20.04.2012
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The Voice : pour Jhony Maalouf, "la science et la musique se complètent"

Chercheur au CNRS de Lyon, Jhony Maalouf, 29 ans, fait par­tie des favo­ris de l'émission « The Voice : la plus belle voix », dif­fu­sée en prime time le samedi soir sur TF1. Candidat chou­chou du public, pour sa voix et son sta­tut de chercheur-chanteur aty­pique, Jhony Maalouf veut gar­der la tête froide mais n'exclut pas de ten­ter un jour une car­rière de chan­teur. Entretien.
Jhony Maalouf candidat émission The Voice

Photo ©Phillippe Leroux / TF1

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous pré­sen­ter à l'émission The Voice ?

En fait, ce n'est pas vrai­ment une démarche per­son­nelle. J'ai été contacté direc­te­ment par l'équipe de cas­ting de l'émission. C'était une demi sur­prise, car il y avait un lien : je pra­tique la musique depuis plu­sieurs années en paral­lèle de mon travail.

Quand avez-vous com­mencé à chan­ter en public ?

J'ai com­mencé très tôt, à l'église, au Liban. Je devais avoir huit ans la pre­mière fois et je chan­tais au sein d'une cho­rale. Ce n'est qu'à par­tir de 2004 que j'ai entamé une véri­table démarche artis­tique, en France. J'ai d'abord chanté au sein d'un pre­mier groupe, « Incase », et depuis 2005 avec « Broadwave » com­posé d'un groupe de potes.

Comment passe-t-on des tubes à essai aux tubes musicaux ?

J'aimerais bien faire des tubes musi­caux ! Mais pour le moment, je n'en suis pas encore là. Blague à part, le lien s'est fait assez natu­rel­le­ment. Je suis cher­cheur contrac­tuel, « post­doc » dans le jar­gon, au CNRS. C'est mon pre­mier métier après mon doc­to­rat en bio­chi­mie, obtenu il y a quatre ans. Et depuis le début de ma thèse, je fais de la musique un à deux jours par semaine. Après une jour­née de tra­vail, je res­sens le besoin d'enchaîner tout de suite avec mon groupe et on joue sou­vent jusqu'à minuit.

Comment parvenez-vous à conci­lier vos deux passions ?

Il n'y a rien d'antinomique, contrai­re­ment à ce qu'imaginent sou­vent les gens. D'ailleurs, dans l'unité où je tra­vaille, il y a de nom­breux artistes ! La science est une acti­vité très réflé­chie : on se demande pour­quoi ça a fonc­tionné et, à l'inverse, pour­quoi ça n'a pas mar­ché. Avec la musique, on arrête de réflé­chir mais comme dans la recherche il faut trou­ver sans cesse de nou­velles idées. Finalement, les deux mondes se com­plètent bien.

Comment vivez-vous le fait de quit­ter l'univers confiné d'un labo­ra­toire pour les lumières d'un pla­teau TV scruté par plu­sieurs mil­lions de téléspectateurs ?

Pour l'instant, je ne me rends pas compte de l'impact de l'émission. La semaine der­nière, j'ai tra­vaillé toute la semaine au labo, avec un emploi du temps amé­nagé pour pou­voir suivre les répé­ti­tions. J'essaye de conti­nuer comme je peux les deux acti­vi­tés. C'est très enri­chis­sant de ren­con­trer des artistes et cela se passe dans des condi­tions grandioses.

Quel regard portent vos col­lègues de tra­vail et votre supé­rieur hié­rar­chique sur votre ascen­sion médiatique ?

Nous sommes tout le temps en contact. Tous les membres du labo­ra­toire sont der­rière moi et mon chef m'encourage non stop. C'est plai­sant mais j'ai besoin de recul car ce sont mes col­lègues qui me font prendre conscience de mon par­cours. Quand je reviens au labo, j'enfile ma blouse et je conserve mes habi­tudes. Je reprends le domaine sur lequel je bosse depuis trois ans : la bio­lo­gie cellulaire.

Envisagez-vous d'arrêter un jour la recherche pour vous consa­crer à la musique ?

Je pense vrai­ment que si j'ai la chance de pou­voir faire de la musique à plein temps, j'essaierai. Ceci dit, même si je ne suis pas encore titu­laire au CNRS, j'aime beau­coup mon métier et je ne veux pas tout aban­don­ner du jour au len­de­main. Néanmoins, la musique c'est for­mi­dable car on touche direc­te­ment les gens. Et si l'occasion m'est don­née d'aller plus loin, je ne bana­li­se­rai pas cette opportunité.

Comment abordez-vous le troi­sième « live » samedi 21 avril ?

Deux des six « live » ont déjà eu lieu. Mais comme chaque « prime », il s'agit de l'étape ultime. C'est une immense res­pon­sa­bi­lité de se pro­duire en direct devant tant de monde. Il faut donc vrai­ment faire les choses bien, en répé­tant sérieu­se­ment pour être capable d'assurer le show.

Et si vous aviez carte blanche, avec quel artiste aimeriez-vous chan­ter en duo ?

Si j'avais l'embarras du choix, je dirais Tori Amos. Avec elle au piano et moi au chant, ce serait vrai­ment le top !

Charles Centofanti

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fan77
le 20 avril 2012

Bravo ! Je pense qu'il ne faut pas sacri­fier ses pas­sions sur l'autel de sa car­rière. C'est génial que vos col­lègues vous sou­tiennent. Votre exemple per­met de balayer les cli­chés du cher­cheur autiste, enfermé dans son labo­ra­toire, peu sou­cieux des autres et pré­oc­cupé uni­que­ment par ses éprouvettes !

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