"Dans les universités, il y a une réserve d'intelligence qui est sous-employée"
Un séminaire a été organisé lundi 5 mars par le CAS (Centre d'analyse stratégique) et la Dgesip (direction générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle) , avec Educpros, sur le sujet "Structure et tendances du paysage universitaire de l'OCDE : quels enseignements pour la France ?"
Stephan Vincent-Lancrin, chef de projet à l'OCDE, indique ainsi que le financement public pour l'enseignement supérieur a augmenté dans les pays de l'OCDE, entre 1998 et 2008, en moyenne de 100 % (en France de 79 %).
Or la crise pourrait être un frein à cette dynamique enclenchée, ce que redoutent les responsables universitaires comme Louis Vogel, président de la CPU : "La réforme est commencée, nous sommes au milieu du chemin et la pire chose qu'un gouvernement pourrait faire, serait de mettre un arrêt net à tout cela".
Jean-Marc Schlenker, président du comité de suivi de la loi LRU, rappelle que depuis 2003, date du premier classement de Shangai, un bouleversement s'est opéré en France, car "l'ensemble du monde universitaire français s'est aperçu qu'il n'existait pas à l'échelle mondiale". Cela a débouché, rappelle-t-il également, sur "la création de l'ANR en 2005", de "l'Aeres et des PRES en 2006" et de "la loi RU en 2007".
Pour Christine Musselin, directrice du CSO (Centre de Sociologie des Organisations, Sciences Po/CNRS), "la politique d'excellence qui a eu lieu en France et dans d'autres pays" est "une petite révolution silencieuse". On a assisté en effet à "l'abandon du principe d'équivalence entre les établissements".
Ce colloque s'inscrivait dans un cycle plus large de séminaires : "Quel paysage universitaire en France à l'horizon 2025 ?"
Pour Vincent Chriqui, directeur général du CAS, l'objectif est clair : "comme le montrent les évolutions actuelles, les universités peuvent interagir avec le reste de la société. Ce sont ces passerelles que nous cherchons à bâtir grâce aux séminaires que nous mettons en place mais également à travers les travaux que le Centre d'analyse stratégique mène avec les universitaires."
Il constate en effet qu'aujourd'hui, "dans les universités, il y a une réserve d'intelligence, une capacité à penser la société qui est sous employée".
- AEF, EducPros.fr, strategie.gouv.fr

