The Voice : pour Jhony Maalouf, « la science et la musique se complètent »

L’invité

Chercheur au CNRS de Lyon, Jhony Maalouf, 29 ans, fait partie des favoris de l’émission « The Voice : la plus belle voix », diffusée en prime time le samedi soir sur TF1. Candidat chouchou du public, pour sa voix et son statut de chercheur-chanteur atypique, Jhony Maalouf veut garder la tête froide mais n’exclut pas de tenter un jour une carrière de chanteur. Entretien.

Jhony Maalouf candidat émission The Voice

Photo ©Phillippe Leroux / TF1

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter à l’émission The Voice ?

En fait, ce n’est pas vraiment une démarche personnelle. J’ai été contacté directement par l’équipe de casting de l’émission. C’était une demi surprise, car il y avait un lien : je pratique la musique depuis plusieurs années en parallèle de mon travail.

Quand avez-vous commencé à chanter en public ?

J’ai commencé très tôt, à l’église, au Liban. Je devais avoir huit ans la première fois et je chantais au sein d’une chorale. Ce n’est qu’à partir de 2004 que j’ai entamé une véritable démarche artistique, en France. J’ai d’abord chanté au sein d’un premier groupe, « Incase », et depuis 2005 avec « Broadwave » composé d’un groupe de potes.

Comment passe-t-on des tubes à essai aux tubes musicaux ?

J’aimerais bien faire des tubes musicaux ! Mais pour le moment, je n’en suis pas encore là. Blague à part, le lien s’est fait assez naturellement. Je suis chercheur contractuel, « postdoc » dans le jargon, au CNRS. C’est mon premier métier après mon doctorat en biochimie, obtenu il y a quatre ans. Et depuis le début de ma thèse, je fais de la musique un à deux jours par semaine. Après une journée de travail, je ressens le besoin d’enchaîner tout de suite avec mon groupe et on joue souvent jusqu’à minuit.

Comment parvenez-vous à concilier vos deux passions ?

Il n’y a rien d’antinomique, contrairement à ce qu’imaginent souvent les gens. D’ailleurs, dans l’unité où je travaille, il y a de nombreux artistes ! La science est une activité très réfléchie : on se demande pourquoi ça a fonctionné et, à l’inverse, pourquoi ça n’a pas marché. Avec la musique, on arrête de réfléchir mais comme dans la recherche il faut trouver sans cesse de nouvelles idées. Finalement, les deux mondes se complètent bien.

Comment vivez-vous le fait de quitter l’univers confiné d’un laboratoire pour les lumières d’un plateau TV scruté par plusieurs millions de téléspectateurs ?

Pour l’instant, je ne me rends pas compte de l’impact de l’émission. La semaine dernière, j’ai travaillé toute la semaine au labo, avec un emploi du temps aménagé pour pouvoir suivre les répétitions. J’essaye de continuer comme je peux les deux activités. C’est très enrichissant de rencontrer des artistes et cela se passe dans des conditions grandioses.

Quel regard portent vos collègues de travail et votre supérieur hiérarchique sur votre ascension médiatique ?

Nous sommes tout le temps en contact. Tous les membres du laboratoire sont derrière moi et mon chef m’encourage non stop. C’est plaisant mais j’ai besoin de recul car ce sont mes collègues qui me font prendre conscience de mon parcours. Quand je reviens au labo, j’enfile ma blouse et je conserve mes habitudes. Je reprends le domaine sur lequel je bosse depuis trois ans : la biologie cellulaire.

Envisagez-vous d’arrêter un jour la recherche pour vous consacrer à la musique ?

Je pense vraiment que si j’ai la chance de pouvoir faire de la musique à plein temps, j’essaierai. Ceci dit, même si je ne suis pas encore titulaire au CNRS, j’aime beaucoup mon métier et je ne veux pas tout abandonner du jour au lendemain. Néanmoins, la musique c’est formidable car on touche directement les gens. Et si l’occasion m’est donnée d’aller plus loin, je ne banaliserai pas cette opportunité.

Comment abordez-vous le troisième « live » samedi 21 avril ?

Deux des six « live » ont déjà eu lieu. Mais comme chaque « prime », il s’agit de l’étape ultime. C’est une immense responsabilité de se produire en direct devant tant de monde. Il faut donc vraiment faire les choses bien, en répétant sérieusement pour être capable d’assurer le show.

Et si vous aviez carte blanche, avec quel artiste aimeriez-vous chanter en duo ?

Si j’avais l’embarras du choix, je dirais Tori Amos. Avec elle au piano et moi au chant, ce serait vraiment le top !

1 commentaire sur "The Voice : pour Jhony Maalouf, « la science et la musique se complètent »"

  1. fan77  20 avril 2012 à 14 h 33 min

    Bravo ! Je pense qu’il ne faut pas sacrifier ses passions sur l’autel de sa carrière. C’est génial que vos collègues vous soutiennent. Votre exemple permet de balayer les clichés du chercheur autiste, enfermé dans son laboratoire, peu soucieux des autres et préoccupé uniquement par ses éprouvettes !

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