées "bien davan­tage que l'argent".

Les prin­cipes des lois Ferry : "égalité, mixité sociale, laï­cité" et "appren­tis­sage de la citoyen­neté", seront au coeur de la poli­tique que François Hollande conduira, "pour que la jeune géné­ra­tion puisse vivre mieux que la nôtre". Il s'est posé en "garant de la trans­mis­sion des connais­sances" et "de l'égalité républicaine".

Le nou­veau pré­sident doit main­te­nant se rendre à l'Institut Curie, pour rendre hom­mage à Marie Curie. Si Jules Ferry est un sym­bole de la fon­da­tion de la répu­blique et de l'école, Marie Curie repré­sente la recherche scien­ti­fique (avec ses deux prix Nobel, de phy­sique en 1903 et de chi­mie en 1911), la parité, et l'intégration des étran­gers en France.

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Vos réactions :

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zelda Jørgensen
le 16 mai 2012

Oui c'était un beau dis­cours...
Il nous a émus car il tra­duit nos rêves et les espoirs que nous for­mons (ou for­mions quant il était encore temps) pour nos enfants... nous les familles aux reve­nus modestes qui ne sommes pas en mesure d'envoyer nos enfants dans des écoles payantes.
L'égalité des chances pour tous par l'école, oui, c'était un beau pro­jet que celui de Jules Ferry et cela demeure un beau rêve.
Espérons que Monsieur Hollande gar­dera tou­jours le même cap et le même rêve de jus­tice et d'égalité.

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Adèle
le 21 mai 2012

Le 2 mai 2012, j'ai appris avec stu­peur que je me ren­dais tous les jours dans un Institut inexis­tant après la décla­ra­tion de Nicolas Sarkozy sur la sup­pres­sion des IUFM et les qua­li­fiant de "catas­trophe", pro­vo­quant d'ailleurs la réac­tion indi­gnée des Directeurs d'IUFM dans la publi­ca­tion d'un démenti . (cf votre article du 04/05/2012).
Non seule­ment je ne tra­vaillais pas , mais mal, en plus !
Alors com­ment dire mon sou­la­ge­ment après avoir entendu le dis­cours de François Hollande au pied de la sta­tue de Jules Ferry, qui a fait pas­ser mon sta­tut, ainsi que celui de mes col­lègues et des 30000 étudiants ins­crits, de l'état de fan­tôme à celui de rouage dans l'avenir de la nation ? :
Merci.

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