07.05.2012
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Comment protéger et préserver sa voix ?

Si cer­tains ensei­gnants n'auront jamais de dif­fi­cul­tés, d'autres devront s'entraîner plu­sieurs années pour déve­lop­per leur résis­tance, leur effi­ca­cité et leurs per­for­mances vocales. Voici quelques conseils et outils pour écono­mi­ser sa voix et éviter laryn­gite, enroue­ment voire aphonie.
Voix

Flickr/laurent.breillat

« Les jeunes ins­ti­tu­teurs ne savent pas prendre soin de leur prin­ci­pal outil de tra­vail, constate Linda Bsiri, for­ma­trice en voix et auteure d'un guide de la voix pour les ensei­gnants (1). Ils n'ont pas appris à l'économiser pour mieux la pré­ser­ver. Pourtant quelques conseils avi­sés et un peu d'exercice peuvent leur faire gagner plu­sieurs années d'apprentissage en la matière. » De fait, selon une enquête de la Mutuelle géné­rale de l'éducation natio­nale (MGEN) menée en 2005 auprès des ensei­gnants, un homme sur trois et une femme sur deux déclarent avoir sou­vent ou tou­jours des troubles de la voix.

Progresser par étapes

Prendre soin de sa voix, c'est d'abord la pré­pa­rer. « C'est apprendre à bien res­pi­rer, explique Linda Bsiri, car le son repose sur le souffle. » Cela signi­fie uti­li­ser toute la capa­cité res­pi­ra­toire de ses pou­mons pour appor­ter un maxi­mum d'oxygène aux muscles et cer­veau. Concrètement, c'est res­pi­rer avec le ventre. « C'est aussi avoir une bonne pos­ture des orteils aux oreilles, ajoute la for­ma­trice. Il s'agit d'être bien ancré dans le sol, d'avoir les pieds posés à plat, de se tenir droit, les épaules ouvertes. »

Produire les sons

Après la pré­pa­ra­tion, vient la « fabrique » du son. Ce der­nier com­mence tou­jours sans attaque, il est comme un ath­lète qui démarre dou­ce­ment pour s'échauffer puis aug­mente l'intensité de son acti­vité au fur et à mesure de la pra­tique. Il s'ouvre pro­gres­si­ve­ment. L'air qui va action­ner les cordes vocales, doit être ampli­fié. « L'idée est donc d'utiliser d'une part ce que j'appelle les réso­na­teurs du crâne, ces éléments dont cha­cun peut prendre conscience en émet­tant de petits bour­don­ne­ments. Et d'autre part les éléments de la bouche qui vont don­ner leur forme au son, la langue et le palais. ».

Donner du rythme à son discours

Une voix fati­guée lasse l'auditoire, tout comme un dis­cours sans rythme. Ce qui bien sou­vent amène l'enseignant à for­cer sur sa voix pour récu­pé­rer l'attention de ses élèves.
« Le registre de la voix et l'intensité des sons sont liés au rythme des pro­pos, indique Linda Bsiri. Les ensei­gnants qui ne veulent pas voir leur classe s'endormir et leur voix s'enrayer doivent jouer avec les graves, les aigus et la vitesse des mots. Sachant qu'un silence bien placé peu avoir le même effet que l'élévation du son de la voix. »

Apprendre et s'entraîner

Pour écono­mi­ser sa voix, rien ne vaut une bonne for­ma­tion, un entraî­ne­ment régu­lier ainsi qu'une bonne hygiène de vie. Préférer l'eau et les tisanes à l'alcool qui irrite les cordes vocales et aux bois­sons gazeuses qui favo­risent l'acidité gas­trique. Enfin, pri­vi­lé­gier des envi­ron­ne­ments calmes et prendre soin de son som­meil. En effet, un corps fati­gué et stressé pro­duira une voix ser­rée sans répon­dant ni tonus.

Delphine Barrais

Note(s) :
  • (1) Guide de la voix à l'usage des enseignants : cycles 1, 2 et 3 Editions Retz 2010

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