02.04.2012
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Existe-t-il un rythme scolaire idéal ?

L'éternelle ques­tion des rythmes sco­laires revient au devant de la scène, via les pro­po­si­tions des can­di­dats à l'élection pré­si­den­tielle. Les réponses ne manquent pas. Professeurs, syn­di­cats et expert s'expliquent, sans tout à fait s'accorder.

A la veille des élec­tions, le débat sur les rythmes sco­laires est rou­vert. François Hollande qui pré­co­nise par exemple un retour à la semaine de 4 jours et demi a annoncé que « la réforme des rythmes sco­laires serait une prio­rité ». Mais quelles réponses donner ?

Choisir les bons critères

Pour établir le rythme sco­laire idéal, encore faut-il tenir compte des bons cri­tères : rythme bio­lo­gique des élèves, rythme social imposé par les familles (parents qui rentrent tard, famille sépa­rée avec alter­nance de week-ends ou de semaines,...), temps néces­saire à la trans­mis­sion des pro­grammes établis...

Le psy­cho­phy­sio­lo­giste Hubert Montagner explique que « les élèves en dif­fi­culté ou ceux qui connaissent une situa­tion fami­liale déli­cate ont sou­vent besoin d'un peu de temps en arri­vant à l'école pour retrou­ver une cer­taine séré­nité et être récep­tifs aux mes­sages du pro­fes­seur. » D'où l'idée de repor­ter l'abord des points essen­tiels d'un cours à la pre­mière heure de la journée.

Par ailleurs, l'attention des élèves serait maxi­male entre 9 h 30 et 11 h 30 puis de 15 heures à 16 h 30, cré­neaux dont la durée varie bien entendu selon l'âge. Dans tous les cas, les efforts intel­lec­tuels après le repas sont dif­fi­ciles, tan­dis que les heures de fin de jour­née sont pro­pices aux acti­vi­tés ludiques.

Un débat nécessaire

« C'est une bonne chose que le rythme sco­laire soit à nou­veau en débat, recon­naît Amélie, pro­fes­seur des écoles dans les Yvelines. Toutes les études montrent que le rythme actuel ne convient pas aux enfants, tant sur la jour­née que dans l'année. » Mieux vau­drait, selon elle, des jour­nées moins longues sur 5 jours « voire des vacances un peu dimi­nuées pour le bien-être de tous, les enfants, les parents et nous, les enseignants. »

« La semaine de 4 jours est une erreur, ajoute Sophie, pro­fes­seur dans le Maine-et-Loire qui a déjà expé­ri­menté ce rythme. Elle nous laisse moins de sou­plesse car nous ne pou­vons plus allé­ger excep­tion­nel­le­ment le pro­gramme à un moment où on sent les enfants fati­gués. En concen­trant le tra­vail, la rêve­rie n'est plus de mise. »

« Concernant le rac­cour­cis­se­ment des jour­nées de cours, que feraient les enfants libé­rés plus tôt par l'école ?, rebon­dit Brigitte Barennes, secré­taire natio­nale à la péda­go­gie du SNALC. Les parents tra­vaillent et il fau­drait alors réflé­chir à une prise en charge par­ti­cu­lière à l'école ou au sein des col­lec­ti­vi­tés. Ce qui implique de recru­ter du per­son­nel com­pé­tent pour pro­po­ser des acti­vi­tés spor­tives et cultu­relles à valeur ajou­tée qui béné­fi­cie­raient vrai­ment aux enfants. »

Réfléchir à la ques­tion des rythmes sco­laires, « c'est s'interroger sur une prise en charge glo­bale des enfants et sur les conte­nus des pro­grammes, pour­suit Brigitte Barennes. Alors que les élèves semblent écra­sés par le poids des cours en secon­daire, nous consta­tons plu­tôt une baisse du nombre d'heures de cours. Un élève de 3e aujourd'hui a suivi 800 heures de moins de fran­çais qu'un élève de 5e d'hier ! L'école est ren­due res­pon­sable de la fatigue des élèves, mais l'invasion des écrans dans le quo­ti­dien des enfants n'y est-il pas pour quelque chose ? »

Delphine Barrais

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nix
le 3 avril 2012

Tout cela c'est bien beau mais c'est de la théo­rie... Mes élèves, c'est de 8h à 11h qu'ils sont le plus concen­trés. A par­tir de 11h ils pensent déjà au déjeu­ner et l'après-midi la concen­tra­tion est plus dif­fi­cile à obtenir.

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ouest29
le 8 avril 2012

Consumérisme ou "consom­mac­tion" (sens 2 du terme : socio­lo­gie)
Dans ce débat, ce n'est pas les enfants qui sont le point essen­tiel de la réflexion, mais bien je pense la société de consom­ma­tion :
le tou­risme et tout ce qui gra­vite autour des loi­sirs est une manne pour les orga­nismes et l'Etat.

Non ce n'est pas une réponse d'une écolo­giste ou d'un membre "anti-pubs" qui dépose ce msg, mais une ensei­gnante avec 30 ans de métier der­rière elle, et qui constate depuis long­temps déjà, cela. (quid des parents qui ne se gênent plus main­te­nant pour par­tir en vacances hors période sco­laire, tel­le­ment moins cher et tel­le­ment gra­ti­fiant de pou­voir dire : Nous y sommes allés ! C'était super ! Certains avan­ce­ront qu'on n'apprend pas qu'à l'école ? certes, voir d'autres hori­zons enri­chit mais, comme diraient les enfants : il n'empêche...

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ouest29
le 9 avril 2012

Oui, il en existe un, très cer­tai­ne­ment ! Mais les hautes sphères ont dans la balance 2 éléments : l'enfant et le Tourisme –et tout ce qui tourne autour (acti­vi­tés de loi­sirs et cultu­rels) — Lequel pèse le plus lourd ? Lequel est-il impos­sible d'abandonner pour l'Etat, et les com­munes ? Cette pseudo-réflexion est récur­rente et vaine si per­sonne ne met cor­rec­te­ment les cartes sur la table.

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homosapien
le 3 août 2012

Il faut écou­ter les profs et les asso­cia­tions des parents d'abord.

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yvounet
le 3 août 2012

J'ai connu un for­ma­teur de l'enseignement agri­cole qui avait cette réflexion d'intelligence face à une réso­lu­tion d'un pro­blème de santé d'une exploi­ta­tion agri­cole. Il disait : "ce n'est pas la vache qui se pose la ques­tion de la mam­mite, c'est le pay­san qui se pose la ques­tion de la santé de sa vache vu son ren­de­ment en lait, c'est le vété­ri­naire qui pose le diag­nos­tic de la mam­mite et le moyen d'y remé­dier, à charge au pay­san de s'y confor­mer ou non pour avoir un meilleur ren­de­ment de lait de sa vache". J'ai le sen­ti­ment que le débat autour du rythme sco­laire est de même nature.

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jcp
le 19 octobre 2012

Vouloir com­men­cer la réforme du pre­mier degré par la réin­tro­duc­tion de la semaine de 4 jours et demi a été res­senti comme une pro­fonde mal­adresse et un mépris des per­son­nels. Je ne compte pas un seul ensei­gnant qui ne me dise, com­ment ont-ils pu à ce point igno­rer notre quo­ti­dien. Comment cette famille diri­geante en qui nous avions confiance a-t-elle pu igno­rer que ce mer­credi, cette res­pi­ra­tion essen­tielle dans notre semaine de tra­vail était presque comme un acquis social qu'aujourd'hui l'on foule d'un pied négligent.
Déception, amer­tume, rési­gna­tion, décou­ra­ge­ment, sans avoir vrai­ment com­mencé quoi que ce soit vous avez déjà pro­vo­qué une belle démo­bi­li­sa­tion géné­rale, alors même que ce corps meur­tri néces­si­tait écoute, atten­tion et com­pré­hen­sion avant d'agir... Le corps ensei­gnant du pre­mier degré atten­dait mieux en terme de péda­go­gie de groupe qu'une bru­tale avan­cée fron­tale... Il y avait mieux à faire messieurs !!

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