Le quinquennat Sarkozy a favorisé les conflits entre enseignants et chefs d'établissement
Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, dénonce aujourd'hui dans le Monde la politique éducative du gouvernement Sarkozy, qui a fait monter "une pression considérable" sur les chefs d'établissement, et généré "des antagonismes parfois vifs" avec les enseignants.
Selon Philippe Tournier, sous le quinquennat Sarkozy, le proviseur auparavant "concentré sur ses missions bureaucratiques" s'est mué en "manager multitâches" à qui incombent à la fois "la gestion administrative et financière, le pilotage pédagogique" et la gestion d'"une partie des ressources humaines", soumis aux pressions du ministère, des recteurs et des collectivités territoriales.
"Le rythme de travail est effréné, confirme Eric Mansencal, principal d'un collège en Seine-et-Marne et secrétaire général adjoint du Snupden-FSU. On est en première ligne dans la mise en oeuvre des réformes; aux yeux des enseignants, on est donc responsables de la dégradation de leurs conditions de travail."
Tiraillés entre les exigences des institutions, celles des parents, des élèves et des enseignants, soumis à la fatigue due à une charge de travail excessive, les chefs d'établissements sont "parfois moins enclins au dialogue", reconnaît Eric Mansencal.
Selon le Monde, la moitié des personnels des direction affirme en effet effectuer plus de 50 heures de travail par semaine.
"Autrefois, enseignants et personnels de direction avaient le sentiment d'appartenir à une même famille et réglaient leurs problèmes 'en famille'. C'est moins le cas aujourd'hui", déplore Philippe Tournier.

